Pascal MériauxIl faut d'abord distinguer deux types d'IA qui pourraient accompagner ce travail de l'élève. Il y a effectivement des IA génératifs qui sont capables de générer des contenus, textes, sons, vidéos, images, etc. Mais il y a aussi des IA qu'on pourrait qualifier d'adaptatives et qui sont capables de fournir des exercices adaptés au niveau de l'élève. Si on se replace du côté d'un usage d'une IA générative, de manière autonome, pour des élèves de lycée, dans ce contexte-là, il faut que je sois extrêmement clair sur les modalités, dans mes consignes, de l'usage de cette IA. Il faut que je détermine quelles sont les conditions de l'usage. Et du coup, comment est-ce que je souhaite qu'ils utilisent l'IA générative ? Qu'ils me rendent compte de la manière dont ils ont réussi à construire ce produit final, rendre compte du prompt, rendre compte peut-être de la conversation qu'ils ont eue avec la machine. La deuxième idée qui pourrait être, c'est de dire je vais construire un outil qui est spécialisé pour accompagner l'élève. Et pour ça, j'utilise des agents conversationnels constitués, c'est très important quand même de le dire, d'une base de connaissances que vous construisez. Si je prends un exemple très concret : mes élèves ont un discours de panthéonisation à réaliser sur Louise Michel. Et donc je construis un agent spécialisé, donc je lui donne toute une base de données sur Louise Michel, relativement fiables en termes de connaissances, puisque c'est moi qui les ai choisies et qui les ai déterminées, ça c'est hyper important. Et là, j'utilise mon expertise de prof. Et en même temps, je programme en langage naturel la manière dont ce chatbot « Louise Michel » doit se comporter avec l'élève. Qu'est-ce qu'il peut faire ? Qu'est-ce qu'il ne peut pas faire ? Par exemple, ne pas rédiger le discours. Et potentiellement aussi, quelles questions il va poser à l'élève pour l'accompagner dans la rédaction de ce discours. L'enjeu, c'est d'améliorer la qualité du travail des élèves. Et donc, quand les élèves vont se retrouver à la maison, ils vont se retrouver avec « Louise Michel », cette espèce de tuteur intelligent. Ils vont pouvoir dialoguer avec elle, l'interroger sur des figures de style, mettre un bout de leur contenu parce qu'ils n'arrivent pas à formuler un passage de leur texte. Ils vont demander à l'IA de l'améliorer. Et donc, du coup, ils vont coconstruire le discours avec l'IA que j'ai programmée pour la tâche. Mais in fine, le discours, il se prononce. Parce qu'un discours, c'est fait pour ça. Et donc en fait, ce que je récupère, ce n'est pas tant ce travail-là que finalement la capacité qu'a l'élève ensuite à rendre compte à l'oral de ce discours. Pouvoir accompagner l'élève dans sa chambre, c'est donner à chacun, finalement, la possibilité d'avoir un tuteur à la maison. Certains, c'est leurs parents, d'autres n'ont pas des parents qui peuvent le faire. Et on sait comment est-ce que le travail à la maison est une source d'inégalité sociale en France. Et donc on pourrait peut-être se saisir des IA pour réduire ces inégalités sociales et culturelles. C'est un enjeu très fort d'égalité des chances.