undefined cover
undefined cover
undefined cover
undefined cover
La coopération au quotidien en classe de français - Les Énergies scolaires #192 cover
La coopération au quotidien en classe de français - Les Énergies scolaires #192 cover
Extra classe, accompagner les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques et leur formation

La coopération au quotidien en classe de français - Les Énergies scolaires #192

La coopération au quotidien en classe de français - Les Énergies scolaires #192

07min |18/03/2026
Play
undefined cover
undefined cover
undefined cover
undefined cover
La coopération au quotidien en classe de français - Les Énergies scolaires #192 cover
La coopération au quotidien en classe de français - Les Énergies scolaires #192 cover
Extra classe, accompagner les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques et leur formation

La coopération au quotidien en classe de français - Les Énergies scolaires #192

La coopération au quotidien en classe de français - Les Énergies scolaires #192

07min |18/03/2026
Play

Description

Au collège Victor-Schoelcher de Lyon, Carole Berger, professeure de lettres, consacre toute l’année à l’apprentissage de la coopération entre ses élèves de 6e. Ses séances de français et les activités ludiques qu’elle propose sont l’occasion de transformer la classe en un laboratoire d’entraide et d’empathie, permettant aux élèves de développer confiance, respect et solidarité. Dans cet épisode, glissez-vous dans la salle d’audience du procès de la Bête, d’après le conte La Belle et la Bête. Un exercice d’oral qui dépasse le cours de français : il devient littéralement un terrain d’apprentissage de la coopération entre pairs.

Ces épisodes Extra classe peuvent vous intéresser :  

Vous pouvez aussi consulter les vidéos de CanoTech : 

Abonnez-vous à la newsletter.

Extra classe à écouter et à partager sur toutes vos plateformes d'écoute :
https://smartlink.ausha.co/extra-classe

Extra classe, un podcast produit par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Myriam Jacquet
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard et Magali Devance
Mixage : Nils Dienot et Simon Gattegno
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2026


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Carole Berger

    Bonjour, je m'appelle Carole Berger, je suis enseignante de français en éducation prioritaire renforcée à Lyon 9e.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire. Épisode 192.

  • Échange avec les élèves

    Mesdames et messieurs les jurés, nous allons écouter Maître Jessim, avocat de la bête. Bonjour Madame la juge. Bonjour Madame la Présidente. Nous sommes réunis au tribunal, je me présente en tant qu'avocat et je défends la Bête. Avant de parler de sa peine...

  • Carole Berger

    Alors, contrairement à ce qu'on pourrait penser, on n'est pas du tout dans une salle de tribunal. On est bien dans une salle de classe et on assiste au procès de la Bête dans le conte La Belle et la Bête.

  • Échange avec les élèves

    Certes, la Bête a menacé le marchand. Certes, il a séquestré la Belle. Mais la Bête a offert une bibliothèque, un clavecin. Et en festant tous les soirs sans que la Belle la demande. Donc soyez clément avec la bête. Elle ne mérite pas d'aller en prison à perpétuité. Merci de m'avoir écouté, les jurys. Merci Madame la Présidente de m'avoir écouté. Au revoir. Bravo Maître, merci beaucoup.

  • Carole Berger

    C'est un conte que l'on a travaillé avec ma classe de 6e. Et c'est un conte qui nous a permis de travailler sur le monstre, mais aussi sur plein d'autres choses, et notamment sur le monde de la justice, puisque on a travaillé avec les élèves sur la façon dont ils allaient défendre ou accuser la Bête. Alors le but c'est bien sûr de développer l'oral comme un objet d'apprentissage, de savoir s'exprimer, d'utiliser du vocabulaire, et aussi de savoir s'écouter, apprécier le travail des autres et de se familiariser aussi au regard des autres, puisqu'on est à l'oral. Ce n'est pas juste une séance de français, c'est tout un travail qui a été élaboré autour de la bienveillance et de la coopération. Donc c'est un travail qu'on fait depuis un moment déjà, depuis le début de l'année. On travaille bien sûr sur le respect des autres, le respect des idées, le respect de leur positionnement, l'esprit critique, l'analyse de leur façon de voir le monde et c'est ça qui est intéressant dans cette séquence en fait.

  • Échange avec les élèves

    Alors, cette prestation ? Ryan ? En fait, il faut... qu'il n'est pas stressé parce qu'au début, il a dit « présidence » à la place de « présidente ». C'est pas mal, il s'est rattrapé. C'était bien, il a mis le ton, il a bougé. Exactement. Félicitations Jessim !

  • Carole Berger

    La classe, en fait, participe à l'évaluation des compétences. C'est-à-dire que chacun est libre, une fois qu'un élève est passé, de donner son avis. Et c'est un avis qui doit être d'abord circonstancié, qui doit être posé à partir de vraies remarques intéressantes. Et surtout, c'est un avis qui est toujours positif, dans le sens où, si on a quelque chose à dire à un élève, on va toujours commencer par « je te conseille de faire ceci pour t'améliorer ». Et ça, c'est important parce que ça permet à tout un chacun de donner quand même un avis et des conseils, mais sans que l'autre élève le prenne mal. Et c'est dans cet esprit de coopération et de bienveillance que je mets en place cette orale.

  • Échange avec les élèves

    Adam, tu vas chercher les chuchoteurs ? On fait le silence pour respecter les camarades ? Les élèves qui veulent chuchoter leur texte pour s'entraîner, peuvent chuchoter leur texte.

  • Carole Berger

    En éducation prioritaire, l'un des chevaux de bataille, qui est le mien notamment, c'est le climat scolaire. Avoir une classe apaisée et sereine pour travailler. Et en fait, quand les élèves arrivent au collège, notamment les sixièmes, ils découvrent un monde nouveau qu'ils ne connaissent absolument pas. Et donc, j'ai constaté qu'il était nécessaire de les familiariser à ce monde nouveau de collégiens, apprendre les codes, découvrir les règles du collège. Et puis, il a fallu aussi que je travaille avec eux sur l'estime d'eux-mêmes, le respect, la façon aussi de pouvoir se positionner par rapport aux grands de 4e, de 3e qui sont là. Et ça peut être quelquefois un petit peu compliqué pour eux de faire leur place au sein de l'établissement. Donc, le travail sur l'oral, ça leur permet d'acquérir une présence, une confiance en eux par rapport à leur posture. Et ça leur permet de savoir s'exprimer et peut-être de pouvoir répondre, de pouvoir mieux se sentir en confiance par rapport à leur place dans l'établissement. Dans cet esprit de coopération, je m'appuie aussi sur les neurosciences, puisque je suis formatrice en neurosciences. Et j'ai découvert les recherches de Sylvain Connac sur la coopération, l'aide et l'entraide entre pairs, ce qui m'a permis en fait de mettre en place des modalités de travail, des activités. Et pour moi, c'est essentiel aussi dès le début de l'année d'expliquer à chaque élève comment fonctionne son cerveau, que chacun a le même cerveau et qu'il est tout à fait possible pour chacun de réussir en ayant les 100 milliards de neurones qu'on a tous et en sachant bien les utiliser. Et le fait de travailler en coopération, je leur explique que ça développe une compétence psychosociale cognitive, c'est-à-dire que je vais utiliser mon cerveau pour réfléchir, pour apprendre, pour comprendre, pour avoir une distance par rapport à ce que je fais. Et puis une compétence psychosociale émotionnelle et une compétence psychosociale qui est sociale, c'est-à-dire « je vais vers les autres et je suis en interaction avec eux ». Et tout ça, c'est essentiel de le faire pour que mes élèves comprennent qu'ils peuvent réussir. Dès le premier jour de la rentrée, je leur propose des jeux, des modalités de travail, des activités. Il y en a plusieurs, mais j'aime bien parler par exemple du Spaghetti Challenge, qui leur permet de construire une petite tour, la plus haute possible, en équipe. Et ensuite, on fait un petit débrief pour que les élèves se rendent compte de l'impact du travail de coopération et pour qu'ils comprennent que travailler à plusieurs, c'est enrichissant et ça va les aider. Ça ne veut pas dire que quelquefois, ils n'ont pas le droit d'être seuls. Si c'est une volonté de leur part et qu'ils ont ce besoin-là, c'est tout à fait respecté, bien sûr. Moi, j'essaie de travailler l'esprit coopératif dans ma classe toute l'année et même tous les jours. Tous les jours, ça veut dire dès qu'on fait une activité. Par exemple, quand on fait de la grammaire ou de l'orthographe, on ne va pas faire une simple dictée, on va faire une dictée négociée. C'est-à-dire que chacun va pouvoir donner son avis sur l'orthographe du mot en s'écoutant, en comprenant ce que l'autre propose. Et si on n'est pas d'accord, on propose une petite phrase : « Je ne suis pas d'accord avec toi. Et voilà la proposition que je te fais en toute bienveillance. » Et ça fonctionne.

  • Échange avec les élèves

    Très bien les enfants. Écoutez, moi, je voulais faire une petite conclusion sur tout ce travail que vous avez fait. Je trouve que vous avez vraiment travaillé en coopération parce que vous vous êtes écoutés, vous vous êtes aidés. Vous avez bien écouté les uns les autres le discours et c'est un petit peu long de le faire. Vous avez conseillé vos camarades, d'accord ? Et vous le savez qu'au collège, c'est un peu compliqué quelquefois, ça ? Oui. Est-ce qu'il y a une compétition ? Oui. Ben non, il n'y a pas de compétition, il n'y a rien à gagner, juste à réussir tous ensemble. Ce sera le projet de cette année.

  • Carole Berger

    Ils évoluent dans la classe dans un climat de bienveillance, dans un climat d'entraide. L'enjeu pour eux, c'est de se sentir bien dans le cours de français, bien dans la classe, avec leurs camarades. Et c'est surtout aussi de faire du cours de français, un cours qui les intéresse, qui leur montre qu'ils apprennent, ils avancent ensemble, en équipe, et qu'ils ne sont surtout pas là dans un esprit de compétition, mais qu'au contraire, on va faire en sorte que chacun puisse réussir à son rythme. Et ça, pour moi, c'est très important quand ils deviendront des adultes.

  • Extra classe

    Cet épisode vous a plu ? Abonnez-vous à la newsletter d'Extra classe pour prolonger l'expérience et découvrir notre programmation. Comment faire ? Le lien est dans le descriptif de l'épisode. À bientôt sur Extra classe. Extra classe, le podcast par Réseau Canopé. Une production 2026. Extra classe.

Description

Au collège Victor-Schoelcher de Lyon, Carole Berger, professeure de lettres, consacre toute l’année à l’apprentissage de la coopération entre ses élèves de 6e. Ses séances de français et les activités ludiques qu’elle propose sont l’occasion de transformer la classe en un laboratoire d’entraide et d’empathie, permettant aux élèves de développer confiance, respect et solidarité. Dans cet épisode, glissez-vous dans la salle d’audience du procès de la Bête, d’après le conte La Belle et la Bête. Un exercice d’oral qui dépasse le cours de français : il devient littéralement un terrain d’apprentissage de la coopération entre pairs.

Ces épisodes Extra classe peuvent vous intéresser :  

Vous pouvez aussi consulter les vidéos de CanoTech : 

Abonnez-vous à la newsletter.

Extra classe à écouter et à partager sur toutes vos plateformes d'écoute :
https://smartlink.ausha.co/extra-classe

Extra classe, un podcast produit par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Myriam Jacquet
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard et Magali Devance
Mixage : Nils Dienot et Simon Gattegno
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2026


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Carole Berger

    Bonjour, je m'appelle Carole Berger, je suis enseignante de français en éducation prioritaire renforcée à Lyon 9e.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire. Épisode 192.

  • Échange avec les élèves

    Mesdames et messieurs les jurés, nous allons écouter Maître Jessim, avocat de la bête. Bonjour Madame la juge. Bonjour Madame la Présidente. Nous sommes réunis au tribunal, je me présente en tant qu'avocat et je défends la Bête. Avant de parler de sa peine...

  • Carole Berger

    Alors, contrairement à ce qu'on pourrait penser, on n'est pas du tout dans une salle de tribunal. On est bien dans une salle de classe et on assiste au procès de la Bête dans le conte La Belle et la Bête.

  • Échange avec les élèves

    Certes, la Bête a menacé le marchand. Certes, il a séquestré la Belle. Mais la Bête a offert une bibliothèque, un clavecin. Et en festant tous les soirs sans que la Belle la demande. Donc soyez clément avec la bête. Elle ne mérite pas d'aller en prison à perpétuité. Merci de m'avoir écouté, les jurys. Merci Madame la Présidente de m'avoir écouté. Au revoir. Bravo Maître, merci beaucoup.

  • Carole Berger

    C'est un conte que l'on a travaillé avec ma classe de 6e. Et c'est un conte qui nous a permis de travailler sur le monstre, mais aussi sur plein d'autres choses, et notamment sur le monde de la justice, puisque on a travaillé avec les élèves sur la façon dont ils allaient défendre ou accuser la Bête. Alors le but c'est bien sûr de développer l'oral comme un objet d'apprentissage, de savoir s'exprimer, d'utiliser du vocabulaire, et aussi de savoir s'écouter, apprécier le travail des autres et de se familiariser aussi au regard des autres, puisqu'on est à l'oral. Ce n'est pas juste une séance de français, c'est tout un travail qui a été élaboré autour de la bienveillance et de la coopération. Donc c'est un travail qu'on fait depuis un moment déjà, depuis le début de l'année. On travaille bien sûr sur le respect des autres, le respect des idées, le respect de leur positionnement, l'esprit critique, l'analyse de leur façon de voir le monde et c'est ça qui est intéressant dans cette séquence en fait.

  • Échange avec les élèves

    Alors, cette prestation ? Ryan ? En fait, il faut... qu'il n'est pas stressé parce qu'au début, il a dit « présidence » à la place de « présidente ». C'est pas mal, il s'est rattrapé. C'était bien, il a mis le ton, il a bougé. Exactement. Félicitations Jessim !

  • Carole Berger

    La classe, en fait, participe à l'évaluation des compétences. C'est-à-dire que chacun est libre, une fois qu'un élève est passé, de donner son avis. Et c'est un avis qui doit être d'abord circonstancié, qui doit être posé à partir de vraies remarques intéressantes. Et surtout, c'est un avis qui est toujours positif, dans le sens où, si on a quelque chose à dire à un élève, on va toujours commencer par « je te conseille de faire ceci pour t'améliorer ». Et ça, c'est important parce que ça permet à tout un chacun de donner quand même un avis et des conseils, mais sans que l'autre élève le prenne mal. Et c'est dans cet esprit de coopération et de bienveillance que je mets en place cette orale.

  • Échange avec les élèves

    Adam, tu vas chercher les chuchoteurs ? On fait le silence pour respecter les camarades ? Les élèves qui veulent chuchoter leur texte pour s'entraîner, peuvent chuchoter leur texte.

  • Carole Berger

    En éducation prioritaire, l'un des chevaux de bataille, qui est le mien notamment, c'est le climat scolaire. Avoir une classe apaisée et sereine pour travailler. Et en fait, quand les élèves arrivent au collège, notamment les sixièmes, ils découvrent un monde nouveau qu'ils ne connaissent absolument pas. Et donc, j'ai constaté qu'il était nécessaire de les familiariser à ce monde nouveau de collégiens, apprendre les codes, découvrir les règles du collège. Et puis, il a fallu aussi que je travaille avec eux sur l'estime d'eux-mêmes, le respect, la façon aussi de pouvoir se positionner par rapport aux grands de 4e, de 3e qui sont là. Et ça peut être quelquefois un petit peu compliqué pour eux de faire leur place au sein de l'établissement. Donc, le travail sur l'oral, ça leur permet d'acquérir une présence, une confiance en eux par rapport à leur posture. Et ça leur permet de savoir s'exprimer et peut-être de pouvoir répondre, de pouvoir mieux se sentir en confiance par rapport à leur place dans l'établissement. Dans cet esprit de coopération, je m'appuie aussi sur les neurosciences, puisque je suis formatrice en neurosciences. Et j'ai découvert les recherches de Sylvain Connac sur la coopération, l'aide et l'entraide entre pairs, ce qui m'a permis en fait de mettre en place des modalités de travail, des activités. Et pour moi, c'est essentiel aussi dès le début de l'année d'expliquer à chaque élève comment fonctionne son cerveau, que chacun a le même cerveau et qu'il est tout à fait possible pour chacun de réussir en ayant les 100 milliards de neurones qu'on a tous et en sachant bien les utiliser. Et le fait de travailler en coopération, je leur explique que ça développe une compétence psychosociale cognitive, c'est-à-dire que je vais utiliser mon cerveau pour réfléchir, pour apprendre, pour comprendre, pour avoir une distance par rapport à ce que je fais. Et puis une compétence psychosociale émotionnelle et une compétence psychosociale qui est sociale, c'est-à-dire « je vais vers les autres et je suis en interaction avec eux ». Et tout ça, c'est essentiel de le faire pour que mes élèves comprennent qu'ils peuvent réussir. Dès le premier jour de la rentrée, je leur propose des jeux, des modalités de travail, des activités. Il y en a plusieurs, mais j'aime bien parler par exemple du Spaghetti Challenge, qui leur permet de construire une petite tour, la plus haute possible, en équipe. Et ensuite, on fait un petit débrief pour que les élèves se rendent compte de l'impact du travail de coopération et pour qu'ils comprennent que travailler à plusieurs, c'est enrichissant et ça va les aider. Ça ne veut pas dire que quelquefois, ils n'ont pas le droit d'être seuls. Si c'est une volonté de leur part et qu'ils ont ce besoin-là, c'est tout à fait respecté, bien sûr. Moi, j'essaie de travailler l'esprit coopératif dans ma classe toute l'année et même tous les jours. Tous les jours, ça veut dire dès qu'on fait une activité. Par exemple, quand on fait de la grammaire ou de l'orthographe, on ne va pas faire une simple dictée, on va faire une dictée négociée. C'est-à-dire que chacun va pouvoir donner son avis sur l'orthographe du mot en s'écoutant, en comprenant ce que l'autre propose. Et si on n'est pas d'accord, on propose une petite phrase : « Je ne suis pas d'accord avec toi. Et voilà la proposition que je te fais en toute bienveillance. » Et ça fonctionne.

  • Échange avec les élèves

    Très bien les enfants. Écoutez, moi, je voulais faire une petite conclusion sur tout ce travail que vous avez fait. Je trouve que vous avez vraiment travaillé en coopération parce que vous vous êtes écoutés, vous vous êtes aidés. Vous avez bien écouté les uns les autres le discours et c'est un petit peu long de le faire. Vous avez conseillé vos camarades, d'accord ? Et vous le savez qu'au collège, c'est un peu compliqué quelquefois, ça ? Oui. Est-ce qu'il y a une compétition ? Oui. Ben non, il n'y a pas de compétition, il n'y a rien à gagner, juste à réussir tous ensemble. Ce sera le projet de cette année.

  • Carole Berger

    Ils évoluent dans la classe dans un climat de bienveillance, dans un climat d'entraide. L'enjeu pour eux, c'est de se sentir bien dans le cours de français, bien dans la classe, avec leurs camarades. Et c'est surtout aussi de faire du cours de français, un cours qui les intéresse, qui leur montre qu'ils apprennent, ils avancent ensemble, en équipe, et qu'ils ne sont surtout pas là dans un esprit de compétition, mais qu'au contraire, on va faire en sorte que chacun puisse réussir à son rythme. Et ça, pour moi, c'est très important quand ils deviendront des adultes.

  • Extra classe

    Cet épisode vous a plu ? Abonnez-vous à la newsletter d'Extra classe pour prolonger l'expérience et découvrir notre programmation. Comment faire ? Le lien est dans le descriptif de l'épisode. À bientôt sur Extra classe. Extra classe, le podcast par Réseau Canopé. Une production 2026. Extra classe.

Share

Embed

You may also like

Description

Au collège Victor-Schoelcher de Lyon, Carole Berger, professeure de lettres, consacre toute l’année à l’apprentissage de la coopération entre ses élèves de 6e. Ses séances de français et les activités ludiques qu’elle propose sont l’occasion de transformer la classe en un laboratoire d’entraide et d’empathie, permettant aux élèves de développer confiance, respect et solidarité. Dans cet épisode, glissez-vous dans la salle d’audience du procès de la Bête, d’après le conte La Belle et la Bête. Un exercice d’oral qui dépasse le cours de français : il devient littéralement un terrain d’apprentissage de la coopération entre pairs.

Ces épisodes Extra classe peuvent vous intéresser :  

Vous pouvez aussi consulter les vidéos de CanoTech : 

Abonnez-vous à la newsletter.

Extra classe à écouter et à partager sur toutes vos plateformes d'écoute :
https://smartlink.ausha.co/extra-classe

Extra classe, un podcast produit par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Myriam Jacquet
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard et Magali Devance
Mixage : Nils Dienot et Simon Gattegno
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2026


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Carole Berger

    Bonjour, je m'appelle Carole Berger, je suis enseignante de français en éducation prioritaire renforcée à Lyon 9e.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire. Épisode 192.

  • Échange avec les élèves

    Mesdames et messieurs les jurés, nous allons écouter Maître Jessim, avocat de la bête. Bonjour Madame la juge. Bonjour Madame la Présidente. Nous sommes réunis au tribunal, je me présente en tant qu'avocat et je défends la Bête. Avant de parler de sa peine...

  • Carole Berger

    Alors, contrairement à ce qu'on pourrait penser, on n'est pas du tout dans une salle de tribunal. On est bien dans une salle de classe et on assiste au procès de la Bête dans le conte La Belle et la Bête.

  • Échange avec les élèves

    Certes, la Bête a menacé le marchand. Certes, il a séquestré la Belle. Mais la Bête a offert une bibliothèque, un clavecin. Et en festant tous les soirs sans que la Belle la demande. Donc soyez clément avec la bête. Elle ne mérite pas d'aller en prison à perpétuité. Merci de m'avoir écouté, les jurys. Merci Madame la Présidente de m'avoir écouté. Au revoir. Bravo Maître, merci beaucoup.

  • Carole Berger

    C'est un conte que l'on a travaillé avec ma classe de 6e. Et c'est un conte qui nous a permis de travailler sur le monstre, mais aussi sur plein d'autres choses, et notamment sur le monde de la justice, puisque on a travaillé avec les élèves sur la façon dont ils allaient défendre ou accuser la Bête. Alors le but c'est bien sûr de développer l'oral comme un objet d'apprentissage, de savoir s'exprimer, d'utiliser du vocabulaire, et aussi de savoir s'écouter, apprécier le travail des autres et de se familiariser aussi au regard des autres, puisqu'on est à l'oral. Ce n'est pas juste une séance de français, c'est tout un travail qui a été élaboré autour de la bienveillance et de la coopération. Donc c'est un travail qu'on fait depuis un moment déjà, depuis le début de l'année. On travaille bien sûr sur le respect des autres, le respect des idées, le respect de leur positionnement, l'esprit critique, l'analyse de leur façon de voir le monde et c'est ça qui est intéressant dans cette séquence en fait.

  • Échange avec les élèves

    Alors, cette prestation ? Ryan ? En fait, il faut... qu'il n'est pas stressé parce qu'au début, il a dit « présidence » à la place de « présidente ». C'est pas mal, il s'est rattrapé. C'était bien, il a mis le ton, il a bougé. Exactement. Félicitations Jessim !

  • Carole Berger

    La classe, en fait, participe à l'évaluation des compétences. C'est-à-dire que chacun est libre, une fois qu'un élève est passé, de donner son avis. Et c'est un avis qui doit être d'abord circonstancié, qui doit être posé à partir de vraies remarques intéressantes. Et surtout, c'est un avis qui est toujours positif, dans le sens où, si on a quelque chose à dire à un élève, on va toujours commencer par « je te conseille de faire ceci pour t'améliorer ». Et ça, c'est important parce que ça permet à tout un chacun de donner quand même un avis et des conseils, mais sans que l'autre élève le prenne mal. Et c'est dans cet esprit de coopération et de bienveillance que je mets en place cette orale.

  • Échange avec les élèves

    Adam, tu vas chercher les chuchoteurs ? On fait le silence pour respecter les camarades ? Les élèves qui veulent chuchoter leur texte pour s'entraîner, peuvent chuchoter leur texte.

  • Carole Berger

    En éducation prioritaire, l'un des chevaux de bataille, qui est le mien notamment, c'est le climat scolaire. Avoir une classe apaisée et sereine pour travailler. Et en fait, quand les élèves arrivent au collège, notamment les sixièmes, ils découvrent un monde nouveau qu'ils ne connaissent absolument pas. Et donc, j'ai constaté qu'il était nécessaire de les familiariser à ce monde nouveau de collégiens, apprendre les codes, découvrir les règles du collège. Et puis, il a fallu aussi que je travaille avec eux sur l'estime d'eux-mêmes, le respect, la façon aussi de pouvoir se positionner par rapport aux grands de 4e, de 3e qui sont là. Et ça peut être quelquefois un petit peu compliqué pour eux de faire leur place au sein de l'établissement. Donc, le travail sur l'oral, ça leur permet d'acquérir une présence, une confiance en eux par rapport à leur posture. Et ça leur permet de savoir s'exprimer et peut-être de pouvoir répondre, de pouvoir mieux se sentir en confiance par rapport à leur place dans l'établissement. Dans cet esprit de coopération, je m'appuie aussi sur les neurosciences, puisque je suis formatrice en neurosciences. Et j'ai découvert les recherches de Sylvain Connac sur la coopération, l'aide et l'entraide entre pairs, ce qui m'a permis en fait de mettre en place des modalités de travail, des activités. Et pour moi, c'est essentiel aussi dès le début de l'année d'expliquer à chaque élève comment fonctionne son cerveau, que chacun a le même cerveau et qu'il est tout à fait possible pour chacun de réussir en ayant les 100 milliards de neurones qu'on a tous et en sachant bien les utiliser. Et le fait de travailler en coopération, je leur explique que ça développe une compétence psychosociale cognitive, c'est-à-dire que je vais utiliser mon cerveau pour réfléchir, pour apprendre, pour comprendre, pour avoir une distance par rapport à ce que je fais. Et puis une compétence psychosociale émotionnelle et une compétence psychosociale qui est sociale, c'est-à-dire « je vais vers les autres et je suis en interaction avec eux ». Et tout ça, c'est essentiel de le faire pour que mes élèves comprennent qu'ils peuvent réussir. Dès le premier jour de la rentrée, je leur propose des jeux, des modalités de travail, des activités. Il y en a plusieurs, mais j'aime bien parler par exemple du Spaghetti Challenge, qui leur permet de construire une petite tour, la plus haute possible, en équipe. Et ensuite, on fait un petit débrief pour que les élèves se rendent compte de l'impact du travail de coopération et pour qu'ils comprennent que travailler à plusieurs, c'est enrichissant et ça va les aider. Ça ne veut pas dire que quelquefois, ils n'ont pas le droit d'être seuls. Si c'est une volonté de leur part et qu'ils ont ce besoin-là, c'est tout à fait respecté, bien sûr. Moi, j'essaie de travailler l'esprit coopératif dans ma classe toute l'année et même tous les jours. Tous les jours, ça veut dire dès qu'on fait une activité. Par exemple, quand on fait de la grammaire ou de l'orthographe, on ne va pas faire une simple dictée, on va faire une dictée négociée. C'est-à-dire que chacun va pouvoir donner son avis sur l'orthographe du mot en s'écoutant, en comprenant ce que l'autre propose. Et si on n'est pas d'accord, on propose une petite phrase : « Je ne suis pas d'accord avec toi. Et voilà la proposition que je te fais en toute bienveillance. » Et ça fonctionne.

  • Échange avec les élèves

    Très bien les enfants. Écoutez, moi, je voulais faire une petite conclusion sur tout ce travail que vous avez fait. Je trouve que vous avez vraiment travaillé en coopération parce que vous vous êtes écoutés, vous vous êtes aidés. Vous avez bien écouté les uns les autres le discours et c'est un petit peu long de le faire. Vous avez conseillé vos camarades, d'accord ? Et vous le savez qu'au collège, c'est un peu compliqué quelquefois, ça ? Oui. Est-ce qu'il y a une compétition ? Oui. Ben non, il n'y a pas de compétition, il n'y a rien à gagner, juste à réussir tous ensemble. Ce sera le projet de cette année.

  • Carole Berger

    Ils évoluent dans la classe dans un climat de bienveillance, dans un climat d'entraide. L'enjeu pour eux, c'est de se sentir bien dans le cours de français, bien dans la classe, avec leurs camarades. Et c'est surtout aussi de faire du cours de français, un cours qui les intéresse, qui leur montre qu'ils apprennent, ils avancent ensemble, en équipe, et qu'ils ne sont surtout pas là dans un esprit de compétition, mais qu'au contraire, on va faire en sorte que chacun puisse réussir à son rythme. Et ça, pour moi, c'est très important quand ils deviendront des adultes.

  • Extra classe

    Cet épisode vous a plu ? Abonnez-vous à la newsletter d'Extra classe pour prolonger l'expérience et découvrir notre programmation. Comment faire ? Le lien est dans le descriptif de l'épisode. À bientôt sur Extra classe. Extra classe, le podcast par Réseau Canopé. Une production 2026. Extra classe.

Description

Au collège Victor-Schoelcher de Lyon, Carole Berger, professeure de lettres, consacre toute l’année à l’apprentissage de la coopération entre ses élèves de 6e. Ses séances de français et les activités ludiques qu’elle propose sont l’occasion de transformer la classe en un laboratoire d’entraide et d’empathie, permettant aux élèves de développer confiance, respect et solidarité. Dans cet épisode, glissez-vous dans la salle d’audience du procès de la Bête, d’après le conte La Belle et la Bête. Un exercice d’oral qui dépasse le cours de français : il devient littéralement un terrain d’apprentissage de la coopération entre pairs.

Ces épisodes Extra classe peuvent vous intéresser :  

Vous pouvez aussi consulter les vidéos de CanoTech : 

Abonnez-vous à la newsletter.

Extra classe à écouter et à partager sur toutes vos plateformes d'écoute :
https://smartlink.ausha.co/extra-classe

Extra classe, un podcast produit par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Myriam Jacquet
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard et Magali Devance
Mixage : Nils Dienot et Simon Gattegno
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2026


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Carole Berger

    Bonjour, je m'appelle Carole Berger, je suis enseignante de français en éducation prioritaire renforcée à Lyon 9e.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire. Épisode 192.

  • Échange avec les élèves

    Mesdames et messieurs les jurés, nous allons écouter Maître Jessim, avocat de la bête. Bonjour Madame la juge. Bonjour Madame la Présidente. Nous sommes réunis au tribunal, je me présente en tant qu'avocat et je défends la Bête. Avant de parler de sa peine...

  • Carole Berger

    Alors, contrairement à ce qu'on pourrait penser, on n'est pas du tout dans une salle de tribunal. On est bien dans une salle de classe et on assiste au procès de la Bête dans le conte La Belle et la Bête.

  • Échange avec les élèves

    Certes, la Bête a menacé le marchand. Certes, il a séquestré la Belle. Mais la Bête a offert une bibliothèque, un clavecin. Et en festant tous les soirs sans que la Belle la demande. Donc soyez clément avec la bête. Elle ne mérite pas d'aller en prison à perpétuité. Merci de m'avoir écouté, les jurys. Merci Madame la Présidente de m'avoir écouté. Au revoir. Bravo Maître, merci beaucoup.

  • Carole Berger

    C'est un conte que l'on a travaillé avec ma classe de 6e. Et c'est un conte qui nous a permis de travailler sur le monstre, mais aussi sur plein d'autres choses, et notamment sur le monde de la justice, puisque on a travaillé avec les élèves sur la façon dont ils allaient défendre ou accuser la Bête. Alors le but c'est bien sûr de développer l'oral comme un objet d'apprentissage, de savoir s'exprimer, d'utiliser du vocabulaire, et aussi de savoir s'écouter, apprécier le travail des autres et de se familiariser aussi au regard des autres, puisqu'on est à l'oral. Ce n'est pas juste une séance de français, c'est tout un travail qui a été élaboré autour de la bienveillance et de la coopération. Donc c'est un travail qu'on fait depuis un moment déjà, depuis le début de l'année. On travaille bien sûr sur le respect des autres, le respect des idées, le respect de leur positionnement, l'esprit critique, l'analyse de leur façon de voir le monde et c'est ça qui est intéressant dans cette séquence en fait.

  • Échange avec les élèves

    Alors, cette prestation ? Ryan ? En fait, il faut... qu'il n'est pas stressé parce qu'au début, il a dit « présidence » à la place de « présidente ». C'est pas mal, il s'est rattrapé. C'était bien, il a mis le ton, il a bougé. Exactement. Félicitations Jessim !

  • Carole Berger

    La classe, en fait, participe à l'évaluation des compétences. C'est-à-dire que chacun est libre, une fois qu'un élève est passé, de donner son avis. Et c'est un avis qui doit être d'abord circonstancié, qui doit être posé à partir de vraies remarques intéressantes. Et surtout, c'est un avis qui est toujours positif, dans le sens où, si on a quelque chose à dire à un élève, on va toujours commencer par « je te conseille de faire ceci pour t'améliorer ». Et ça, c'est important parce que ça permet à tout un chacun de donner quand même un avis et des conseils, mais sans que l'autre élève le prenne mal. Et c'est dans cet esprit de coopération et de bienveillance que je mets en place cette orale.

  • Échange avec les élèves

    Adam, tu vas chercher les chuchoteurs ? On fait le silence pour respecter les camarades ? Les élèves qui veulent chuchoter leur texte pour s'entraîner, peuvent chuchoter leur texte.

  • Carole Berger

    En éducation prioritaire, l'un des chevaux de bataille, qui est le mien notamment, c'est le climat scolaire. Avoir une classe apaisée et sereine pour travailler. Et en fait, quand les élèves arrivent au collège, notamment les sixièmes, ils découvrent un monde nouveau qu'ils ne connaissent absolument pas. Et donc, j'ai constaté qu'il était nécessaire de les familiariser à ce monde nouveau de collégiens, apprendre les codes, découvrir les règles du collège. Et puis, il a fallu aussi que je travaille avec eux sur l'estime d'eux-mêmes, le respect, la façon aussi de pouvoir se positionner par rapport aux grands de 4e, de 3e qui sont là. Et ça peut être quelquefois un petit peu compliqué pour eux de faire leur place au sein de l'établissement. Donc, le travail sur l'oral, ça leur permet d'acquérir une présence, une confiance en eux par rapport à leur posture. Et ça leur permet de savoir s'exprimer et peut-être de pouvoir répondre, de pouvoir mieux se sentir en confiance par rapport à leur place dans l'établissement. Dans cet esprit de coopération, je m'appuie aussi sur les neurosciences, puisque je suis formatrice en neurosciences. Et j'ai découvert les recherches de Sylvain Connac sur la coopération, l'aide et l'entraide entre pairs, ce qui m'a permis en fait de mettre en place des modalités de travail, des activités. Et pour moi, c'est essentiel aussi dès le début de l'année d'expliquer à chaque élève comment fonctionne son cerveau, que chacun a le même cerveau et qu'il est tout à fait possible pour chacun de réussir en ayant les 100 milliards de neurones qu'on a tous et en sachant bien les utiliser. Et le fait de travailler en coopération, je leur explique que ça développe une compétence psychosociale cognitive, c'est-à-dire que je vais utiliser mon cerveau pour réfléchir, pour apprendre, pour comprendre, pour avoir une distance par rapport à ce que je fais. Et puis une compétence psychosociale émotionnelle et une compétence psychosociale qui est sociale, c'est-à-dire « je vais vers les autres et je suis en interaction avec eux ». Et tout ça, c'est essentiel de le faire pour que mes élèves comprennent qu'ils peuvent réussir. Dès le premier jour de la rentrée, je leur propose des jeux, des modalités de travail, des activités. Il y en a plusieurs, mais j'aime bien parler par exemple du Spaghetti Challenge, qui leur permet de construire une petite tour, la plus haute possible, en équipe. Et ensuite, on fait un petit débrief pour que les élèves se rendent compte de l'impact du travail de coopération et pour qu'ils comprennent que travailler à plusieurs, c'est enrichissant et ça va les aider. Ça ne veut pas dire que quelquefois, ils n'ont pas le droit d'être seuls. Si c'est une volonté de leur part et qu'ils ont ce besoin-là, c'est tout à fait respecté, bien sûr. Moi, j'essaie de travailler l'esprit coopératif dans ma classe toute l'année et même tous les jours. Tous les jours, ça veut dire dès qu'on fait une activité. Par exemple, quand on fait de la grammaire ou de l'orthographe, on ne va pas faire une simple dictée, on va faire une dictée négociée. C'est-à-dire que chacun va pouvoir donner son avis sur l'orthographe du mot en s'écoutant, en comprenant ce que l'autre propose. Et si on n'est pas d'accord, on propose une petite phrase : « Je ne suis pas d'accord avec toi. Et voilà la proposition que je te fais en toute bienveillance. » Et ça fonctionne.

  • Échange avec les élèves

    Très bien les enfants. Écoutez, moi, je voulais faire une petite conclusion sur tout ce travail que vous avez fait. Je trouve que vous avez vraiment travaillé en coopération parce que vous vous êtes écoutés, vous vous êtes aidés. Vous avez bien écouté les uns les autres le discours et c'est un petit peu long de le faire. Vous avez conseillé vos camarades, d'accord ? Et vous le savez qu'au collège, c'est un peu compliqué quelquefois, ça ? Oui. Est-ce qu'il y a une compétition ? Oui. Ben non, il n'y a pas de compétition, il n'y a rien à gagner, juste à réussir tous ensemble. Ce sera le projet de cette année.

  • Carole Berger

    Ils évoluent dans la classe dans un climat de bienveillance, dans un climat d'entraide. L'enjeu pour eux, c'est de se sentir bien dans le cours de français, bien dans la classe, avec leurs camarades. Et c'est surtout aussi de faire du cours de français, un cours qui les intéresse, qui leur montre qu'ils apprennent, ils avancent ensemble, en équipe, et qu'ils ne sont surtout pas là dans un esprit de compétition, mais qu'au contraire, on va faire en sorte que chacun puisse réussir à son rythme. Et ça, pour moi, c'est très important quand ils deviendront des adultes.

  • Extra classe

    Cet épisode vous a plu ? Abonnez-vous à la newsletter d'Extra classe pour prolonger l'expérience et découvrir notre programmation. Comment faire ? Le lien est dans le descriptif de l'épisode. À bientôt sur Extra classe. Extra classe, le podcast par Réseau Canopé. Une production 2026. Extra classe.

Share

Embed

You may also like

undefined cover
undefined cover