Fanny GrauerCe mot « mémoriser », on pourrait l'entendre de deux manières, je pense. Ça pourrait être : mémoriser un cours par cœur pour pouvoir le réciter la veille pour le lendemain, donc sur une mémoire à très court terme. Mais en fait, on peut envisager aussi cette mémorisation à plus long terme, plus vers une maîtrise des connaissances, qui donc permet d'être intégrée et comprise à plus long terme par les élèves. Avec un collègue, en fait, on a essayé de développer des outils qui nous permettent d'atteindre cet objectif, d'aller vers une maîtrise des notions, vers une maîtrise des connaissances, une appropriation par les élèves. Alors pour ça, on a mis en place des rituels de début et de fin de cours. Donc, le premier rituel de début de classe, on utilise un outil de quiz qui permet en fait de remobiliser par des petites questions et un système de réponse très rapide, ce qui a été vu précédemment. Donc d'abord à court terme, c'est une ou deux questions qui ont été vues la séance précédente. Et puis quand on arrive petit à petit vers la fin du chapitre, on étoffe, on augmente le nombre de questions. Et on arrive des fois, à la fin, à 5, 6 notions importantes, qui sont les notions que l'on veut que les élèves retiennent. Le deuxième rituel que j'ai mis en place, c'est un rituel de fin de cours, que j'ai appelé « le journal de mon cours de SVT ». On pose trois questions aux élèves : « Qu'est-ce que j'ai fait aujourd'hui ? » ; « Qu'est-ce que j'ai appris ? » ; « Et comment je l'ai appris ? » Ce n'est pas noté, ce n'est pas évalué. Il n'y a pas de réponse attendue, mais c'est quelques minutes que les élèves ont pour se poser sur ce qui a été fait juste là, l'heure qui vient de s'écouler. Progressivement, ils s'approprient cette espèce de réflexion sur « Aujourd'hui, qu'est-ce que j'ai fait ? Comment je l'ai fait ? Qu'est-ce que ça m'a permis d'apprendre ? » Rien que le fait de se poser la question, petit à petit, ils s'approprient ce qui a été fait pendant le cours. Il y a un autre outil que j'aime beaucoup utiliser, qui est un système de cartes flash. Ces cartes flash sont faites au fur et à mesure du cours, par des élèves qui ont terminé l'activité un peu avant, ou alors toute la classe en même temps. Il s'agit pour eux de réfléchir à une question sur ce qu'on est en train de faire, et de faire trois propositions de réponses, une bonne réponse et puis deux mauvaises réponses. Alors, l'intérêt immédiat, c'est à nouveau de faire réfléchir les élèves sur ce qu'on est en train de faire, ce qu'on est en train d'apprendre, sur les notions qui sont en train d'être travaillées. Le fait qu'ils réfléchissent à une question, ça leur permet de faire un petit pas de côté et puis d'avoir cette analyse sur ce qu'ils sont en train d'apprendre. L'exercice aussi de réfléchir aux trois réponses possibles - une juste, deux fausses -, pareil. En fait, on va vers un processus d'appropriation des notions. Et puis après, il y a aussi le côté récompense, c'est-à-dire que ces cartes flash, elles sont utilisées en séance de révision à la fin du chapitre. Et ils sont toujours très contents, très fiers lorsqu'on tombe sur leurs questions. Il y a des élèves qui s'approprient, au bout d'un moment, tellement ces outils qu'en fait, ils les transposent aussi à d'autres matières. En remobilisant plusieurs fois les mêmes notions sur des laps de temps de plus en plus longs, on ancre les notions, les apprentissages sur du plus long terme. Et c'est en cela qu'on va essayer de toucher la notion d'appropriation des notions.