Frédérique FosséLa question arrive toujours au mois de mars où les élèves, on commence à les sentir un petit peu stressés parce que le passage au collège arrive vite. Ils prennent conscience qu'ils vont quitter le cocon de la maîtresse qu'ils connaissent. Il n'y en a qu'une. On a tissé des liens souvent assez forts entre nous. Et donc là, ils vont aller dans le grand bain, ils vont partir. Ce qui va vraiment changer : ce n'est pas le même lieu, le rythme de la journée va complètement changer, ils vont devoir changer toutes les heures de salle. J'ai pu remarquer que c'est un gros changement, que l'élève soit un bon élève ou pour les élèves en difficulté. Et donc, pour les préparer à ça, on les emmène le plus souvent possible au collège pour pratiquer le sport. Donc, on est dans les locaux du collège. On a de nombreux rendez-vous avec les sixièmes. Il y a le parcours artistique qui est en commun. Il y a la semaine des mathématiques, où il y a des ateliers qui sont proposés par les professeurs de maths et nous, professeurs des écoles. Il y a des spectacles en allemand. Il y a bien sûr la traditionnelle journée portes ouvertes, où ils circulent dans le collège pour qu'ils découvrent les différents lieux. Tout au long de l'année, quand j'aborde des nouveaux apprentissages ou quand on revoit des apprentissages qu'ils ont déjà vus dans les cycles précédents, je leur donne toujours un objectif plus lointain. Souvent, je prends même le brevet. Je leur dis : « L'année prochaine, les professeurs attendent que vous sachiez faire telle ou telle chose. Quand vous aurez cette question-là en géographie, c'est sûr, elle vaut deux points au brevet. Donc maintenant, on s'entraîne. Déjà, comme ça, ces deux points-là, ils sont gagnés. » J'ai un objectif lointain et comme ça, ils savent pourquoi ils apprennent. Du coup, ça les tranquillise aussi pour la 6e. Parce que je leur dis aussi que ce n'est pas si différent, c'est la continuité directe - la 6e fait partie du cycle 3 -, donc, il n'y a pas d'inquiétude à avoir par rapport à ça. Alors, on se voit très régulièrement avec les professeurs du collège, il y a même des professeurs de collège qui viennent travailler avec nous dans l'école. Et donc ça nous permet de discuter et d'être à l'écoute de leurs attentes. Après nous, on met en place par exemple les devoirs de toute la semaine le vendredi. Comme ça ils apprennent à s'organiser dans la semaine pour faire les devoirs au fur et à mesure. Ils doivent faire des exposés. Du coup nous en amont, pour les élections de délégués, on va leur demander de présenter leur programme sur un diaporama. Donc les rendre les plus autonomes, finalement, possible pour leur entrée en 6e. Il y aurait un troisième axe aussi très important, si ce n'est le plus important, c'est un travail sur les émotions des élèves, leurs ressentis. Donc leur offrir un espace de parole où ils peuvent déposer leurs craintes, leurs peurs, et qu'on puisse en discuter pour essayer de désamorcer un petit peu tout ça. Il y a aussi un travail sur les émotions des parents à faire, parce qu'eux aussi ont beaucoup d'attentes, mettent beaucoup de pression sur leur enfant. Pour cela, ne pas hésiter à chaque fois qu'on se rend au collège à leur demander de venir accompagner. Ils viennent, il y en a 5, 6 qui viennent, ils accompagnent tous et ils voient aussi où ira leur enfant et comment ça se passe la vie au collège.