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Extra classe, pour accompagner les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques et leur formation

Espace Snoezelen au collège : une « bulle » pour le bien-être des élèves - Les Énergies scolaires #190

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07min |18/02/2026
Play
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Espace Snoezelen au collège : une « bulle » pour le bien-être des élèves - Les Énergies scolaires #190

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07min |18/02/2026
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Description

Manque de temps calmes à la maison, difficulté à réguler ses émotions, besoin de sécurité... En REP+, les défis sont nombreux pour les élèves ! Face à ces réalités, Audrey Grimaldi, professeure-documentaliste au collège François-Villon de Mulhouse, et ses collègues ont transformé ce constat en projet innovant : offrir aux élèves un espace de calme et de bien-être au cœur du CDI. Inspiré de la méthode Snoezelen, traditionnellement destinée aux plus jeunes, le personnel du collège a imaginé un espace sensoriel où lumière tamisée, sons apaisants et présence bienveillante d’un adulte permettent à chaque élève de faire une pause dans sa journée. « La bulle » est un lieu où les collégiens peuvent se ressourcer, gérer leurs émotions et trouver un sas de détente. Porté par une équipe motivée, le projet s’appuie sur une charte claire pour élèves et professionnels. Si l’expérience est encore récente, la demande est déjà forte : la salle ne désemplit pas, signe que ce besoin de bien-être à l’école est plus que jamais d’actualité.

Cet épisode a été enregistré dans le cadre d'Ambitions Mulhouse Ville Éducative, une opération soutenue par l’État dans le cadre du dispositif « Innovation dans la forme scolaire » de France 2030, opéré par la Caisse des Dépôts.

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Émission préparée et réalisée par : Sarah Eichhoff
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard et Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard
Musique : Mind Relaxation ©Light_Music via Pixabay
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2026


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Extra classe

    Bienvenue dans Les énergies scolaires, épisode 190. Extra classe.

  • Audrey Grimaldi

    Je suis Audrey Grimaldi, professeure-documentaliste au collège François-Villon à Mulhouse dans le Haut-Rhin, où nous avons monté une salle Snoezelen pour le bien-être nos élèves.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Audrey Grimaldi

    Le bien-être des élèves est au centre de nos préoccupations au sein de l'établissement. On est dans un établissement REP+ où on sait que nos élèves ont besoin de temps calmes, dont ils ne pourront pas bénéficier chez eux, à la maison, parce que nos élèves vivent parfois dans des conditions un petit peu difficiles, ni au sein de l'établissement parce qu'ils ont un rythme très soutenu. Par exemple, au CDI, on a commencé par faire l'achat de poufs pour que les élèves puissent se reposer et on s'est rendu compte que pendant leur... leur temps libre, ils venaient très régulièrement et qu'ils s'endormaient. Donc l'idée, c'était vraiment de coordonner toutes les actions individuelles qui sont mises en place, parce que beaucoup d'enseignants dans le collège faisaient déjà des actions concernant le bien-être de nos élèves, mais il nous manquait un lieu fédérateur pour pouvoir mettre en place une action collective. Et donc on a décidé de mettre en place cette salle Snoezelen, où tous les enseignants de l'établissement pouvaient s'en emparer. On a décidé d'appeler cette salle « La bulle ». La méthode Snoezelen va faire jouer tous les sens. Et donc dans cette bulle, on va avoir des choses à manipuler. On va avoir des petites balles sur lesquelles ils vont pouvoir exercer des pressions. On aura aussi des objets qui vont faire du bruit, comme par exemple des petites balles ou encore un bol tibétain chantant. On va aussi avoir des choses à regarder : on aura des projecteurs, on aura un projecteur étoiles, on aura aussi un projecteur de formes. On va avoir des choses à écouter. Quand les élèves arrivent dans La bulle, on leur propose deux solutions. Soit des séances de relaxation, qui vont être préenregistrées, soit de la musique. Et donc l'élève peut choisir finalement ce qui va lui correspondre le plus. Concernant l'odorat, là on s'est retrouvés face à un petit problème parce que beaucoup d'huiles essentielles étant allergènes, il a fallu qu'on trouve une petite astuce. Et donc on a décidé de créer un loto des odeurs pour que les élèves puissent quand même faire travailler leur odorat. Pour présenter La bulle aux élèves, nous avons créé une charte. Cette charte va un petit peu poser le règlement, mais qui sera toujours annoncé de manière positive, afin que les élèves puissent appréhender le lieu de manière un petit peu autonome. La bulle est donc un outil de médiation, et notre assistante sociale, Madame Pierron, l'utilise presque quotidiennement pour communiquer avec les élèves.

  • Échange avec les élèves

    La bulle, c'est un lieu qui est destiné à vous aider à vous détendre, d'accord ? Et bon, il y en a deux sur les trois qui sont ici qui connaissent déjà, mais comme tu ne connais pas, on va peut-être déjà t'expliquer comment ça marche. On va relire sur la porte. Il y a quelques règles à respecter dans La bulle. La première : je respecte les silences. La deuxième : j'ai le droit de m'installer comme je veux. La troisième : je m'occupe de moi. Et si, à un moment donné, cet endroit qui est un peu particulier, tu ne te sens pas à l'aise, tu me le dis et on sort. Ça marche ? On a le droit d'arrêter La bulle quand tu veux. OK. Donc maintenant, on va rentrer.

  • Audrey Grimaldi

    Les séances dans La bulle durent environ 15 minutes. Et on remarque souvent que ces 15 minutes sont bien utilisées parce que quand les élèves arrivent, il y a toujours cette petite excitation de départ où ils ont envie de tout tester, tout découvrir. On a notamment un hamac dans la bulle qui a beaucoup de succès. Et donc, les élèves mettent parfois un petit peu de temps à poser justement les émotions. Mais une fois que c'est fait, ils sont vraiment calmes et ils utilisent le matériel de manière complètement adéquate. On arrive maintenant à une année d'utilisation de la salle. Et pendant cette année, on n'a eu aucun élève qui aura dérogé au règlement de la salle. Donc on peut dire qu'à ce niveau-là, les élèves sont très respectueux et ont envie de venir.

  • Échange avec les élèves

    C'est incroyable. C'est bien beau ici. Oui, c'est clair. Tu l'avais jamais vu encore ? C'est trop bien.

  • Audrey Grimaldi

    La bulle est quand même un lieu un petit peu particulier. Et dans notre établissement, ne peuvent y accéder que les collègues qui ont été formés. Donc on a eu une formation initiale et ensuite nous formons aussi en interne d'autres collègues pour élargir un petit peu le champ. Mais ce sont seulement ces collègues-là qui peuvent emmener des élèves dans La bulle. D'où le fait d'avoir des outils partagés et le fait d'avoir une équipe qui vraiment veut s'investir. Sans cette équipe, La bulle ne peut pas fonctionner. Donc on va avoir une CPE, des assistants d'éducation, des assistantes pédagogiques, des enseignants de toutes disciplines. Le pôle médico-social aussi, donc toutes les infirmières ont été formées, ainsi que notre assistante sociale. Et nous avons créé trois protocoles pour trois catégories d'élèves. On va avoir d'abord les élèves volontaires, ceux qui veulent simplement découvrir La bulle et passer un temps calme. On va aussi avoir des élèves à profil particulier, qui vont nous être dirigés par les enseignants. Donc on a mis un tableur Excel sur notre GED [gestion électronique de documents] où chaque enseignant a accès et peut ajouter le nom d'un élève qui aurait le profil pour aller dans La bulle. Et finalement, il y aura aussi le profil des élèves qui sont en crise et qui ont besoin justement d'avoir un lieu pour poser les émotions. Ils passent d'abord toujours par le pôle médico-social, parce qu'on a toujours besoin d'avoir l'avis de personnes qui les connaissent bien avant de pouvoir les emmener. Parce qu'il ne faut pas oublier que c'est quand même un outil, et que sur certains profils, notamment des élèves qui vont avoir un profil autistique, La bulle peut avoir l'effet inverse et donc exacerber un petit peu ces crises. Donc on passe toujours par le pôle médico-social et ensuite l'élève en crise, on lui propose d'aller dans La bulle. Ce ne sera jamais une obligation. Mais tous les élèves acceptent. Et une fois qu'ils sont passés par La bulle, on voit vraiment la différence. Et ils sont vraiment plus à même de communiquer. Parce que la communication reste impossible avant. Après on sait aussi que le cerveau adolescent est encore en maturation au collège. Et il est important d'avoir des lieux comme La bulle, en fait, parce que les émotions de nos élèves, en fait, sont incontrôlables. Ils ne peuvent physiquement pas contrôler leurs émotions.

  • Échange avec les élèves

    Qu'est-ce que ça vous fait, La bulle ? Oh, ça fait vraiment un bonheur. C'est vraiment agréable d'être là-bas. C'est agréable ? C'est pas la première fois que tu... C'est vraiment la quatrième fois, je crois. Oui. C'est un lieu où tu te ressources un peu dans ta journée. Oui. Ben moi, je trouve que c'était apaisant.

  • Audrey Grimaldi

    La bulle a un impact très positif sur le climat scolaire. Les enseignants voient vraiment une différence entre les élèves qui peuvent passer dans La bulle et les autres. Et en effet, un climat scolaire qui peut parfois être dégradé en REP+, La bulle permet vraiment une amélioration. On travaille cette année avec le LISEC, qui est un institut mulhousien, et qui va nous aider à mettre en place des critères d'évaluation de La bulle. Donc on aura l'année prochaine des critères un petit peu plus établis que là en ce début de projet. Le contexte social mulhousien est parfois un petit peu compliqué. Tous les collèges de Mulhouse intramuros publics sont soit en REP, soit en REP+. Ce projet novateur finalement s'est un petit peu égrené et il va y avoir prochainement des établissements, que ce soit dans le premier degré ou dans le second degré, qui vont mettre en place des bulles. Concernant les perspectives de cette salle, nous envisageons une ouverture aux adultes. Alors les adultes de l'établissement sont déjà les bienvenus dans la salle quand ils le souhaitent, mais pour les adultes extérieurs et notamment les parents d'élèves. Cette salle pourra servir de médiation justement parents-enfants.

  • Extra classe

    Cet épisode a été enregistré dans le cadre d'Ambitions Mulhouse Ville Éducative, une opération soutenue par l'État dans le cadre du dispositif Innovation dans la forme scolaire de France 2030, opéré par la Caisse des dépôts. Une production Réseau Canopé 2026.

Description

Manque de temps calmes à la maison, difficulté à réguler ses émotions, besoin de sécurité... En REP+, les défis sont nombreux pour les élèves ! Face à ces réalités, Audrey Grimaldi, professeure-documentaliste au collège François-Villon de Mulhouse, et ses collègues ont transformé ce constat en projet innovant : offrir aux élèves un espace de calme et de bien-être au cœur du CDI. Inspiré de la méthode Snoezelen, traditionnellement destinée aux plus jeunes, le personnel du collège a imaginé un espace sensoriel où lumière tamisée, sons apaisants et présence bienveillante d’un adulte permettent à chaque élève de faire une pause dans sa journée. « La bulle » est un lieu où les collégiens peuvent se ressourcer, gérer leurs émotions et trouver un sas de détente. Porté par une équipe motivée, le projet s’appuie sur une charte claire pour élèves et professionnels. Si l’expérience est encore récente, la demande est déjà forte : la salle ne désemplit pas, signe que ce besoin de bien-être à l’école est plus que jamais d’actualité.

Cet épisode a été enregistré dans le cadre d'Ambitions Mulhouse Ville Éducative, une opération soutenue par l’État dans le cadre du dispositif « Innovation dans la forme scolaire » de France 2030, opéré par la Caisse des Dépôts.

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Extra classe, un podcast produit par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Sarah Eichhoff
Directeur de publication : Samuel Vitel
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Mixage : Laurent Gaillard
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© Réseau Canopé, 2026


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Transcription

  • Extra classe

    Bienvenue dans Les énergies scolaires, épisode 190. Extra classe.

  • Audrey Grimaldi

    Je suis Audrey Grimaldi, professeure-documentaliste au collège François-Villon à Mulhouse dans le Haut-Rhin, où nous avons monté une salle Snoezelen pour le bien-être nos élèves.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Audrey Grimaldi

    Le bien-être des élèves est au centre de nos préoccupations au sein de l'établissement. On est dans un établissement REP+ où on sait que nos élèves ont besoin de temps calmes, dont ils ne pourront pas bénéficier chez eux, à la maison, parce que nos élèves vivent parfois dans des conditions un petit peu difficiles, ni au sein de l'établissement parce qu'ils ont un rythme très soutenu. Par exemple, au CDI, on a commencé par faire l'achat de poufs pour que les élèves puissent se reposer et on s'est rendu compte que pendant leur... leur temps libre, ils venaient très régulièrement et qu'ils s'endormaient. Donc l'idée, c'était vraiment de coordonner toutes les actions individuelles qui sont mises en place, parce que beaucoup d'enseignants dans le collège faisaient déjà des actions concernant le bien-être de nos élèves, mais il nous manquait un lieu fédérateur pour pouvoir mettre en place une action collective. Et donc on a décidé de mettre en place cette salle Snoezelen, où tous les enseignants de l'établissement pouvaient s'en emparer. On a décidé d'appeler cette salle « La bulle ». La méthode Snoezelen va faire jouer tous les sens. Et donc dans cette bulle, on va avoir des choses à manipuler. On va avoir des petites balles sur lesquelles ils vont pouvoir exercer des pressions. On aura aussi des objets qui vont faire du bruit, comme par exemple des petites balles ou encore un bol tibétain chantant. On va aussi avoir des choses à regarder : on aura des projecteurs, on aura un projecteur étoiles, on aura aussi un projecteur de formes. On va avoir des choses à écouter. Quand les élèves arrivent dans La bulle, on leur propose deux solutions. Soit des séances de relaxation, qui vont être préenregistrées, soit de la musique. Et donc l'élève peut choisir finalement ce qui va lui correspondre le plus. Concernant l'odorat, là on s'est retrouvés face à un petit problème parce que beaucoup d'huiles essentielles étant allergènes, il a fallu qu'on trouve une petite astuce. Et donc on a décidé de créer un loto des odeurs pour que les élèves puissent quand même faire travailler leur odorat. Pour présenter La bulle aux élèves, nous avons créé une charte. Cette charte va un petit peu poser le règlement, mais qui sera toujours annoncé de manière positive, afin que les élèves puissent appréhender le lieu de manière un petit peu autonome. La bulle est donc un outil de médiation, et notre assistante sociale, Madame Pierron, l'utilise presque quotidiennement pour communiquer avec les élèves.

  • Échange avec les élèves

    La bulle, c'est un lieu qui est destiné à vous aider à vous détendre, d'accord ? Et bon, il y en a deux sur les trois qui sont ici qui connaissent déjà, mais comme tu ne connais pas, on va peut-être déjà t'expliquer comment ça marche. On va relire sur la porte. Il y a quelques règles à respecter dans La bulle. La première : je respecte les silences. La deuxième : j'ai le droit de m'installer comme je veux. La troisième : je m'occupe de moi. Et si, à un moment donné, cet endroit qui est un peu particulier, tu ne te sens pas à l'aise, tu me le dis et on sort. Ça marche ? On a le droit d'arrêter La bulle quand tu veux. OK. Donc maintenant, on va rentrer.

  • Audrey Grimaldi

    Les séances dans La bulle durent environ 15 minutes. Et on remarque souvent que ces 15 minutes sont bien utilisées parce que quand les élèves arrivent, il y a toujours cette petite excitation de départ où ils ont envie de tout tester, tout découvrir. On a notamment un hamac dans la bulle qui a beaucoup de succès. Et donc, les élèves mettent parfois un petit peu de temps à poser justement les émotions. Mais une fois que c'est fait, ils sont vraiment calmes et ils utilisent le matériel de manière complètement adéquate. On arrive maintenant à une année d'utilisation de la salle. Et pendant cette année, on n'a eu aucun élève qui aura dérogé au règlement de la salle. Donc on peut dire qu'à ce niveau-là, les élèves sont très respectueux et ont envie de venir.

  • Échange avec les élèves

    C'est incroyable. C'est bien beau ici. Oui, c'est clair. Tu l'avais jamais vu encore ? C'est trop bien.

  • Audrey Grimaldi

    La bulle est quand même un lieu un petit peu particulier. Et dans notre établissement, ne peuvent y accéder que les collègues qui ont été formés. Donc on a eu une formation initiale et ensuite nous formons aussi en interne d'autres collègues pour élargir un petit peu le champ. Mais ce sont seulement ces collègues-là qui peuvent emmener des élèves dans La bulle. D'où le fait d'avoir des outils partagés et le fait d'avoir une équipe qui vraiment veut s'investir. Sans cette équipe, La bulle ne peut pas fonctionner. Donc on va avoir une CPE, des assistants d'éducation, des assistantes pédagogiques, des enseignants de toutes disciplines. Le pôle médico-social aussi, donc toutes les infirmières ont été formées, ainsi que notre assistante sociale. Et nous avons créé trois protocoles pour trois catégories d'élèves. On va avoir d'abord les élèves volontaires, ceux qui veulent simplement découvrir La bulle et passer un temps calme. On va aussi avoir des élèves à profil particulier, qui vont nous être dirigés par les enseignants. Donc on a mis un tableur Excel sur notre GED [gestion électronique de documents] où chaque enseignant a accès et peut ajouter le nom d'un élève qui aurait le profil pour aller dans La bulle. Et finalement, il y aura aussi le profil des élèves qui sont en crise et qui ont besoin justement d'avoir un lieu pour poser les émotions. Ils passent d'abord toujours par le pôle médico-social, parce qu'on a toujours besoin d'avoir l'avis de personnes qui les connaissent bien avant de pouvoir les emmener. Parce qu'il ne faut pas oublier que c'est quand même un outil, et que sur certains profils, notamment des élèves qui vont avoir un profil autistique, La bulle peut avoir l'effet inverse et donc exacerber un petit peu ces crises. Donc on passe toujours par le pôle médico-social et ensuite l'élève en crise, on lui propose d'aller dans La bulle. Ce ne sera jamais une obligation. Mais tous les élèves acceptent. Et une fois qu'ils sont passés par La bulle, on voit vraiment la différence. Et ils sont vraiment plus à même de communiquer. Parce que la communication reste impossible avant. Après on sait aussi que le cerveau adolescent est encore en maturation au collège. Et il est important d'avoir des lieux comme La bulle, en fait, parce que les émotions de nos élèves, en fait, sont incontrôlables. Ils ne peuvent physiquement pas contrôler leurs émotions.

  • Échange avec les élèves

    Qu'est-ce que ça vous fait, La bulle ? Oh, ça fait vraiment un bonheur. C'est vraiment agréable d'être là-bas. C'est agréable ? C'est pas la première fois que tu... C'est vraiment la quatrième fois, je crois. Oui. C'est un lieu où tu te ressources un peu dans ta journée. Oui. Ben moi, je trouve que c'était apaisant.

  • Audrey Grimaldi

    La bulle a un impact très positif sur le climat scolaire. Les enseignants voient vraiment une différence entre les élèves qui peuvent passer dans La bulle et les autres. Et en effet, un climat scolaire qui peut parfois être dégradé en REP+, La bulle permet vraiment une amélioration. On travaille cette année avec le LISEC, qui est un institut mulhousien, et qui va nous aider à mettre en place des critères d'évaluation de La bulle. Donc on aura l'année prochaine des critères un petit peu plus établis que là en ce début de projet. Le contexte social mulhousien est parfois un petit peu compliqué. Tous les collèges de Mulhouse intramuros publics sont soit en REP, soit en REP+. Ce projet novateur finalement s'est un petit peu égrené et il va y avoir prochainement des établissements, que ce soit dans le premier degré ou dans le second degré, qui vont mettre en place des bulles. Concernant les perspectives de cette salle, nous envisageons une ouverture aux adultes. Alors les adultes de l'établissement sont déjà les bienvenus dans la salle quand ils le souhaitent, mais pour les adultes extérieurs et notamment les parents d'élèves. Cette salle pourra servir de médiation justement parents-enfants.

  • Extra classe

    Cet épisode a été enregistré dans le cadre d'Ambitions Mulhouse Ville Éducative, une opération soutenue par l'État dans le cadre du dispositif Innovation dans la forme scolaire de France 2030, opéré par la Caisse des dépôts. Une production Réseau Canopé 2026.

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Manque de temps calmes à la maison, difficulté à réguler ses émotions, besoin de sécurité... En REP+, les défis sont nombreux pour les élèves ! Face à ces réalités, Audrey Grimaldi, professeure-documentaliste au collège François-Villon de Mulhouse, et ses collègues ont transformé ce constat en projet innovant : offrir aux élèves un espace de calme et de bien-être au cœur du CDI. Inspiré de la méthode Snoezelen, traditionnellement destinée aux plus jeunes, le personnel du collège a imaginé un espace sensoriel où lumière tamisée, sons apaisants et présence bienveillante d’un adulte permettent à chaque élève de faire une pause dans sa journée. « La bulle » est un lieu où les collégiens peuvent se ressourcer, gérer leurs émotions et trouver un sas de détente. Porté par une équipe motivée, le projet s’appuie sur une charte claire pour élèves et professionnels. Si l’expérience est encore récente, la demande est déjà forte : la salle ne désemplit pas, signe que ce besoin de bien-être à l’école est plus que jamais d’actualité.

Cet épisode a été enregistré dans le cadre d'Ambitions Mulhouse Ville Éducative, une opération soutenue par l’État dans le cadre du dispositif « Innovation dans la forme scolaire » de France 2030, opéré par la Caisse des Dépôts.

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    Bienvenue dans Les énergies scolaires, épisode 190. Extra classe.

  • Audrey Grimaldi

    Je suis Audrey Grimaldi, professeure-documentaliste au collège François-Villon à Mulhouse dans le Haut-Rhin, où nous avons monté une salle Snoezelen pour le bien-être nos élèves.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Audrey Grimaldi

    Le bien-être des élèves est au centre de nos préoccupations au sein de l'établissement. On est dans un établissement REP+ où on sait que nos élèves ont besoin de temps calmes, dont ils ne pourront pas bénéficier chez eux, à la maison, parce que nos élèves vivent parfois dans des conditions un petit peu difficiles, ni au sein de l'établissement parce qu'ils ont un rythme très soutenu. Par exemple, au CDI, on a commencé par faire l'achat de poufs pour que les élèves puissent se reposer et on s'est rendu compte que pendant leur... leur temps libre, ils venaient très régulièrement et qu'ils s'endormaient. Donc l'idée, c'était vraiment de coordonner toutes les actions individuelles qui sont mises en place, parce que beaucoup d'enseignants dans le collège faisaient déjà des actions concernant le bien-être de nos élèves, mais il nous manquait un lieu fédérateur pour pouvoir mettre en place une action collective. Et donc on a décidé de mettre en place cette salle Snoezelen, où tous les enseignants de l'établissement pouvaient s'en emparer. On a décidé d'appeler cette salle « La bulle ». La méthode Snoezelen va faire jouer tous les sens. Et donc dans cette bulle, on va avoir des choses à manipuler. On va avoir des petites balles sur lesquelles ils vont pouvoir exercer des pressions. On aura aussi des objets qui vont faire du bruit, comme par exemple des petites balles ou encore un bol tibétain chantant. On va aussi avoir des choses à regarder : on aura des projecteurs, on aura un projecteur étoiles, on aura aussi un projecteur de formes. On va avoir des choses à écouter. Quand les élèves arrivent dans La bulle, on leur propose deux solutions. Soit des séances de relaxation, qui vont être préenregistrées, soit de la musique. Et donc l'élève peut choisir finalement ce qui va lui correspondre le plus. Concernant l'odorat, là on s'est retrouvés face à un petit problème parce que beaucoup d'huiles essentielles étant allergènes, il a fallu qu'on trouve une petite astuce. Et donc on a décidé de créer un loto des odeurs pour que les élèves puissent quand même faire travailler leur odorat. Pour présenter La bulle aux élèves, nous avons créé une charte. Cette charte va un petit peu poser le règlement, mais qui sera toujours annoncé de manière positive, afin que les élèves puissent appréhender le lieu de manière un petit peu autonome. La bulle est donc un outil de médiation, et notre assistante sociale, Madame Pierron, l'utilise presque quotidiennement pour communiquer avec les élèves.

  • Échange avec les élèves

    La bulle, c'est un lieu qui est destiné à vous aider à vous détendre, d'accord ? Et bon, il y en a deux sur les trois qui sont ici qui connaissent déjà, mais comme tu ne connais pas, on va peut-être déjà t'expliquer comment ça marche. On va relire sur la porte. Il y a quelques règles à respecter dans La bulle. La première : je respecte les silences. La deuxième : j'ai le droit de m'installer comme je veux. La troisième : je m'occupe de moi. Et si, à un moment donné, cet endroit qui est un peu particulier, tu ne te sens pas à l'aise, tu me le dis et on sort. Ça marche ? On a le droit d'arrêter La bulle quand tu veux. OK. Donc maintenant, on va rentrer.

  • Audrey Grimaldi

    Les séances dans La bulle durent environ 15 minutes. Et on remarque souvent que ces 15 minutes sont bien utilisées parce que quand les élèves arrivent, il y a toujours cette petite excitation de départ où ils ont envie de tout tester, tout découvrir. On a notamment un hamac dans la bulle qui a beaucoup de succès. Et donc, les élèves mettent parfois un petit peu de temps à poser justement les émotions. Mais une fois que c'est fait, ils sont vraiment calmes et ils utilisent le matériel de manière complètement adéquate. On arrive maintenant à une année d'utilisation de la salle. Et pendant cette année, on n'a eu aucun élève qui aura dérogé au règlement de la salle. Donc on peut dire qu'à ce niveau-là, les élèves sont très respectueux et ont envie de venir.

  • Échange avec les élèves

    C'est incroyable. C'est bien beau ici. Oui, c'est clair. Tu l'avais jamais vu encore ? C'est trop bien.

  • Audrey Grimaldi

    La bulle est quand même un lieu un petit peu particulier. Et dans notre établissement, ne peuvent y accéder que les collègues qui ont été formés. Donc on a eu une formation initiale et ensuite nous formons aussi en interne d'autres collègues pour élargir un petit peu le champ. Mais ce sont seulement ces collègues-là qui peuvent emmener des élèves dans La bulle. D'où le fait d'avoir des outils partagés et le fait d'avoir une équipe qui vraiment veut s'investir. Sans cette équipe, La bulle ne peut pas fonctionner. Donc on va avoir une CPE, des assistants d'éducation, des assistantes pédagogiques, des enseignants de toutes disciplines. Le pôle médico-social aussi, donc toutes les infirmières ont été formées, ainsi que notre assistante sociale. Et nous avons créé trois protocoles pour trois catégories d'élèves. On va avoir d'abord les élèves volontaires, ceux qui veulent simplement découvrir La bulle et passer un temps calme. On va aussi avoir des élèves à profil particulier, qui vont nous être dirigés par les enseignants. Donc on a mis un tableur Excel sur notre GED [gestion électronique de documents] où chaque enseignant a accès et peut ajouter le nom d'un élève qui aurait le profil pour aller dans La bulle. Et finalement, il y aura aussi le profil des élèves qui sont en crise et qui ont besoin justement d'avoir un lieu pour poser les émotions. Ils passent d'abord toujours par le pôle médico-social, parce qu'on a toujours besoin d'avoir l'avis de personnes qui les connaissent bien avant de pouvoir les emmener. Parce qu'il ne faut pas oublier que c'est quand même un outil, et que sur certains profils, notamment des élèves qui vont avoir un profil autistique, La bulle peut avoir l'effet inverse et donc exacerber un petit peu ces crises. Donc on passe toujours par le pôle médico-social et ensuite l'élève en crise, on lui propose d'aller dans La bulle. Ce ne sera jamais une obligation. Mais tous les élèves acceptent. Et une fois qu'ils sont passés par La bulle, on voit vraiment la différence. Et ils sont vraiment plus à même de communiquer. Parce que la communication reste impossible avant. Après on sait aussi que le cerveau adolescent est encore en maturation au collège. Et il est important d'avoir des lieux comme La bulle, en fait, parce que les émotions de nos élèves, en fait, sont incontrôlables. Ils ne peuvent physiquement pas contrôler leurs émotions.

  • Échange avec les élèves

    Qu'est-ce que ça vous fait, La bulle ? Oh, ça fait vraiment un bonheur. C'est vraiment agréable d'être là-bas. C'est agréable ? C'est pas la première fois que tu... C'est vraiment la quatrième fois, je crois. Oui. C'est un lieu où tu te ressources un peu dans ta journée. Oui. Ben moi, je trouve que c'était apaisant.

  • Audrey Grimaldi

    La bulle a un impact très positif sur le climat scolaire. Les enseignants voient vraiment une différence entre les élèves qui peuvent passer dans La bulle et les autres. Et en effet, un climat scolaire qui peut parfois être dégradé en REP+, La bulle permet vraiment une amélioration. On travaille cette année avec le LISEC, qui est un institut mulhousien, et qui va nous aider à mettre en place des critères d'évaluation de La bulle. Donc on aura l'année prochaine des critères un petit peu plus établis que là en ce début de projet. Le contexte social mulhousien est parfois un petit peu compliqué. Tous les collèges de Mulhouse intramuros publics sont soit en REP, soit en REP+. Ce projet novateur finalement s'est un petit peu égrené et il va y avoir prochainement des établissements, que ce soit dans le premier degré ou dans le second degré, qui vont mettre en place des bulles. Concernant les perspectives de cette salle, nous envisageons une ouverture aux adultes. Alors les adultes de l'établissement sont déjà les bienvenus dans la salle quand ils le souhaitent, mais pour les adultes extérieurs et notamment les parents d'élèves. Cette salle pourra servir de médiation justement parents-enfants.

  • Extra classe

    Cet épisode a été enregistré dans le cadre d'Ambitions Mulhouse Ville Éducative, une opération soutenue par l'État dans le cadre du dispositif Innovation dans la forme scolaire de France 2030, opéré par la Caisse des dépôts. Une production Réseau Canopé 2026.

Description

Manque de temps calmes à la maison, difficulté à réguler ses émotions, besoin de sécurité... En REP+, les défis sont nombreux pour les élèves ! Face à ces réalités, Audrey Grimaldi, professeure-documentaliste au collège François-Villon de Mulhouse, et ses collègues ont transformé ce constat en projet innovant : offrir aux élèves un espace de calme et de bien-être au cœur du CDI. Inspiré de la méthode Snoezelen, traditionnellement destinée aux plus jeunes, le personnel du collège a imaginé un espace sensoriel où lumière tamisée, sons apaisants et présence bienveillante d’un adulte permettent à chaque élève de faire une pause dans sa journée. « La bulle » est un lieu où les collégiens peuvent se ressourcer, gérer leurs émotions et trouver un sas de détente. Porté par une équipe motivée, le projet s’appuie sur une charte claire pour élèves et professionnels. Si l’expérience est encore récente, la demande est déjà forte : la salle ne désemplit pas, signe que ce besoin de bien-être à l’école est plus que jamais d’actualité.

Cet épisode a été enregistré dans le cadre d'Ambitions Mulhouse Ville Éducative, une opération soutenue par l’État dans le cadre du dispositif « Innovation dans la forme scolaire » de France 2030, opéré par la Caisse des Dépôts.

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Extra classe, un podcast produit par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Sarah Eichhoff
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard et Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard
Musique : Mind Relaxation ©Light_Music via Pixabay
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2026


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Transcription

  • Extra classe

    Bienvenue dans Les énergies scolaires, épisode 190. Extra classe.

  • Audrey Grimaldi

    Je suis Audrey Grimaldi, professeure-documentaliste au collège François-Villon à Mulhouse dans le Haut-Rhin, où nous avons monté une salle Snoezelen pour le bien-être nos élèves.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Audrey Grimaldi

    Le bien-être des élèves est au centre de nos préoccupations au sein de l'établissement. On est dans un établissement REP+ où on sait que nos élèves ont besoin de temps calmes, dont ils ne pourront pas bénéficier chez eux, à la maison, parce que nos élèves vivent parfois dans des conditions un petit peu difficiles, ni au sein de l'établissement parce qu'ils ont un rythme très soutenu. Par exemple, au CDI, on a commencé par faire l'achat de poufs pour que les élèves puissent se reposer et on s'est rendu compte que pendant leur... leur temps libre, ils venaient très régulièrement et qu'ils s'endormaient. Donc l'idée, c'était vraiment de coordonner toutes les actions individuelles qui sont mises en place, parce que beaucoup d'enseignants dans le collège faisaient déjà des actions concernant le bien-être de nos élèves, mais il nous manquait un lieu fédérateur pour pouvoir mettre en place une action collective. Et donc on a décidé de mettre en place cette salle Snoezelen, où tous les enseignants de l'établissement pouvaient s'en emparer. On a décidé d'appeler cette salle « La bulle ». La méthode Snoezelen va faire jouer tous les sens. Et donc dans cette bulle, on va avoir des choses à manipuler. On va avoir des petites balles sur lesquelles ils vont pouvoir exercer des pressions. On aura aussi des objets qui vont faire du bruit, comme par exemple des petites balles ou encore un bol tibétain chantant. On va aussi avoir des choses à regarder : on aura des projecteurs, on aura un projecteur étoiles, on aura aussi un projecteur de formes. On va avoir des choses à écouter. Quand les élèves arrivent dans La bulle, on leur propose deux solutions. Soit des séances de relaxation, qui vont être préenregistrées, soit de la musique. Et donc l'élève peut choisir finalement ce qui va lui correspondre le plus. Concernant l'odorat, là on s'est retrouvés face à un petit problème parce que beaucoup d'huiles essentielles étant allergènes, il a fallu qu'on trouve une petite astuce. Et donc on a décidé de créer un loto des odeurs pour que les élèves puissent quand même faire travailler leur odorat. Pour présenter La bulle aux élèves, nous avons créé une charte. Cette charte va un petit peu poser le règlement, mais qui sera toujours annoncé de manière positive, afin que les élèves puissent appréhender le lieu de manière un petit peu autonome. La bulle est donc un outil de médiation, et notre assistante sociale, Madame Pierron, l'utilise presque quotidiennement pour communiquer avec les élèves.

  • Échange avec les élèves

    La bulle, c'est un lieu qui est destiné à vous aider à vous détendre, d'accord ? Et bon, il y en a deux sur les trois qui sont ici qui connaissent déjà, mais comme tu ne connais pas, on va peut-être déjà t'expliquer comment ça marche. On va relire sur la porte. Il y a quelques règles à respecter dans La bulle. La première : je respecte les silences. La deuxième : j'ai le droit de m'installer comme je veux. La troisième : je m'occupe de moi. Et si, à un moment donné, cet endroit qui est un peu particulier, tu ne te sens pas à l'aise, tu me le dis et on sort. Ça marche ? On a le droit d'arrêter La bulle quand tu veux. OK. Donc maintenant, on va rentrer.

  • Audrey Grimaldi

    Les séances dans La bulle durent environ 15 minutes. Et on remarque souvent que ces 15 minutes sont bien utilisées parce que quand les élèves arrivent, il y a toujours cette petite excitation de départ où ils ont envie de tout tester, tout découvrir. On a notamment un hamac dans la bulle qui a beaucoup de succès. Et donc, les élèves mettent parfois un petit peu de temps à poser justement les émotions. Mais une fois que c'est fait, ils sont vraiment calmes et ils utilisent le matériel de manière complètement adéquate. On arrive maintenant à une année d'utilisation de la salle. Et pendant cette année, on n'a eu aucun élève qui aura dérogé au règlement de la salle. Donc on peut dire qu'à ce niveau-là, les élèves sont très respectueux et ont envie de venir.

  • Échange avec les élèves

    C'est incroyable. C'est bien beau ici. Oui, c'est clair. Tu l'avais jamais vu encore ? C'est trop bien.

  • Audrey Grimaldi

    La bulle est quand même un lieu un petit peu particulier. Et dans notre établissement, ne peuvent y accéder que les collègues qui ont été formés. Donc on a eu une formation initiale et ensuite nous formons aussi en interne d'autres collègues pour élargir un petit peu le champ. Mais ce sont seulement ces collègues-là qui peuvent emmener des élèves dans La bulle. D'où le fait d'avoir des outils partagés et le fait d'avoir une équipe qui vraiment veut s'investir. Sans cette équipe, La bulle ne peut pas fonctionner. Donc on va avoir une CPE, des assistants d'éducation, des assistantes pédagogiques, des enseignants de toutes disciplines. Le pôle médico-social aussi, donc toutes les infirmières ont été formées, ainsi que notre assistante sociale. Et nous avons créé trois protocoles pour trois catégories d'élèves. On va avoir d'abord les élèves volontaires, ceux qui veulent simplement découvrir La bulle et passer un temps calme. On va aussi avoir des élèves à profil particulier, qui vont nous être dirigés par les enseignants. Donc on a mis un tableur Excel sur notre GED [gestion électronique de documents] où chaque enseignant a accès et peut ajouter le nom d'un élève qui aurait le profil pour aller dans La bulle. Et finalement, il y aura aussi le profil des élèves qui sont en crise et qui ont besoin justement d'avoir un lieu pour poser les émotions. Ils passent d'abord toujours par le pôle médico-social, parce qu'on a toujours besoin d'avoir l'avis de personnes qui les connaissent bien avant de pouvoir les emmener. Parce qu'il ne faut pas oublier que c'est quand même un outil, et que sur certains profils, notamment des élèves qui vont avoir un profil autistique, La bulle peut avoir l'effet inverse et donc exacerber un petit peu ces crises. Donc on passe toujours par le pôle médico-social et ensuite l'élève en crise, on lui propose d'aller dans La bulle. Ce ne sera jamais une obligation. Mais tous les élèves acceptent. Et une fois qu'ils sont passés par La bulle, on voit vraiment la différence. Et ils sont vraiment plus à même de communiquer. Parce que la communication reste impossible avant. Après on sait aussi que le cerveau adolescent est encore en maturation au collège. Et il est important d'avoir des lieux comme La bulle, en fait, parce que les émotions de nos élèves, en fait, sont incontrôlables. Ils ne peuvent physiquement pas contrôler leurs émotions.

  • Échange avec les élèves

    Qu'est-ce que ça vous fait, La bulle ? Oh, ça fait vraiment un bonheur. C'est vraiment agréable d'être là-bas. C'est agréable ? C'est pas la première fois que tu... C'est vraiment la quatrième fois, je crois. Oui. C'est un lieu où tu te ressources un peu dans ta journée. Oui. Ben moi, je trouve que c'était apaisant.

  • Audrey Grimaldi

    La bulle a un impact très positif sur le climat scolaire. Les enseignants voient vraiment une différence entre les élèves qui peuvent passer dans La bulle et les autres. Et en effet, un climat scolaire qui peut parfois être dégradé en REP+, La bulle permet vraiment une amélioration. On travaille cette année avec le LISEC, qui est un institut mulhousien, et qui va nous aider à mettre en place des critères d'évaluation de La bulle. Donc on aura l'année prochaine des critères un petit peu plus établis que là en ce début de projet. Le contexte social mulhousien est parfois un petit peu compliqué. Tous les collèges de Mulhouse intramuros publics sont soit en REP, soit en REP+. Ce projet novateur finalement s'est un petit peu égrené et il va y avoir prochainement des établissements, que ce soit dans le premier degré ou dans le second degré, qui vont mettre en place des bulles. Concernant les perspectives de cette salle, nous envisageons une ouverture aux adultes. Alors les adultes de l'établissement sont déjà les bienvenus dans la salle quand ils le souhaitent, mais pour les adultes extérieurs et notamment les parents d'élèves. Cette salle pourra servir de médiation justement parents-enfants.

  • Extra classe

    Cet épisode a été enregistré dans le cadre d'Ambitions Mulhouse Ville Éducative, une opération soutenue par l'État dans le cadre du dispositif Innovation dans la forme scolaire de France 2030, opéré par la Caisse des dépôts. Une production Réseau Canopé 2026.

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