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Extra classe, pour accompagner les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques et leur formation

Liane, le micro-lycée pour s'accrocher et progresser - Les Énergies scolaires #189

Liane, le micro-lycée pour s'accrocher et progresser - Les Énergies scolaires #189

08min |11/02/2026
Play
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Liane, le micro-lycée pour s'accrocher et progresser - Les Énergies scolaires #189

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08min |11/02/2026
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Description

Partez à la découverte d’un micro-lycée : un établissement pas comme les autres, conçu pour offrir une seconde chance aux jeunes en décrochage scolaire. Olivier Margot, son coordonnateur, vous ouvre les portes de Liane, dans l'académie de Clermont-Ferrand, un lieu où l’école se réinvente entre accompagnement, confiance et réussite. De son fonctionnement quotidien à ses enjeux pédagogiques, Olivier vous explique comment cette structure singulière redonne à chaque élève la possibilité de construire son avenir.

Vous pouvez aussi consulter :

Extra classe à écouter et à partager sur toutes vos plateformes d'écoute :
https://smartlink.ausha.co/extra-classe

Extra classe, des podcasts produits par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Myriam Jacquet
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard et Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2026


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Extra classe

    Bienvenue dans les énergies scolaires, épisode 189.

  • Olivier Margot

    Je m'appelle Olivier Margaux, je suis professeur de sciences économiques et sociales et actuellement coordonnateur du Liane micro-lycée de Riom, dans le Puy-de-Dôme.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Olivier Margot

    Un micro-lycée, c'est un lycée en plus petit qui accueille des jeunes décrocheurs et l'objectif pour nous, c'est de leur faire réussir un bac. Donc pour cela, on met en œuvre ce qu'on appelle nous un peu les trois R, re-scolariser, re-socialiser et faire réussir un diplôme. Alors on va se déplacer dans le couloir, puisque toutes nos salles sont situées au niveau du même couloir. Aucun autre élève du lycée ne vient dans ce couloir, ce qui permet aux élèves de rester entre eux dans une situation calme qui facilite les choses pour les décrocher. La salle commune, c'est une particularité des micro-lycées, souvent d'avoir ce type de salle où les enseignants et les élèves peuvent être présents à différents moments, échanger entre eux. Il n'y a pas de séparation, ça ressemble à une grande salle des profs. Après, ce n'est pas du mobile, mais voilà. Les élèves s'installent, soit pour jouer au cartes, soit boire un café, soit travailler. Ça arrive parfois. Le micro-lycée de Riom s'appelle Liane, pour faire référence à la liane, qui sert à s'accrocher pour progresser. Et on a 60 élèves. Ce sont des jeunes qui ont décroché pour des raisons extrêmement variables et majoritairement non purement scolaires. On va trouver à la fois des jeunes qui ont 16 ans, qui ont peut-être décroché que depuis 6 mois ou un an, et pour d'autres, ça peut être 3 ans, 4 ans et beaucoup plus, puisqu'on a déjà eu des jeunes qui, eux, avaient décroché pendant 7 à 8 ans. Donc sans remettre les pieds à l'école avant de venir chez nous. Pour l'essentiel, ces élèves ont eu des parcours chaotiques, soit pour des raisons de santé, soit pour des raisons personnelles ou familiales, qui ont fait qu'à un moment donné, ils ont arrêté l'école. Parfois, ce sont des personnes qui ont aussi un handicap, des troubles autistiques, qui les ont amenés à décrocher ou à ne pas trouver ce qui leur convenait comme scolarisation. Et puis pour d'autres, ça peut être simplement l'envie de travailler et puis se rendre compte par la suite que les petits boulots, ça va un moment, mais ça ne peut pas durer tout le temps, donc revenir pour essayer d'obtenir un diplôme. Le niveau scolaire, c'est pareil. On peut avoir des élèves qui sont très grandes difficultés scolaires, qui relèveraient presque d'un niveau sixième, cinquième, et d'autres qui sont extrêmement brillants et qui arrivent avec des moyennes à 17-18 sur 20 en venant d'établissements classiques. Mais évidemment, ces élèves sont tous plus ou moins phobiques, que ce soit scolaire, que ce soit de la phobie sociale. Une très grande majorité de ces jeunes-là sont cassés, ont perdu confiance en eux, ils ont perdu confiance dans la capacité de l'école à les aider. Et nous, tout l'enjeu, c'est déjà de commencer par ça. C'est l'aspect retour. dans l'établissement, accompagné souvent d'une re-socialisation. Ces élèves, il faut leur réapprendre l'école, réapprendre des codes, réapprendre des valeurs, des normes. Et à partir de là, on peut commencer à travailler, à faire du scolaire, des exercices. Mais s'ils ne s'entendent pas bien dans la structure, de toute façon, on peut faire n'importe quoi en scolaire. Ils ne viendront pas, ils ne s'investiront pas.

  • Échange avec des élèves

    Bonne nuit, bonjour. Merci. Tout le monde a signé sa fiche d'orientation. Oui, c'est bon, tout le monde a récupéré les documents, tout est signé. Donc, vous pensez à surveiller les boîtes mail pour les fiches d'inscription pour l'année prochaine. OK. Allez, et bien, bonne continuation pour cette séance de travail assez intensive. Et à une prochaine. Salut.

  • Olivier Margot

    Pour le moment, ce qu'on constate, c'est qu'on est en forte augmentation en termes de candidatures. Au tout début, nous avions à peu près 30-40 candidats pour une vingtaine de places par an, l'année dernière on est monté à plus de 80. Donc beaucoup de jeunes sont concernés malheureusement par ces problématiques de décrochage scolaire. Et lorsqu'il s'agit de raisons plus médicales, nous on rappelle bien à chacun au début qu'on n'est pas un établissement de soins, c'est un lycée. On accompagne différemment, on essaye d'améliorer les choses mais on ne soigne pas. Souvent c'est un centre de réparation des élèves en fait, le micro-lycée. Du coup, ça nous a amené aussi à essayer de développer un début de partenariat avec le service de pédopsychiatrie du CHU de Quermont-Ferrand. L'objectif est d'arriver, en plus des formations qui nous sont proposées par le rectorat, de mieux comprendre les fonctionnements, de voir ce qu'on pourrait faire dans leur accompagnement. Et puis, ça nous permet, nous, en sens inverse, de faire un retour aux médecins sur la partie scolaire.

  • Échange avec des élèves

    Bien, Nel. Là on arrive sur la fin de l'année, donc tu as eu tes résultats parcoursup hier. Oui, du coup je les ai eus, j'ai été acceptée partout, j'avais fait quatre vœux. Mais j'avoue, je suis un peu perdue, je ne sais pas ce que je vais faire l'année prochaine. Parce que cette année terminale a quand même été dure. Qu'est-ce que tu as trouvé le plus dur en terminale ? Il faut savoir que dans ma scolarité, je n'ai jamais trop eu l'habitude de réviser ou autre. Je faisais surtout acte de présence. C'est déjà bien. Oui, mais il y a une réalité, c'est que j'avais beaucoup de retard sur la méthodologie et les façons d'apprendre. Du coup, c'est un peu déstabilisant et quand je révise, j'ai l'impression de ne rien apprendre. Tu sais, le fait que tu aies l'impression d'être perdu, que tu n'as rien retenu, c'est pour tous les élèves. Ce n'est pas propre aux élèves du micro-lycée ou à toi. Tous les élèves de terminale en ce moment se disent... J'ai tout oublié, je ne me souviens plus de rien, et comment on fait ça, et si le sujet tombe là-dessus, enfin...

  • Olivier Margot

    Le taux de réussite au bac, pour le moment, en moyenne, il est de 85% chez nous, on a eu trois années à 100%, et il y a une poursuite d'études derrière. On a des parcours qui sont parfois assez étonnants. Une de nos élèves, elle avait décroché pendant sept ans. Elle est venue chez nous, trois ans après, elle a obtenu son bac. Et là, elle est en troisième année de licence à l'Institut National des Langues Orientales à Paris, qui est pourtant une formation extrêmement sélective et de haut niveau en langue étrangère, mais elle a été quand même prise en venant du micro-lycée. Le micro-lycée me passionne toujours autant au bout de sept ans. Et j'ai toujours envie d'aider ces jeunes à progresser, à réussir. Parce que pour beaucoup de jeunes, il est souvent l'une des seules possibilités de reprise d'école. Donc, il faut que nous, on soit là pour leur donner cette chance. Même quand personne n'y croit, y compris parfois nous, en tant qu'enseignants, au bout de trois mois, six mois, on se dit, mais ça ne va jamais marcher, il ne va pas y arriver. Mais si nous, on ne leur donne pas cette chance, peu d'autres leur donneront.

  • Extra classe

    Vous venez d'écouter un épisode des énergies scolaires. Si ça s'est bien passé, n'hésitez pas à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute. A bientôt sur Extra classe, une production Réseau Canopé 2026.

Description

Partez à la découverte d’un micro-lycée : un établissement pas comme les autres, conçu pour offrir une seconde chance aux jeunes en décrochage scolaire. Olivier Margot, son coordonnateur, vous ouvre les portes de Liane, dans l'académie de Clermont-Ferrand, un lieu où l’école se réinvente entre accompagnement, confiance et réussite. De son fonctionnement quotidien à ses enjeux pédagogiques, Olivier vous explique comment cette structure singulière redonne à chaque élève la possibilité de construire son avenir.

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Transcription

  • Extra classe

    Bienvenue dans les énergies scolaires, épisode 189.

  • Olivier Margot

    Je m'appelle Olivier Margaux, je suis professeur de sciences économiques et sociales et actuellement coordonnateur du Liane micro-lycée de Riom, dans le Puy-de-Dôme.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Olivier Margot

    Un micro-lycée, c'est un lycée en plus petit qui accueille des jeunes décrocheurs et l'objectif pour nous, c'est de leur faire réussir un bac. Donc pour cela, on met en œuvre ce qu'on appelle nous un peu les trois R, re-scolariser, re-socialiser et faire réussir un diplôme. Alors on va se déplacer dans le couloir, puisque toutes nos salles sont situées au niveau du même couloir. Aucun autre élève du lycée ne vient dans ce couloir, ce qui permet aux élèves de rester entre eux dans une situation calme qui facilite les choses pour les décrocher. La salle commune, c'est une particularité des micro-lycées, souvent d'avoir ce type de salle où les enseignants et les élèves peuvent être présents à différents moments, échanger entre eux. Il n'y a pas de séparation, ça ressemble à une grande salle des profs. Après, ce n'est pas du mobile, mais voilà. Les élèves s'installent, soit pour jouer au cartes, soit boire un café, soit travailler. Ça arrive parfois. Le micro-lycée de Riom s'appelle Liane, pour faire référence à la liane, qui sert à s'accrocher pour progresser. Et on a 60 élèves. Ce sont des jeunes qui ont décroché pour des raisons extrêmement variables et majoritairement non purement scolaires. On va trouver à la fois des jeunes qui ont 16 ans, qui ont peut-être décroché que depuis 6 mois ou un an, et pour d'autres, ça peut être 3 ans, 4 ans et beaucoup plus, puisqu'on a déjà eu des jeunes qui, eux, avaient décroché pendant 7 à 8 ans. Donc sans remettre les pieds à l'école avant de venir chez nous. Pour l'essentiel, ces élèves ont eu des parcours chaotiques, soit pour des raisons de santé, soit pour des raisons personnelles ou familiales, qui ont fait qu'à un moment donné, ils ont arrêté l'école. Parfois, ce sont des personnes qui ont aussi un handicap, des troubles autistiques, qui les ont amenés à décrocher ou à ne pas trouver ce qui leur convenait comme scolarisation. Et puis pour d'autres, ça peut être simplement l'envie de travailler et puis se rendre compte par la suite que les petits boulots, ça va un moment, mais ça ne peut pas durer tout le temps, donc revenir pour essayer d'obtenir un diplôme. Le niveau scolaire, c'est pareil. On peut avoir des élèves qui sont très grandes difficultés scolaires, qui relèveraient presque d'un niveau sixième, cinquième, et d'autres qui sont extrêmement brillants et qui arrivent avec des moyennes à 17-18 sur 20 en venant d'établissements classiques. Mais évidemment, ces élèves sont tous plus ou moins phobiques, que ce soit scolaire, que ce soit de la phobie sociale. Une très grande majorité de ces jeunes-là sont cassés, ont perdu confiance en eux, ils ont perdu confiance dans la capacité de l'école à les aider. Et nous, tout l'enjeu, c'est déjà de commencer par ça. C'est l'aspect retour. dans l'établissement, accompagné souvent d'une re-socialisation. Ces élèves, il faut leur réapprendre l'école, réapprendre des codes, réapprendre des valeurs, des normes. Et à partir de là, on peut commencer à travailler, à faire du scolaire, des exercices. Mais s'ils ne s'entendent pas bien dans la structure, de toute façon, on peut faire n'importe quoi en scolaire. Ils ne viendront pas, ils ne s'investiront pas.

  • Échange avec des élèves

    Bonne nuit, bonjour. Merci. Tout le monde a signé sa fiche d'orientation. Oui, c'est bon, tout le monde a récupéré les documents, tout est signé. Donc, vous pensez à surveiller les boîtes mail pour les fiches d'inscription pour l'année prochaine. OK. Allez, et bien, bonne continuation pour cette séance de travail assez intensive. Et à une prochaine. Salut.

  • Olivier Margot

    Pour le moment, ce qu'on constate, c'est qu'on est en forte augmentation en termes de candidatures. Au tout début, nous avions à peu près 30-40 candidats pour une vingtaine de places par an, l'année dernière on est monté à plus de 80. Donc beaucoup de jeunes sont concernés malheureusement par ces problématiques de décrochage scolaire. Et lorsqu'il s'agit de raisons plus médicales, nous on rappelle bien à chacun au début qu'on n'est pas un établissement de soins, c'est un lycée. On accompagne différemment, on essaye d'améliorer les choses mais on ne soigne pas. Souvent c'est un centre de réparation des élèves en fait, le micro-lycée. Du coup, ça nous a amené aussi à essayer de développer un début de partenariat avec le service de pédopsychiatrie du CHU de Quermont-Ferrand. L'objectif est d'arriver, en plus des formations qui nous sont proposées par le rectorat, de mieux comprendre les fonctionnements, de voir ce qu'on pourrait faire dans leur accompagnement. Et puis, ça nous permet, nous, en sens inverse, de faire un retour aux médecins sur la partie scolaire.

  • Échange avec des élèves

    Bien, Nel. Là on arrive sur la fin de l'année, donc tu as eu tes résultats parcoursup hier. Oui, du coup je les ai eus, j'ai été acceptée partout, j'avais fait quatre vœux. Mais j'avoue, je suis un peu perdue, je ne sais pas ce que je vais faire l'année prochaine. Parce que cette année terminale a quand même été dure. Qu'est-ce que tu as trouvé le plus dur en terminale ? Il faut savoir que dans ma scolarité, je n'ai jamais trop eu l'habitude de réviser ou autre. Je faisais surtout acte de présence. C'est déjà bien. Oui, mais il y a une réalité, c'est que j'avais beaucoup de retard sur la méthodologie et les façons d'apprendre. Du coup, c'est un peu déstabilisant et quand je révise, j'ai l'impression de ne rien apprendre. Tu sais, le fait que tu aies l'impression d'être perdu, que tu n'as rien retenu, c'est pour tous les élèves. Ce n'est pas propre aux élèves du micro-lycée ou à toi. Tous les élèves de terminale en ce moment se disent... J'ai tout oublié, je ne me souviens plus de rien, et comment on fait ça, et si le sujet tombe là-dessus, enfin...

  • Olivier Margot

    Le taux de réussite au bac, pour le moment, en moyenne, il est de 85% chez nous, on a eu trois années à 100%, et il y a une poursuite d'études derrière. On a des parcours qui sont parfois assez étonnants. Une de nos élèves, elle avait décroché pendant sept ans. Elle est venue chez nous, trois ans après, elle a obtenu son bac. Et là, elle est en troisième année de licence à l'Institut National des Langues Orientales à Paris, qui est pourtant une formation extrêmement sélective et de haut niveau en langue étrangère, mais elle a été quand même prise en venant du micro-lycée. Le micro-lycée me passionne toujours autant au bout de sept ans. Et j'ai toujours envie d'aider ces jeunes à progresser, à réussir. Parce que pour beaucoup de jeunes, il est souvent l'une des seules possibilités de reprise d'école. Donc, il faut que nous, on soit là pour leur donner cette chance. Même quand personne n'y croit, y compris parfois nous, en tant qu'enseignants, au bout de trois mois, six mois, on se dit, mais ça ne va jamais marcher, il ne va pas y arriver. Mais si nous, on ne leur donne pas cette chance, peu d'autres leur donneront.

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    Vous venez d'écouter un épisode des énergies scolaires. Si ça s'est bien passé, n'hésitez pas à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute. A bientôt sur Extra classe, une production Réseau Canopé 2026.

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    Je m'appelle Olivier Margaux, je suis professeur de sciences économiques et sociales et actuellement coordonnateur du Liane micro-lycée de Riom, dans le Puy-de-Dôme.

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    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

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    Un micro-lycée, c'est un lycée en plus petit qui accueille des jeunes décrocheurs et l'objectif pour nous, c'est de leur faire réussir un bac. Donc pour cela, on met en œuvre ce qu'on appelle nous un peu les trois R, re-scolariser, re-socialiser et faire réussir un diplôme. Alors on va se déplacer dans le couloir, puisque toutes nos salles sont situées au niveau du même couloir. Aucun autre élève du lycée ne vient dans ce couloir, ce qui permet aux élèves de rester entre eux dans une situation calme qui facilite les choses pour les décrocher. La salle commune, c'est une particularité des micro-lycées, souvent d'avoir ce type de salle où les enseignants et les élèves peuvent être présents à différents moments, échanger entre eux. Il n'y a pas de séparation, ça ressemble à une grande salle des profs. Après, ce n'est pas du mobile, mais voilà. Les élèves s'installent, soit pour jouer au cartes, soit boire un café, soit travailler. Ça arrive parfois. Le micro-lycée de Riom s'appelle Liane, pour faire référence à la liane, qui sert à s'accrocher pour progresser. Et on a 60 élèves. Ce sont des jeunes qui ont décroché pour des raisons extrêmement variables et majoritairement non purement scolaires. On va trouver à la fois des jeunes qui ont 16 ans, qui ont peut-être décroché que depuis 6 mois ou un an, et pour d'autres, ça peut être 3 ans, 4 ans et beaucoup plus, puisqu'on a déjà eu des jeunes qui, eux, avaient décroché pendant 7 à 8 ans. Donc sans remettre les pieds à l'école avant de venir chez nous. Pour l'essentiel, ces élèves ont eu des parcours chaotiques, soit pour des raisons de santé, soit pour des raisons personnelles ou familiales, qui ont fait qu'à un moment donné, ils ont arrêté l'école. Parfois, ce sont des personnes qui ont aussi un handicap, des troubles autistiques, qui les ont amenés à décrocher ou à ne pas trouver ce qui leur convenait comme scolarisation. Et puis pour d'autres, ça peut être simplement l'envie de travailler et puis se rendre compte par la suite que les petits boulots, ça va un moment, mais ça ne peut pas durer tout le temps, donc revenir pour essayer d'obtenir un diplôme. Le niveau scolaire, c'est pareil. On peut avoir des élèves qui sont très grandes difficultés scolaires, qui relèveraient presque d'un niveau sixième, cinquième, et d'autres qui sont extrêmement brillants et qui arrivent avec des moyennes à 17-18 sur 20 en venant d'établissements classiques. Mais évidemment, ces élèves sont tous plus ou moins phobiques, que ce soit scolaire, que ce soit de la phobie sociale. Une très grande majorité de ces jeunes-là sont cassés, ont perdu confiance en eux, ils ont perdu confiance dans la capacité de l'école à les aider. Et nous, tout l'enjeu, c'est déjà de commencer par ça. C'est l'aspect retour. dans l'établissement, accompagné souvent d'une re-socialisation. Ces élèves, il faut leur réapprendre l'école, réapprendre des codes, réapprendre des valeurs, des normes. Et à partir de là, on peut commencer à travailler, à faire du scolaire, des exercices. Mais s'ils ne s'entendent pas bien dans la structure, de toute façon, on peut faire n'importe quoi en scolaire. Ils ne viendront pas, ils ne s'investiront pas.

  • Échange avec des élèves

    Bonne nuit, bonjour. Merci. Tout le monde a signé sa fiche d'orientation. Oui, c'est bon, tout le monde a récupéré les documents, tout est signé. Donc, vous pensez à surveiller les boîtes mail pour les fiches d'inscription pour l'année prochaine. OK. Allez, et bien, bonne continuation pour cette séance de travail assez intensive. Et à une prochaine. Salut.

  • Olivier Margot

    Pour le moment, ce qu'on constate, c'est qu'on est en forte augmentation en termes de candidatures. Au tout début, nous avions à peu près 30-40 candidats pour une vingtaine de places par an, l'année dernière on est monté à plus de 80. Donc beaucoup de jeunes sont concernés malheureusement par ces problématiques de décrochage scolaire. Et lorsqu'il s'agit de raisons plus médicales, nous on rappelle bien à chacun au début qu'on n'est pas un établissement de soins, c'est un lycée. On accompagne différemment, on essaye d'améliorer les choses mais on ne soigne pas. Souvent c'est un centre de réparation des élèves en fait, le micro-lycée. Du coup, ça nous a amené aussi à essayer de développer un début de partenariat avec le service de pédopsychiatrie du CHU de Quermont-Ferrand. L'objectif est d'arriver, en plus des formations qui nous sont proposées par le rectorat, de mieux comprendre les fonctionnements, de voir ce qu'on pourrait faire dans leur accompagnement. Et puis, ça nous permet, nous, en sens inverse, de faire un retour aux médecins sur la partie scolaire.

  • Échange avec des élèves

    Bien, Nel. Là on arrive sur la fin de l'année, donc tu as eu tes résultats parcoursup hier. Oui, du coup je les ai eus, j'ai été acceptée partout, j'avais fait quatre vœux. Mais j'avoue, je suis un peu perdue, je ne sais pas ce que je vais faire l'année prochaine. Parce que cette année terminale a quand même été dure. Qu'est-ce que tu as trouvé le plus dur en terminale ? Il faut savoir que dans ma scolarité, je n'ai jamais trop eu l'habitude de réviser ou autre. Je faisais surtout acte de présence. C'est déjà bien. Oui, mais il y a une réalité, c'est que j'avais beaucoup de retard sur la méthodologie et les façons d'apprendre. Du coup, c'est un peu déstabilisant et quand je révise, j'ai l'impression de ne rien apprendre. Tu sais, le fait que tu aies l'impression d'être perdu, que tu n'as rien retenu, c'est pour tous les élèves. Ce n'est pas propre aux élèves du micro-lycée ou à toi. Tous les élèves de terminale en ce moment se disent... J'ai tout oublié, je ne me souviens plus de rien, et comment on fait ça, et si le sujet tombe là-dessus, enfin...

  • Olivier Margot

    Le taux de réussite au bac, pour le moment, en moyenne, il est de 85% chez nous, on a eu trois années à 100%, et il y a une poursuite d'études derrière. On a des parcours qui sont parfois assez étonnants. Une de nos élèves, elle avait décroché pendant sept ans. Elle est venue chez nous, trois ans après, elle a obtenu son bac. Et là, elle est en troisième année de licence à l'Institut National des Langues Orientales à Paris, qui est pourtant une formation extrêmement sélective et de haut niveau en langue étrangère, mais elle a été quand même prise en venant du micro-lycée. Le micro-lycée me passionne toujours autant au bout de sept ans. Et j'ai toujours envie d'aider ces jeunes à progresser, à réussir. Parce que pour beaucoup de jeunes, il est souvent l'une des seules possibilités de reprise d'école. Donc, il faut que nous, on soit là pour leur donner cette chance. Même quand personne n'y croit, y compris parfois nous, en tant qu'enseignants, au bout de trois mois, six mois, on se dit, mais ça ne va jamais marcher, il ne va pas y arriver. Mais si nous, on ne leur donne pas cette chance, peu d'autres leur donneront.

  • Extra classe

    Vous venez d'écouter un épisode des énergies scolaires. Si ça s'est bien passé, n'hésitez pas à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute. A bientôt sur Extra classe, une production Réseau Canopé 2026.

Description

Partez à la découverte d’un micro-lycée : un établissement pas comme les autres, conçu pour offrir une seconde chance aux jeunes en décrochage scolaire. Olivier Margot, son coordonnateur, vous ouvre les portes de Liane, dans l'académie de Clermont-Ferrand, un lieu où l’école se réinvente entre accompagnement, confiance et réussite. De son fonctionnement quotidien à ses enjeux pédagogiques, Olivier vous explique comment cette structure singulière redonne à chaque élève la possibilité de construire son avenir.

Vous pouvez aussi consulter :

Extra classe à écouter et à partager sur toutes vos plateformes d'écoute :
https://smartlink.ausha.co/extra-classe

Extra classe, des podcasts produits par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Myriam Jacquet
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard et Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard
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    Bienvenue dans les énergies scolaires, épisode 189.

  • Olivier Margot

    Je m'appelle Olivier Margaux, je suis professeur de sciences économiques et sociales et actuellement coordonnateur du Liane micro-lycée de Riom, dans le Puy-de-Dôme.

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    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Olivier Margot

    Un micro-lycée, c'est un lycée en plus petit qui accueille des jeunes décrocheurs et l'objectif pour nous, c'est de leur faire réussir un bac. Donc pour cela, on met en œuvre ce qu'on appelle nous un peu les trois R, re-scolariser, re-socialiser et faire réussir un diplôme. Alors on va se déplacer dans le couloir, puisque toutes nos salles sont situées au niveau du même couloir. Aucun autre élève du lycée ne vient dans ce couloir, ce qui permet aux élèves de rester entre eux dans une situation calme qui facilite les choses pour les décrocher. La salle commune, c'est une particularité des micro-lycées, souvent d'avoir ce type de salle où les enseignants et les élèves peuvent être présents à différents moments, échanger entre eux. Il n'y a pas de séparation, ça ressemble à une grande salle des profs. Après, ce n'est pas du mobile, mais voilà. Les élèves s'installent, soit pour jouer au cartes, soit boire un café, soit travailler. Ça arrive parfois. Le micro-lycée de Riom s'appelle Liane, pour faire référence à la liane, qui sert à s'accrocher pour progresser. Et on a 60 élèves. Ce sont des jeunes qui ont décroché pour des raisons extrêmement variables et majoritairement non purement scolaires. On va trouver à la fois des jeunes qui ont 16 ans, qui ont peut-être décroché que depuis 6 mois ou un an, et pour d'autres, ça peut être 3 ans, 4 ans et beaucoup plus, puisqu'on a déjà eu des jeunes qui, eux, avaient décroché pendant 7 à 8 ans. Donc sans remettre les pieds à l'école avant de venir chez nous. Pour l'essentiel, ces élèves ont eu des parcours chaotiques, soit pour des raisons de santé, soit pour des raisons personnelles ou familiales, qui ont fait qu'à un moment donné, ils ont arrêté l'école. Parfois, ce sont des personnes qui ont aussi un handicap, des troubles autistiques, qui les ont amenés à décrocher ou à ne pas trouver ce qui leur convenait comme scolarisation. Et puis pour d'autres, ça peut être simplement l'envie de travailler et puis se rendre compte par la suite que les petits boulots, ça va un moment, mais ça ne peut pas durer tout le temps, donc revenir pour essayer d'obtenir un diplôme. Le niveau scolaire, c'est pareil. On peut avoir des élèves qui sont très grandes difficultés scolaires, qui relèveraient presque d'un niveau sixième, cinquième, et d'autres qui sont extrêmement brillants et qui arrivent avec des moyennes à 17-18 sur 20 en venant d'établissements classiques. Mais évidemment, ces élèves sont tous plus ou moins phobiques, que ce soit scolaire, que ce soit de la phobie sociale. Une très grande majorité de ces jeunes-là sont cassés, ont perdu confiance en eux, ils ont perdu confiance dans la capacité de l'école à les aider. Et nous, tout l'enjeu, c'est déjà de commencer par ça. C'est l'aspect retour. dans l'établissement, accompagné souvent d'une re-socialisation. Ces élèves, il faut leur réapprendre l'école, réapprendre des codes, réapprendre des valeurs, des normes. Et à partir de là, on peut commencer à travailler, à faire du scolaire, des exercices. Mais s'ils ne s'entendent pas bien dans la structure, de toute façon, on peut faire n'importe quoi en scolaire. Ils ne viendront pas, ils ne s'investiront pas.

  • Échange avec des élèves

    Bonne nuit, bonjour. Merci. Tout le monde a signé sa fiche d'orientation. Oui, c'est bon, tout le monde a récupéré les documents, tout est signé. Donc, vous pensez à surveiller les boîtes mail pour les fiches d'inscription pour l'année prochaine. OK. Allez, et bien, bonne continuation pour cette séance de travail assez intensive. Et à une prochaine. Salut.

  • Olivier Margot

    Pour le moment, ce qu'on constate, c'est qu'on est en forte augmentation en termes de candidatures. Au tout début, nous avions à peu près 30-40 candidats pour une vingtaine de places par an, l'année dernière on est monté à plus de 80. Donc beaucoup de jeunes sont concernés malheureusement par ces problématiques de décrochage scolaire. Et lorsqu'il s'agit de raisons plus médicales, nous on rappelle bien à chacun au début qu'on n'est pas un établissement de soins, c'est un lycée. On accompagne différemment, on essaye d'améliorer les choses mais on ne soigne pas. Souvent c'est un centre de réparation des élèves en fait, le micro-lycée. Du coup, ça nous a amené aussi à essayer de développer un début de partenariat avec le service de pédopsychiatrie du CHU de Quermont-Ferrand. L'objectif est d'arriver, en plus des formations qui nous sont proposées par le rectorat, de mieux comprendre les fonctionnements, de voir ce qu'on pourrait faire dans leur accompagnement. Et puis, ça nous permet, nous, en sens inverse, de faire un retour aux médecins sur la partie scolaire.

  • Échange avec des élèves

    Bien, Nel. Là on arrive sur la fin de l'année, donc tu as eu tes résultats parcoursup hier. Oui, du coup je les ai eus, j'ai été acceptée partout, j'avais fait quatre vœux. Mais j'avoue, je suis un peu perdue, je ne sais pas ce que je vais faire l'année prochaine. Parce que cette année terminale a quand même été dure. Qu'est-ce que tu as trouvé le plus dur en terminale ? Il faut savoir que dans ma scolarité, je n'ai jamais trop eu l'habitude de réviser ou autre. Je faisais surtout acte de présence. C'est déjà bien. Oui, mais il y a une réalité, c'est que j'avais beaucoup de retard sur la méthodologie et les façons d'apprendre. Du coup, c'est un peu déstabilisant et quand je révise, j'ai l'impression de ne rien apprendre. Tu sais, le fait que tu aies l'impression d'être perdu, que tu n'as rien retenu, c'est pour tous les élèves. Ce n'est pas propre aux élèves du micro-lycée ou à toi. Tous les élèves de terminale en ce moment se disent... J'ai tout oublié, je ne me souviens plus de rien, et comment on fait ça, et si le sujet tombe là-dessus, enfin...

  • Olivier Margot

    Le taux de réussite au bac, pour le moment, en moyenne, il est de 85% chez nous, on a eu trois années à 100%, et il y a une poursuite d'études derrière. On a des parcours qui sont parfois assez étonnants. Une de nos élèves, elle avait décroché pendant sept ans. Elle est venue chez nous, trois ans après, elle a obtenu son bac. Et là, elle est en troisième année de licence à l'Institut National des Langues Orientales à Paris, qui est pourtant une formation extrêmement sélective et de haut niveau en langue étrangère, mais elle a été quand même prise en venant du micro-lycée. Le micro-lycée me passionne toujours autant au bout de sept ans. Et j'ai toujours envie d'aider ces jeunes à progresser, à réussir. Parce que pour beaucoup de jeunes, il est souvent l'une des seules possibilités de reprise d'école. Donc, il faut que nous, on soit là pour leur donner cette chance. Même quand personne n'y croit, y compris parfois nous, en tant qu'enseignants, au bout de trois mois, six mois, on se dit, mais ça ne va jamais marcher, il ne va pas y arriver. Mais si nous, on ne leur donne pas cette chance, peu d'autres leur donneront.

  • Extra classe

    Vous venez d'écouter un épisode des énergies scolaires. Si ça s'est bien passé, n'hésitez pas à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute. A bientôt sur Extra classe, une production Réseau Canopé 2026.

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