Sandrine DelangreImpliquer les élèves dans les activités de groupe en EPS, c'est vraiment important. Ça fait partie d'un des enjeux les plus importants parce que c'est comme ça qu'on va voir s'ils sont en activité et s'ils vont être dans les apprentissages. Je prends l'exemple d'une séance que j'ai faite en hip-hop avec des élèves où le premier temps était un temps d'échauffement où toute la classe devait, juste sur la musique, bouger un peu et claquer des doigts. Et en fait, tous les élèves se sont mis contre le mur, aucun ne voulait bouger. J'étais seule à danser en fait dans la classe. Et ça a été vraiment très compliqué de mettre en place l'activité. Donc tout de suite, on a séparé en fait la classe et on a fait des groupes. On peut faire des groupes affinitaires, mais on peut faire aussi, en fonction des activités, des groupes de niveau, des groupes de tutorat. Ce qui est important, c'est que le groupe soit vraiment en lien avec l'objectif et ce qu'on veut développer dans la classe chez les élèves. Il y a une deuxième chose qui est importante, ça va être l'espace. Et ça, c'est valable dans toutes les matières. Par exemple, si on a un groupe de trois personnes sur du tutorat, mettre les élèves par trois, mais sur un triangle équilatéral, ça va être vraiment nécessaire pour que les trois soient impliqués dans l'activité. Si par exemple on les met, mais qu'ils sont sous forme d'un triangle rectangle, on va avoir les deux l'un en face de l'autre qui vont être ensemble, et un qui va être tout seul, on va avoir deux plus un. Une autre chose sur laquelle j'aime bien jouer pour impliquer les élèves, ça va être le sentiment de compétence. C'est ce que j'appelle le héros du jour. Donc chacun, à un moment du cycle, va pouvoir avoir son heure de gloire. Je donne un défi à un élève. Par exemple, je vais lui demander, pour un élève qui n'est pas très fort, d'aller au moins trois fois shooter au panier. Et s'il réussit ce défi, on va avoir un score parlant. Il va marquer un bonus de 10 points, 20 points, 100 points. Ça, c'est à voir. Et à tout moment, tous les élèves vont avoir leur défi. C'est vraiment important que le défi soit réalisable, mais que ce soit aussi un challenge. Pour des élèves qui ont parfois du mal à s'engager ou qui ne se sentent pas forcément très bons, les autres vont leur passer la balle, ça va changer complètement l'activité du groupe et après on va avoir des « ouais » , des « hourra » . Ils vont être portés en triomphe par leur équipe. C'est important que chacun, à un moment donné, puisse apporter sa part. Il y a un principe d'interdépendance, quand on veut impliquer les élèves, qui va être nécessaire à mettre en place. Un dernier point, ça va être de sécuriser l'espace classe. En fait, on va essayer de créer un climat de confiance. Il n'y a pas de règles, c'est en fonction des classes, en fonction des élèves. Mais le regard des autres, à l'âge du collège, même aussi du lycée, est vraiment difficile parfois à soutenir. Créer une dynamique de classe, ça ne va pas être cadrer énormément les activités. C'est plutôt créer un cadre qui va permettre à chaque élève d'exister dans le groupe.