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À la découverte de la première classe maths et numérique - Les Énergies scolaires #171 cover
À la découverte de la première classe maths et numérique - Les Énergies scolaires #171 cover
Extra classe, accompagner les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques et leur formation

À la découverte de la première classe maths et numérique - Les Énergies scolaires #171

À la découverte de la première classe maths et numérique - Les Énergies scolaires #171

09min |18/06/2025
Play
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À la découverte de la première classe maths et numérique - Les Énergies scolaires #171

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09min |18/06/2025
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Description

Découvrez la première Chaman, classe à horaires aménagés maths et numérique, au collège Jules-Verne de Buxerolles. Elle a été ouverte en septembre 2024 et confiée à Céline Naudin, une professeure de mathématiques qui travaille en partenariat avec l’espace Mendès-France, une association d’éveil à la culture scientifique, pour assurer les trois heures d’activité hebdomadaire. Dans cette option qui compte une majorité de filles et des élèves de tous niveaux, on prône un rapport décomplexé aux maths, le droit à l’erreur et une saine émulation. Ainsi les élèves peuvent s’initier sans pression à la programmation, la cryptologie, la robotique, et s’ouvrirent également à des activités, des défis et des métiers qui leur sont inconnus. À l’heure où le gouvernement annonce le plan « Filles et maths », cette initiative unique en son genre tombe à pic et ne demande qu’à faire des émules…

Les épisodes Extra classe de la playlist Enseigner les mathématiques peuvent vous intéresser.

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Extra classe à partager et à écouter sur toutes vos plateformes d'écoute :
https://smartlink.ausha.co/extra-classe

Extra classe, un podcast produit par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Luc Taramini
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hélène Audard, Magali Devance
Mixage : Myriam Naciri
Voix additionnelle : Magali Devance
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2025


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Extra classe

    Bienvenue dans Les énergies scolaires, épisode 171. Extra classe.

  • Céline Naudin

    Je m'appelle Céline Naudin, je suis enseignante de mathématiques au collège Jules-Verne de Buxerolles. J'ai été 17 ans enseignante dans le 1er degré avant de passer dans le 2nd degré depuis 7 ans.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Céline Naudin

    Ce matin, nous avons visité le laboratoire Xlim, un laboratoire d'informatique et d'imagerie qui dépend de l'université de Poitiers, à l'invitation d'Agnès Arnould, enseignante-chercheuse dans ce laboratoire, qui est en fait la marraine de la promotion de la classe Chaman [classe à horaires aménagés maths et numérique]. Elle nous a permis de découvrir les différentes activités de son laboratoire et de rencontrer différents personnels au sein du laboratoire.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Bonjour à tous ! Et toutes ! Bienvenue au laboratoire de mathématiques. C'est ici qu'on range les enseignants-chercheurs en mathématiques. Pour commencer votre visite, je vous propose d'écouter un exposé d'un enseignant-chercheur en mathématiques, Julien Michel, qui va vous faire un exposé qui s'appelle « À quoi servent les maths et les matheux et les matheuses ? »

  • Céline Naudin

    Au collège Jules-Verne, comme dans tous les collèges de France, on s'est rendu compte qu'on avait beaucoup d'élèves qui avaient peu d'appétence pour les mathématiques, qui venaient en cours un peu à reculons, et qui poursuivaient peu leurs études dans ce domaine-là, tous les élèves, mais surtout particulièrement les filles. Donc on s'est posé la question : comment leur donner envie ? Comment leur montrer que les mathématiques, c'était partout et qu'on pouvait en faire avec plaisir ? Et on a pris comme modèle les classes à horaires aménagés musique et théâtre. Donc on a choisi de proposer une option de trois heures. Une heure avec un enseignant de mathématiques du collège, en l'occurrence moi, et deux heures avec l'équivalent du conservatoire de musique et de théâtre : sur Poitiers, c'est le centre de culture scientifique, technique et industrielle, l'espace Mendès-Frances. Donc quand on a décidé d'ouvrir l'option, j'ai fait une présentation à toutes les classes de 4e. On a eu une trentaine de demandes, à notre grande surprise, parce qu'on n'avait pas vraiment anticipé s'il fallait choisir ou pas des élèves, on pensait qu'on aurait plus de mal à remplir. Comment choisir ? En fait, on a privilégié les filles, et un profil de curiosité. On n'a pas pris forcément les meilleurs élèves. On a pris des élèves de tous niveaux. Il y a des élèves excellents cette année, il y en a qui sont beaucoup plus en difficulté. Mais on voulait des élèves qui ont envie de chercher, qui sont curieux, qui veulent aller plus loin et pas un profil purement scolaire.

  • Visite de l'université

    Chut ! 30 secondes ! Il y a des étudiants qui passent leur examen dans l'amphithéâtre là, donc en passant dans le hall, on y va tranquille. On les laisse travailler.

  • Céline Naudin

    Les thèmes abordés sur ma partie à moi sur l'heure, en fait on a fait trois grosses parties. Une partie cryptologie, donc décodage de messages secrets sans avoir la clé de départ. On a travaillé à partir du concours Alkindi des années précédentes et des entraînements. Donc ils ont participé au concours Alkindi cette année. Ensuite on a fait de la programmation de jeux d'arcade avec Scratch. Et enfin, on a fait de la robotique. Donc là, on a utilisé des Lego Spike, dans lesquels il y a une brique de programmation et des capteurs, des moteurs, ce qui a permis de créer des robots qui suivent des lignes, qui ramassent des objets que d'une couleur et pas d'une autre, ce genre de petits défis. Alors, on a mené des projets sur du long terme, comme par exemple la réalisation d'un escape game, que les élèves de la classe Chaman vont faire vivre à d'autres classes du collège. Et en fait, je vais coordonner un petit peu l'ensemble du jeu. Et les intervenants de l'espace Mendès-France venaient faire des ateliers plus ponctuels, notamment sur de l'impression 3D et donc de la modélisation avec des logiciels spécifiques pour imprimer en trois dimensions les pièces du jeu ou pour préparer certaines énigmes du jeu. Il y a eu ce genre de choses. Après, il y avait certaines interventions de l'espace Mendès-France qui étaient plus déconnectées : ils ont fait de l'astronomie, ils ont réalisé un cadran solaire dans la cour du collège, ils ont créé des microfusées et ils les ont lancées. Donc il a fallu mesurer la hauteur. Et là on retrouve purement des enseignements mathématiques. Donc il y avait un lien entre l'espace Mendès-France et moi pour savoir où j'en étais dans le programme, s'ils pouvaient utiliser de la trigonométrie, théorème de Thalès ou ce genre de choses.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Bienvenue dans notre salle d'expérimentation. Je travaille pour une équipe qui s'intéresse à tout ce qui est perception visuelle. C'est notre perception visuelle. Tous les mécanismes qui impliquent notre perception avec le monde visuel qui nous entoure, que ce soit un monde réel ou un monde virtuel. Je vous ai préparé une démonstration avec une application de réalité virtuelle pour mieux vous expliquer ce qu'on fait. Par contre, j'aurais besoin d'un participant. Qui voudrait essayer ? Allez-y.

  • Céline Naudin

    La classe Chaman est ponctuée tout au cours de l'année d'événements particuliers. Donc, il y a eu un temps fort au mois de janvier qui est un séjour pédagogique à Paris, au cours duquel on a, chaque jour, fait une visite culturelle scientifique : une journée à la Cité des sciences, Palais de la découverte, Muséum d'histoire naturelle, Musée des mathématiques qui a ouvert l'année dernière. L'objectif, en fait, c'est vraiment un objectif d'ouverture, de montrer ce qui existe. Alors, je rappelle que le collège Jules-Verne est un collège REP dans lequel il y a 67 % de boursiers et 32 % sont des boursiers à taux 3, donc vivent sous le seuil de pauvreté. C'est un milieu avec des enfants qui n'ont pas forcément la possibilité de sortir, d'aller dans des musées, de voyager. Donc, c'est vraiment une ouverture et une découverte pour beaucoup d'élèves. Outre le voyage à Paris, il y a eu d'autres temps forts qui sont surtout des rencontres avec des chercheurs, des étudiants. Donc là, ce matin, on était au laboratoire Xlim avec Agnès Arnould, la chercheuse. On a aussi reçu des étudiants de l'ENSMA [École nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique]. L'objectif là encore, c'est de montrer ce qui existe en poursuite d'études et tous les possibles, ouvrir un peu l'univers culturel de nos élèves. Pour la suite, on espère que ça aura des incidences. On a prévu de faire une suivi de cohorte sur 5 ou 6 ans et de voir. Alors, on commence à voir des choses bouger. Je pense notamment à un élève cette année qui, suite à ce qu'il a fait, souhaite s'orienter en 2de professionnelle cybersécurité-informatique-électronique et a déjà anticipé sa poursuite d'études sur un BTS CIEL, donc cybersécurité, informatique [et réseaux], électronique, puisqu'il a rencontré les étudiants de cette formation en post-bac.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Donc moi, je m'appelle Wassim, je suis enseignant-chercheur ici. L'idée, c'est qu'on a deux casquettes. Donc on a une casquette enseignant, comme vos enseignants que vous avez. Et on a une casquette chercheur. Et le but de la recherche, en fait, ça va être de prendre des problèmes qui actuellement n'ont pas de solution et de trouver une solution. Et ça, on veut le faire potentiellement rapidement. Un exemple que je donnais à vos collègues, c'était le Covid. Quand le Covid est arrivé, on n'avait pas de vaccin. Il faut un vaccin. On veut le trouver. Ça, c'est le rôle de la recherche.

  • Céline Naudin

    La validation de leurs acquis se fait par les projets, la réussite de ce qu'ils font, la participation au concours et leurs résultats au concours s'ils le souhaitent. Il y a du défi et de l'émulation, mais entre eux, il n'y a pas d'objectif de performance, il y a vraiment juste un objectif de compétence. Et ça change énormément la façon de travailler, et surtout, vraiment particulièrement pour les filles, qui du coup osent, se sentent autorisées et ne travaillent pas de la même façon qu'en cours de maths. En tant qu'enseignante, j'ai apprécié de travailler différemment, sous forme de projet. J'ai apprécié, comme les élèves, qu'il n'y ait pas cette pression de notes, de programmes. On était beaucoup plus libres et on avançait ensemble, on découvrait, et on pouvait se permettre d'aller plus en avant si ça nous intéressait ou d'écourter si on n'avait pas forcément envie. C'est cette liberté de non-programme et de non-note des élèves que j'ai vraiment le plus apprécié cette année. Ce que je souhaite à cette classe ? Qu'elle puisse se démultiplier, qu'elle puisse être sur les autres niveaux, puisque vu les bénéfices sur la relation à la discipline, je pense que ce serait vraiment profitable qu'on commence beaucoup plus tôt et qu'on ait des élèves sur quatre ans.

  • Extra classe

    Vous venez d'écouter un épisode des énergies scolaires. Si ça s'est bien passé, n'hésitez pas à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute. À bientôt sur Extra classe. Une production Réseau Canopé 2025.

Description

Découvrez la première Chaman, classe à horaires aménagés maths et numérique, au collège Jules-Verne de Buxerolles. Elle a été ouverte en septembre 2024 et confiée à Céline Naudin, une professeure de mathématiques qui travaille en partenariat avec l’espace Mendès-France, une association d’éveil à la culture scientifique, pour assurer les trois heures d’activité hebdomadaire. Dans cette option qui compte une majorité de filles et des élèves de tous niveaux, on prône un rapport décomplexé aux maths, le droit à l’erreur et une saine émulation. Ainsi les élèves peuvent s’initier sans pression à la programmation, la cryptologie, la robotique, et s’ouvrirent également à des activités, des défis et des métiers qui leur sont inconnus. À l’heure où le gouvernement annonce le plan « Filles et maths », cette initiative unique en son genre tombe à pic et ne demande qu’à faire des émules…

Les épisodes Extra classe de la playlist Enseigner les mathématiques peuvent vous intéresser.

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Extra classe, un podcast produit par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Luc Taramini
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Coordination et production : Hélène Audard, Magali Devance
Mixage : Myriam Naciri
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Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2025


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Extra classe

    Bienvenue dans Les énergies scolaires, épisode 171. Extra classe.

  • Céline Naudin

    Je m'appelle Céline Naudin, je suis enseignante de mathématiques au collège Jules-Verne de Buxerolles. J'ai été 17 ans enseignante dans le 1er degré avant de passer dans le 2nd degré depuis 7 ans.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Céline Naudin

    Ce matin, nous avons visité le laboratoire Xlim, un laboratoire d'informatique et d'imagerie qui dépend de l'université de Poitiers, à l'invitation d'Agnès Arnould, enseignante-chercheuse dans ce laboratoire, qui est en fait la marraine de la promotion de la classe Chaman [classe à horaires aménagés maths et numérique]. Elle nous a permis de découvrir les différentes activités de son laboratoire et de rencontrer différents personnels au sein du laboratoire.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Bonjour à tous ! Et toutes ! Bienvenue au laboratoire de mathématiques. C'est ici qu'on range les enseignants-chercheurs en mathématiques. Pour commencer votre visite, je vous propose d'écouter un exposé d'un enseignant-chercheur en mathématiques, Julien Michel, qui va vous faire un exposé qui s'appelle « À quoi servent les maths et les matheux et les matheuses ? »

  • Céline Naudin

    Au collège Jules-Verne, comme dans tous les collèges de France, on s'est rendu compte qu'on avait beaucoup d'élèves qui avaient peu d'appétence pour les mathématiques, qui venaient en cours un peu à reculons, et qui poursuivaient peu leurs études dans ce domaine-là, tous les élèves, mais surtout particulièrement les filles. Donc on s'est posé la question : comment leur donner envie ? Comment leur montrer que les mathématiques, c'était partout et qu'on pouvait en faire avec plaisir ? Et on a pris comme modèle les classes à horaires aménagés musique et théâtre. Donc on a choisi de proposer une option de trois heures. Une heure avec un enseignant de mathématiques du collège, en l'occurrence moi, et deux heures avec l'équivalent du conservatoire de musique et de théâtre : sur Poitiers, c'est le centre de culture scientifique, technique et industrielle, l'espace Mendès-Frances. Donc quand on a décidé d'ouvrir l'option, j'ai fait une présentation à toutes les classes de 4e. On a eu une trentaine de demandes, à notre grande surprise, parce qu'on n'avait pas vraiment anticipé s'il fallait choisir ou pas des élèves, on pensait qu'on aurait plus de mal à remplir. Comment choisir ? En fait, on a privilégié les filles, et un profil de curiosité. On n'a pas pris forcément les meilleurs élèves. On a pris des élèves de tous niveaux. Il y a des élèves excellents cette année, il y en a qui sont beaucoup plus en difficulté. Mais on voulait des élèves qui ont envie de chercher, qui sont curieux, qui veulent aller plus loin et pas un profil purement scolaire.

  • Visite de l'université

    Chut ! 30 secondes ! Il y a des étudiants qui passent leur examen dans l'amphithéâtre là, donc en passant dans le hall, on y va tranquille. On les laisse travailler.

  • Céline Naudin

    Les thèmes abordés sur ma partie à moi sur l'heure, en fait on a fait trois grosses parties. Une partie cryptologie, donc décodage de messages secrets sans avoir la clé de départ. On a travaillé à partir du concours Alkindi des années précédentes et des entraînements. Donc ils ont participé au concours Alkindi cette année. Ensuite on a fait de la programmation de jeux d'arcade avec Scratch. Et enfin, on a fait de la robotique. Donc là, on a utilisé des Lego Spike, dans lesquels il y a une brique de programmation et des capteurs, des moteurs, ce qui a permis de créer des robots qui suivent des lignes, qui ramassent des objets que d'une couleur et pas d'une autre, ce genre de petits défis. Alors, on a mené des projets sur du long terme, comme par exemple la réalisation d'un escape game, que les élèves de la classe Chaman vont faire vivre à d'autres classes du collège. Et en fait, je vais coordonner un petit peu l'ensemble du jeu. Et les intervenants de l'espace Mendès-France venaient faire des ateliers plus ponctuels, notamment sur de l'impression 3D et donc de la modélisation avec des logiciels spécifiques pour imprimer en trois dimensions les pièces du jeu ou pour préparer certaines énigmes du jeu. Il y a eu ce genre de choses. Après, il y avait certaines interventions de l'espace Mendès-France qui étaient plus déconnectées : ils ont fait de l'astronomie, ils ont réalisé un cadran solaire dans la cour du collège, ils ont créé des microfusées et ils les ont lancées. Donc il a fallu mesurer la hauteur. Et là on retrouve purement des enseignements mathématiques. Donc il y avait un lien entre l'espace Mendès-France et moi pour savoir où j'en étais dans le programme, s'ils pouvaient utiliser de la trigonométrie, théorème de Thalès ou ce genre de choses.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Bienvenue dans notre salle d'expérimentation. Je travaille pour une équipe qui s'intéresse à tout ce qui est perception visuelle. C'est notre perception visuelle. Tous les mécanismes qui impliquent notre perception avec le monde visuel qui nous entoure, que ce soit un monde réel ou un monde virtuel. Je vous ai préparé une démonstration avec une application de réalité virtuelle pour mieux vous expliquer ce qu'on fait. Par contre, j'aurais besoin d'un participant. Qui voudrait essayer ? Allez-y.

  • Céline Naudin

    La classe Chaman est ponctuée tout au cours de l'année d'événements particuliers. Donc, il y a eu un temps fort au mois de janvier qui est un séjour pédagogique à Paris, au cours duquel on a, chaque jour, fait une visite culturelle scientifique : une journée à la Cité des sciences, Palais de la découverte, Muséum d'histoire naturelle, Musée des mathématiques qui a ouvert l'année dernière. L'objectif, en fait, c'est vraiment un objectif d'ouverture, de montrer ce qui existe. Alors, je rappelle que le collège Jules-Verne est un collège REP dans lequel il y a 67 % de boursiers et 32 % sont des boursiers à taux 3, donc vivent sous le seuil de pauvreté. C'est un milieu avec des enfants qui n'ont pas forcément la possibilité de sortir, d'aller dans des musées, de voyager. Donc, c'est vraiment une ouverture et une découverte pour beaucoup d'élèves. Outre le voyage à Paris, il y a eu d'autres temps forts qui sont surtout des rencontres avec des chercheurs, des étudiants. Donc là, ce matin, on était au laboratoire Xlim avec Agnès Arnould, la chercheuse. On a aussi reçu des étudiants de l'ENSMA [École nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique]. L'objectif là encore, c'est de montrer ce qui existe en poursuite d'études et tous les possibles, ouvrir un peu l'univers culturel de nos élèves. Pour la suite, on espère que ça aura des incidences. On a prévu de faire une suivi de cohorte sur 5 ou 6 ans et de voir. Alors, on commence à voir des choses bouger. Je pense notamment à un élève cette année qui, suite à ce qu'il a fait, souhaite s'orienter en 2de professionnelle cybersécurité-informatique-électronique et a déjà anticipé sa poursuite d'études sur un BTS CIEL, donc cybersécurité, informatique [et réseaux], électronique, puisqu'il a rencontré les étudiants de cette formation en post-bac.

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    Donc moi, je m'appelle Wassim, je suis enseignant-chercheur ici. L'idée, c'est qu'on a deux casquettes. Donc on a une casquette enseignant, comme vos enseignants que vous avez. Et on a une casquette chercheur. Et le but de la recherche, en fait, ça va être de prendre des problèmes qui actuellement n'ont pas de solution et de trouver une solution. Et ça, on veut le faire potentiellement rapidement. Un exemple que je donnais à vos collègues, c'était le Covid. Quand le Covid est arrivé, on n'avait pas de vaccin. Il faut un vaccin. On veut le trouver. Ça, c'est le rôle de la recherche.

  • Céline Naudin

    La validation de leurs acquis se fait par les projets, la réussite de ce qu'ils font, la participation au concours et leurs résultats au concours s'ils le souhaitent. Il y a du défi et de l'émulation, mais entre eux, il n'y a pas d'objectif de performance, il y a vraiment juste un objectif de compétence. Et ça change énormément la façon de travailler, et surtout, vraiment particulièrement pour les filles, qui du coup osent, se sentent autorisées et ne travaillent pas de la même façon qu'en cours de maths. En tant qu'enseignante, j'ai apprécié de travailler différemment, sous forme de projet. J'ai apprécié, comme les élèves, qu'il n'y ait pas cette pression de notes, de programmes. On était beaucoup plus libres et on avançait ensemble, on découvrait, et on pouvait se permettre d'aller plus en avant si ça nous intéressait ou d'écourter si on n'avait pas forcément envie. C'est cette liberté de non-programme et de non-note des élèves que j'ai vraiment le plus apprécié cette année. Ce que je souhaite à cette classe ? Qu'elle puisse se démultiplier, qu'elle puisse être sur les autres niveaux, puisque vu les bénéfices sur la relation à la discipline, je pense que ce serait vraiment profitable qu'on commence beaucoup plus tôt et qu'on ait des élèves sur quatre ans.

  • Extra classe

    Vous venez d'écouter un épisode des énergies scolaires. Si ça s'est bien passé, n'hésitez pas à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute. À bientôt sur Extra classe. Une production Réseau Canopé 2025.

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    Bienvenue dans Les énergies scolaires, épisode 171. Extra classe.

  • Céline Naudin

    Je m'appelle Céline Naudin, je suis enseignante de mathématiques au collège Jules-Verne de Buxerolles. J'ai été 17 ans enseignante dans le 1er degré avant de passer dans le 2nd degré depuis 7 ans.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Céline Naudin

    Ce matin, nous avons visité le laboratoire Xlim, un laboratoire d'informatique et d'imagerie qui dépend de l'université de Poitiers, à l'invitation d'Agnès Arnould, enseignante-chercheuse dans ce laboratoire, qui est en fait la marraine de la promotion de la classe Chaman [classe à horaires aménagés maths et numérique]. Elle nous a permis de découvrir les différentes activités de son laboratoire et de rencontrer différents personnels au sein du laboratoire.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Bonjour à tous ! Et toutes ! Bienvenue au laboratoire de mathématiques. C'est ici qu'on range les enseignants-chercheurs en mathématiques. Pour commencer votre visite, je vous propose d'écouter un exposé d'un enseignant-chercheur en mathématiques, Julien Michel, qui va vous faire un exposé qui s'appelle « À quoi servent les maths et les matheux et les matheuses ? »

  • Céline Naudin

    Au collège Jules-Verne, comme dans tous les collèges de France, on s'est rendu compte qu'on avait beaucoup d'élèves qui avaient peu d'appétence pour les mathématiques, qui venaient en cours un peu à reculons, et qui poursuivaient peu leurs études dans ce domaine-là, tous les élèves, mais surtout particulièrement les filles. Donc on s'est posé la question : comment leur donner envie ? Comment leur montrer que les mathématiques, c'était partout et qu'on pouvait en faire avec plaisir ? Et on a pris comme modèle les classes à horaires aménagés musique et théâtre. Donc on a choisi de proposer une option de trois heures. Une heure avec un enseignant de mathématiques du collège, en l'occurrence moi, et deux heures avec l'équivalent du conservatoire de musique et de théâtre : sur Poitiers, c'est le centre de culture scientifique, technique et industrielle, l'espace Mendès-Frances. Donc quand on a décidé d'ouvrir l'option, j'ai fait une présentation à toutes les classes de 4e. On a eu une trentaine de demandes, à notre grande surprise, parce qu'on n'avait pas vraiment anticipé s'il fallait choisir ou pas des élèves, on pensait qu'on aurait plus de mal à remplir. Comment choisir ? En fait, on a privilégié les filles, et un profil de curiosité. On n'a pas pris forcément les meilleurs élèves. On a pris des élèves de tous niveaux. Il y a des élèves excellents cette année, il y en a qui sont beaucoup plus en difficulté. Mais on voulait des élèves qui ont envie de chercher, qui sont curieux, qui veulent aller plus loin et pas un profil purement scolaire.

  • Visite de l'université

    Chut ! 30 secondes ! Il y a des étudiants qui passent leur examen dans l'amphithéâtre là, donc en passant dans le hall, on y va tranquille. On les laisse travailler.

  • Céline Naudin

    Les thèmes abordés sur ma partie à moi sur l'heure, en fait on a fait trois grosses parties. Une partie cryptologie, donc décodage de messages secrets sans avoir la clé de départ. On a travaillé à partir du concours Alkindi des années précédentes et des entraînements. Donc ils ont participé au concours Alkindi cette année. Ensuite on a fait de la programmation de jeux d'arcade avec Scratch. Et enfin, on a fait de la robotique. Donc là, on a utilisé des Lego Spike, dans lesquels il y a une brique de programmation et des capteurs, des moteurs, ce qui a permis de créer des robots qui suivent des lignes, qui ramassent des objets que d'une couleur et pas d'une autre, ce genre de petits défis. Alors, on a mené des projets sur du long terme, comme par exemple la réalisation d'un escape game, que les élèves de la classe Chaman vont faire vivre à d'autres classes du collège. Et en fait, je vais coordonner un petit peu l'ensemble du jeu. Et les intervenants de l'espace Mendès-France venaient faire des ateliers plus ponctuels, notamment sur de l'impression 3D et donc de la modélisation avec des logiciels spécifiques pour imprimer en trois dimensions les pièces du jeu ou pour préparer certaines énigmes du jeu. Il y a eu ce genre de choses. Après, il y avait certaines interventions de l'espace Mendès-France qui étaient plus déconnectées : ils ont fait de l'astronomie, ils ont réalisé un cadran solaire dans la cour du collège, ils ont créé des microfusées et ils les ont lancées. Donc il a fallu mesurer la hauteur. Et là on retrouve purement des enseignements mathématiques. Donc il y avait un lien entre l'espace Mendès-France et moi pour savoir où j'en étais dans le programme, s'ils pouvaient utiliser de la trigonométrie, théorème de Thalès ou ce genre de choses.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Bienvenue dans notre salle d'expérimentation. Je travaille pour une équipe qui s'intéresse à tout ce qui est perception visuelle. C'est notre perception visuelle. Tous les mécanismes qui impliquent notre perception avec le monde visuel qui nous entoure, que ce soit un monde réel ou un monde virtuel. Je vous ai préparé une démonstration avec une application de réalité virtuelle pour mieux vous expliquer ce qu'on fait. Par contre, j'aurais besoin d'un participant. Qui voudrait essayer ? Allez-y.

  • Céline Naudin

    La classe Chaman est ponctuée tout au cours de l'année d'événements particuliers. Donc, il y a eu un temps fort au mois de janvier qui est un séjour pédagogique à Paris, au cours duquel on a, chaque jour, fait une visite culturelle scientifique : une journée à la Cité des sciences, Palais de la découverte, Muséum d'histoire naturelle, Musée des mathématiques qui a ouvert l'année dernière. L'objectif, en fait, c'est vraiment un objectif d'ouverture, de montrer ce qui existe. Alors, je rappelle que le collège Jules-Verne est un collège REP dans lequel il y a 67 % de boursiers et 32 % sont des boursiers à taux 3, donc vivent sous le seuil de pauvreté. C'est un milieu avec des enfants qui n'ont pas forcément la possibilité de sortir, d'aller dans des musées, de voyager. Donc, c'est vraiment une ouverture et une découverte pour beaucoup d'élèves. Outre le voyage à Paris, il y a eu d'autres temps forts qui sont surtout des rencontres avec des chercheurs, des étudiants. Donc là, ce matin, on était au laboratoire Xlim avec Agnès Arnould, la chercheuse. On a aussi reçu des étudiants de l'ENSMA [École nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique]. L'objectif là encore, c'est de montrer ce qui existe en poursuite d'études et tous les possibles, ouvrir un peu l'univers culturel de nos élèves. Pour la suite, on espère que ça aura des incidences. On a prévu de faire une suivi de cohorte sur 5 ou 6 ans et de voir. Alors, on commence à voir des choses bouger. Je pense notamment à un élève cette année qui, suite à ce qu'il a fait, souhaite s'orienter en 2de professionnelle cybersécurité-informatique-électronique et a déjà anticipé sa poursuite d'études sur un BTS CIEL, donc cybersécurité, informatique [et réseaux], électronique, puisqu'il a rencontré les étudiants de cette formation en post-bac.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Donc moi, je m'appelle Wassim, je suis enseignant-chercheur ici. L'idée, c'est qu'on a deux casquettes. Donc on a une casquette enseignant, comme vos enseignants que vous avez. Et on a une casquette chercheur. Et le but de la recherche, en fait, ça va être de prendre des problèmes qui actuellement n'ont pas de solution et de trouver une solution. Et ça, on veut le faire potentiellement rapidement. Un exemple que je donnais à vos collègues, c'était le Covid. Quand le Covid est arrivé, on n'avait pas de vaccin. Il faut un vaccin. On veut le trouver. Ça, c'est le rôle de la recherche.

  • Céline Naudin

    La validation de leurs acquis se fait par les projets, la réussite de ce qu'ils font, la participation au concours et leurs résultats au concours s'ils le souhaitent. Il y a du défi et de l'émulation, mais entre eux, il n'y a pas d'objectif de performance, il y a vraiment juste un objectif de compétence. Et ça change énormément la façon de travailler, et surtout, vraiment particulièrement pour les filles, qui du coup osent, se sentent autorisées et ne travaillent pas de la même façon qu'en cours de maths. En tant qu'enseignante, j'ai apprécié de travailler différemment, sous forme de projet. J'ai apprécié, comme les élèves, qu'il n'y ait pas cette pression de notes, de programmes. On était beaucoup plus libres et on avançait ensemble, on découvrait, et on pouvait se permettre d'aller plus en avant si ça nous intéressait ou d'écourter si on n'avait pas forcément envie. C'est cette liberté de non-programme et de non-note des élèves que j'ai vraiment le plus apprécié cette année. Ce que je souhaite à cette classe ? Qu'elle puisse se démultiplier, qu'elle puisse être sur les autres niveaux, puisque vu les bénéfices sur la relation à la discipline, je pense que ce serait vraiment profitable qu'on commence beaucoup plus tôt et qu'on ait des élèves sur quatre ans.

  • Extra classe

    Vous venez d'écouter un épisode des énergies scolaires. Si ça s'est bien passé, n'hésitez pas à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute. À bientôt sur Extra classe. Une production Réseau Canopé 2025.

Description

Découvrez la première Chaman, classe à horaires aménagés maths et numérique, au collège Jules-Verne de Buxerolles. Elle a été ouverte en septembre 2024 et confiée à Céline Naudin, une professeure de mathématiques qui travaille en partenariat avec l’espace Mendès-France, une association d’éveil à la culture scientifique, pour assurer les trois heures d’activité hebdomadaire. Dans cette option qui compte une majorité de filles et des élèves de tous niveaux, on prône un rapport décomplexé aux maths, le droit à l’erreur et une saine émulation. Ainsi les élèves peuvent s’initier sans pression à la programmation, la cryptologie, la robotique, et s’ouvrirent également à des activités, des défis et des métiers qui leur sont inconnus. À l’heure où le gouvernement annonce le plan « Filles et maths », cette initiative unique en son genre tombe à pic et ne demande qu’à faire des émules…

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Extra classe, un podcast produit par Réseau Canopé.
Émission préparée et réalisée par : Luc Taramini
Directrice de publication : Marie-Caroline Missir
Coordination et production : Hélène Audard, Magali Devance
Mixage : Myriam Naciri
Voix additionnelle : Magali Devance
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2025


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Transcription

  • Extra classe

    Bienvenue dans Les énergies scolaires, épisode 171. Extra classe.

  • Céline Naudin

    Je m'appelle Céline Naudin, je suis enseignante de mathématiques au collège Jules-Verne de Buxerolles. J'ai été 17 ans enseignante dans le 1er degré avant de passer dans le 2nd degré depuis 7 ans.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires.

  • Céline Naudin

    Ce matin, nous avons visité le laboratoire Xlim, un laboratoire d'informatique et d'imagerie qui dépend de l'université de Poitiers, à l'invitation d'Agnès Arnould, enseignante-chercheuse dans ce laboratoire, qui est en fait la marraine de la promotion de la classe Chaman [classe à horaires aménagés maths et numérique]. Elle nous a permis de découvrir les différentes activités de son laboratoire et de rencontrer différents personnels au sein du laboratoire.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Bonjour à tous ! Et toutes ! Bienvenue au laboratoire de mathématiques. C'est ici qu'on range les enseignants-chercheurs en mathématiques. Pour commencer votre visite, je vous propose d'écouter un exposé d'un enseignant-chercheur en mathématiques, Julien Michel, qui va vous faire un exposé qui s'appelle « À quoi servent les maths et les matheux et les matheuses ? »

  • Céline Naudin

    Au collège Jules-Verne, comme dans tous les collèges de France, on s'est rendu compte qu'on avait beaucoup d'élèves qui avaient peu d'appétence pour les mathématiques, qui venaient en cours un peu à reculons, et qui poursuivaient peu leurs études dans ce domaine-là, tous les élèves, mais surtout particulièrement les filles. Donc on s'est posé la question : comment leur donner envie ? Comment leur montrer que les mathématiques, c'était partout et qu'on pouvait en faire avec plaisir ? Et on a pris comme modèle les classes à horaires aménagés musique et théâtre. Donc on a choisi de proposer une option de trois heures. Une heure avec un enseignant de mathématiques du collège, en l'occurrence moi, et deux heures avec l'équivalent du conservatoire de musique et de théâtre : sur Poitiers, c'est le centre de culture scientifique, technique et industrielle, l'espace Mendès-Frances. Donc quand on a décidé d'ouvrir l'option, j'ai fait une présentation à toutes les classes de 4e. On a eu une trentaine de demandes, à notre grande surprise, parce qu'on n'avait pas vraiment anticipé s'il fallait choisir ou pas des élèves, on pensait qu'on aurait plus de mal à remplir. Comment choisir ? En fait, on a privilégié les filles, et un profil de curiosité. On n'a pas pris forcément les meilleurs élèves. On a pris des élèves de tous niveaux. Il y a des élèves excellents cette année, il y en a qui sont beaucoup plus en difficulté. Mais on voulait des élèves qui ont envie de chercher, qui sont curieux, qui veulent aller plus loin et pas un profil purement scolaire.

  • Visite de l'université

    Chut ! 30 secondes ! Il y a des étudiants qui passent leur examen dans l'amphithéâtre là, donc en passant dans le hall, on y va tranquille. On les laisse travailler.

  • Céline Naudin

    Les thèmes abordés sur ma partie à moi sur l'heure, en fait on a fait trois grosses parties. Une partie cryptologie, donc décodage de messages secrets sans avoir la clé de départ. On a travaillé à partir du concours Alkindi des années précédentes et des entraînements. Donc ils ont participé au concours Alkindi cette année. Ensuite on a fait de la programmation de jeux d'arcade avec Scratch. Et enfin, on a fait de la robotique. Donc là, on a utilisé des Lego Spike, dans lesquels il y a une brique de programmation et des capteurs, des moteurs, ce qui a permis de créer des robots qui suivent des lignes, qui ramassent des objets que d'une couleur et pas d'une autre, ce genre de petits défis. Alors, on a mené des projets sur du long terme, comme par exemple la réalisation d'un escape game, que les élèves de la classe Chaman vont faire vivre à d'autres classes du collège. Et en fait, je vais coordonner un petit peu l'ensemble du jeu. Et les intervenants de l'espace Mendès-France venaient faire des ateliers plus ponctuels, notamment sur de l'impression 3D et donc de la modélisation avec des logiciels spécifiques pour imprimer en trois dimensions les pièces du jeu ou pour préparer certaines énigmes du jeu. Il y a eu ce genre de choses. Après, il y avait certaines interventions de l'espace Mendès-France qui étaient plus déconnectées : ils ont fait de l'astronomie, ils ont réalisé un cadran solaire dans la cour du collège, ils ont créé des microfusées et ils les ont lancées. Donc il a fallu mesurer la hauteur. Et là on retrouve purement des enseignements mathématiques. Donc il y avait un lien entre l'espace Mendès-France et moi pour savoir où j'en étais dans le programme, s'ils pouvaient utiliser de la trigonométrie, théorème de Thalès ou ce genre de choses.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Bienvenue dans notre salle d'expérimentation. Je travaille pour une équipe qui s'intéresse à tout ce qui est perception visuelle. C'est notre perception visuelle. Tous les mécanismes qui impliquent notre perception avec le monde visuel qui nous entoure, que ce soit un monde réel ou un monde virtuel. Je vous ai préparé une démonstration avec une application de réalité virtuelle pour mieux vous expliquer ce qu'on fait. Par contre, j'aurais besoin d'un participant. Qui voudrait essayer ? Allez-y.

  • Céline Naudin

    La classe Chaman est ponctuée tout au cours de l'année d'événements particuliers. Donc, il y a eu un temps fort au mois de janvier qui est un séjour pédagogique à Paris, au cours duquel on a, chaque jour, fait une visite culturelle scientifique : une journée à la Cité des sciences, Palais de la découverte, Muséum d'histoire naturelle, Musée des mathématiques qui a ouvert l'année dernière. L'objectif, en fait, c'est vraiment un objectif d'ouverture, de montrer ce qui existe. Alors, je rappelle que le collège Jules-Verne est un collège REP dans lequel il y a 67 % de boursiers et 32 % sont des boursiers à taux 3, donc vivent sous le seuil de pauvreté. C'est un milieu avec des enfants qui n'ont pas forcément la possibilité de sortir, d'aller dans des musées, de voyager. Donc, c'est vraiment une ouverture et une découverte pour beaucoup d'élèves. Outre le voyage à Paris, il y a eu d'autres temps forts qui sont surtout des rencontres avec des chercheurs, des étudiants. Donc là, ce matin, on était au laboratoire Xlim avec Agnès Arnould, la chercheuse. On a aussi reçu des étudiants de l'ENSMA [École nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique]. L'objectif là encore, c'est de montrer ce qui existe en poursuite d'études et tous les possibles, ouvrir un peu l'univers culturel de nos élèves. Pour la suite, on espère que ça aura des incidences. On a prévu de faire une suivi de cohorte sur 5 ou 6 ans et de voir. Alors, on commence à voir des choses bouger. Je pense notamment à un élève cette année qui, suite à ce qu'il a fait, souhaite s'orienter en 2de professionnelle cybersécurité-informatique-électronique et a déjà anticipé sa poursuite d'études sur un BTS CIEL, donc cybersécurité, informatique [et réseaux], électronique, puisqu'il a rencontré les étudiants de cette formation en post-bac.

  • Accueil au labo par les chercheurs

    Donc moi, je m'appelle Wassim, je suis enseignant-chercheur ici. L'idée, c'est qu'on a deux casquettes. Donc on a une casquette enseignant, comme vos enseignants que vous avez. Et on a une casquette chercheur. Et le but de la recherche, en fait, ça va être de prendre des problèmes qui actuellement n'ont pas de solution et de trouver une solution. Et ça, on veut le faire potentiellement rapidement. Un exemple que je donnais à vos collègues, c'était le Covid. Quand le Covid est arrivé, on n'avait pas de vaccin. Il faut un vaccin. On veut le trouver. Ça, c'est le rôle de la recherche.

  • Céline Naudin

    La validation de leurs acquis se fait par les projets, la réussite de ce qu'ils font, la participation au concours et leurs résultats au concours s'ils le souhaitent. Il y a du défi et de l'émulation, mais entre eux, il n'y a pas d'objectif de performance, il y a vraiment juste un objectif de compétence. Et ça change énormément la façon de travailler, et surtout, vraiment particulièrement pour les filles, qui du coup osent, se sentent autorisées et ne travaillent pas de la même façon qu'en cours de maths. En tant qu'enseignante, j'ai apprécié de travailler différemment, sous forme de projet. J'ai apprécié, comme les élèves, qu'il n'y ait pas cette pression de notes, de programmes. On était beaucoup plus libres et on avançait ensemble, on découvrait, et on pouvait se permettre d'aller plus en avant si ça nous intéressait ou d'écourter si on n'avait pas forcément envie. C'est cette liberté de non-programme et de non-note des élèves que j'ai vraiment le plus apprécié cette année. Ce que je souhaite à cette classe ? Qu'elle puisse se démultiplier, qu'elle puisse être sur les autres niveaux, puisque vu les bénéfices sur la relation à la discipline, je pense que ce serait vraiment profitable qu'on commence beaucoup plus tôt et qu'on ait des élèves sur quatre ans.

  • Extra classe

    Vous venez d'écouter un épisode des énergies scolaires. Si ça s'est bien passé, n'hésitez pas à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute. À bientôt sur Extra classe. Une production Réseau Canopé 2025.

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