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Extra classe, accompagner les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques et leur formation

Retour au lycée pro : le microlycée pour retrouver la motivation - Les énergies scolaires #203

Retour au lycée pro : le microlycée pour retrouver la motivation - Les énergies scolaires #203

06min |12/08/2026
Play
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Retour au lycée pro : le microlycée pour retrouver la motivation - Les énergies scolaires #203

Retour au lycée pro : le microlycée pour retrouver la motivation - Les énergies scolaires #203

06min |12/08/2026
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Description

Marcus Miravoutin, professeur de lettres-histoire-géographie en lycée pro, partage son expérience au microlycée : un dispositif innovant pour des élèves décrocheurs. Ici, pas de classe surchargée, mais un suivi personnalisé où chacun devient acteur de sa réussite. Résultat ? De la motivation, des bacs obtenus et des parcours redynamisés. Une bel exemple d'une école qui s’invente autrement.

Ces épisodes Extra classe peuvent vous intéresser :

Vous pouvez également consulter la vidéo Canotech : Les structures de retour à l'école : microcollèges et microlycées (Réseau Canopé, 2022).

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Et rejoignez-nous sur le groupe Facebook « Extra classe - Podcast et enseignement ».

Extra classe à écouter et à partager sur toutes vos plateformes de podcasts :
https://smartlink.ausha.co/extra-classe

Extra classe, le podcast produit par Réseau Canopé.
Épisode préparé et réalisé par : Louis Compoint
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard, Magali Devance
Mixage : Laurent Gaillard, Henry de Monterno
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2026


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Marcus Miravoutin

    Marcus Miravoutin, je suis professeur en lycée professionnel et j'enseigne les lettres et l'histoire-géographie. J'enseigne également en microlycée.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire. Épisode 203.

  • Accueil au microlycée

    « Voilà, nous sommes devant la salle du microlycée, je vous invite à rentrer. »

  • Marcus Miravoutin

    Alors le microlycée se situe au lycée Patu-de-Rosemont de Saint-Benoît, à l'île de La Réunion. C'est un dispositif dont l'objectif, c'est de raccrocher des élèves qui sont sortis du système scolaire sans diplôme, sans le bac notamment. Donc notre but, nous, c'est de les remotiver, leur donner de l'envie, de l'espoir même, afin qu'ils puissent à nouveau reprendre confiance en eux. Le microlycée se décline en deux niveaux, une 1re bac pro et une terminale. Les élèves se positionnent en fonction de leur spécialité. Pour les matières générales, on les regroupe tous : français, histoire-géo, l'anglais, les maths. On travaille collectivement. On essaie d'adapter nos séances en fonction de cette hétérogénéité. Quand il s'agit des cours professionnels, les élèves rejoignent les plateaux techniques, ils intègrent les différentes classes classiques.

  • Échange avec un élève

    « Alors, on va faire un petit peu le point sur ton parcours, ton ressenti par rapport au microlycée. » « Moi, j'étais à Mayotte. J'ai vécu à Mayotte depuis tout petit. J'étais à l'école là-bas. Mais après tout ce qui se passe là-bas, les délinquants, tout ça, ma mère a préféré que je vienne à La Réunion pour venir continuer mes études. » « D'accord. » « Et lorsque je suis venu ici, je ne trouvais pas d'école, je cherchais partout et je suis allé au COI. » « CIO. Donc tu as connu le microlycée. » « Pour moi, dans une classe de microlycée, je trouve qu'on avance plus vu qu'on est moins. Et dans une classe normale, il y a un certain bavardage, tout ça. Et moi, je vois qu'ici, je m'améliore plus. »

  • Marcus Miravoutin

    Ça peut aller de 16 à 23 ans. Ça peut aller de l'élève qui est complètement démotivé, qui a quitté le système scolaire et qui est un petit peu comme ça en errance, pas trop de projets et qui revient, donc qu'on essaie de remotiver. Ou bien tout simplement des jeunes qui ont quitté le système pour des raisons familiales, des raisons personnelles, plus ou moins sérieuses, et qui... ces derniers prennent conscience de l'importance du diplôme, de l'importance de se construire un avenir, une vie, et qui viennent nous voir. Il y a des élèves qui reviennent avec un niveau très très faible, et d'autres qui sont un peu plus dégourdis, disposés pour les apprentissages. Donc on doit composer avec ce public-là, ce qui rend la tâche un peu plus difficile, mais c'est quand même un challenge pour nous de lisser tout ça, d'essayer de tirer le plus grand nombre vers le haut et les amener vers la réussite.

  • Échange en classe

    « C'est quelque chose de très fort qui va être mis en place, qu'on utilise encore aujourd'hui, qui nous aide beaucoup. » « La sécurité sociale. » « Voilà, la sécurité sociale va être instituée. Et ça sert à quoi la sécurité sociale ? »

  • Marcus Miravoutin

    Ce sont des élèves qui ont un parcours difficile et qui ont su développer des mécanismes de réactivité face à l'adversité, face à des difficultés. Et quand ils arrivent dans un tel dispositif, tous ces mécanismes-là sont activés. Et ils ont envie de se battre, ils ont envie de s'accrocher. Et comme cible, c'est le bac. Et à chaque fois, c'est un leitmotiv. Donc tout au long de l'année, tout au long de la progression, il y a toujours ce rappel. Dans quel objectif on travaille ? C'est vraiment décrocher ce sésame, parce qu'ils l'ont raté, ils ont raté le coche dans le dispositif classique. Leur montrer que tout est possible avec du travail, avec de la persévérance, cette envie d'avoir un projet, toujours un projet de vie. Ce qu'on leur apporte, c'est vraiment une attention personnalisée. Leur montrer que ce sont des personnes capables, qu'il faut absolument qu'elles reprennent confiance en elles, quels que soient leur trajectoire, leur vécu, rien n'est perdu. Donc au contraire, il y a de nouveaux challenges à relever et que nous, équipe du microlycée, on est là pour ça. Comme ces élèves sont plus mûrs, plus disposés, donc je privilégie une pédagogie axée sur l'autonomie. La pédagogie de la classe inversée fonctionne très bien avec eux. J'entame un thème en histoire, par exemple, dont je sais que les notions sont assez complexes. Je demande aux élèves de préparer. Je donne carrément pas mal de matières comme ça, brutes, que les élèves vont devoir trier, traiter, de telle sorte que quand ils reviennent en classe, dans le cadre d'une classe inversée, ils arrivent quand même avec des notions, des choses qu'ils ont déjà vues, et qu'ils sont prêts à investir en fait. Le lien que je peux avoir avec les lycéens du dispositif est complètement différent de celui que j'ai avec les élèves des classes classiques, puisque dans une classe de lycée pro classique, la mise en place du cours, c'est assez formel. Tandis qu'avec les lycéens en microlycée, c'est beaucoup plus convivial. On est beaucoup dans l'échange, on s'intéresse plus à leur vécu, à leur parcours. Et du coup, on développe énormément d'empathie. Pour moi, enseigner dans ce dispositif, c'est comme une respiration, comme un moment d'exercer pleinement mon métier d'enseignant. Puisque j'ai en face de moi des élèves qui ont les attentes, qui sont dans de bonnes dispositions d'apprentissage, et je n'ai pas de problème de discipline à régler. J'y vais avec grand plaisir, sachant que je vais enseigner, transmettre.

  • Extra classe

    Cet épisode vous a plu ? Abonnez-vous à la newsletter d'Extra classe pour prolonger l'expérience et découvrir notre programmation. Comment faire ? Le lien est dans le descriptif de l'épisode. À bientôt sur Extra classe. Extra classe, le podcast par Réseau Canopé. Une production 2026. Extra classe

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Marcus Miravoutin, professeur de lettres-histoire-géographie en lycée pro, partage son expérience au microlycée : un dispositif innovant pour des élèves décrocheurs. Ici, pas de classe surchargée, mais un suivi personnalisé où chacun devient acteur de sa réussite. Résultat ? De la motivation, des bacs obtenus et des parcours redynamisés. Une bel exemple d'une école qui s’invente autrement.

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  • Marcus Miravoutin

    Marcus Miravoutin, je suis professeur en lycée professionnel et j'enseigne les lettres et l'histoire-géographie. J'enseigne également en microlycée.

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    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire. Épisode 203.

  • Accueil au microlycée

    « Voilà, nous sommes devant la salle du microlycée, je vous invite à rentrer. »

  • Marcus Miravoutin

    Alors le microlycée se situe au lycée Patu-de-Rosemont de Saint-Benoît, à l'île de La Réunion. C'est un dispositif dont l'objectif, c'est de raccrocher des élèves qui sont sortis du système scolaire sans diplôme, sans le bac notamment. Donc notre but, nous, c'est de les remotiver, leur donner de l'envie, de l'espoir même, afin qu'ils puissent à nouveau reprendre confiance en eux. Le microlycée se décline en deux niveaux, une 1re bac pro et une terminale. Les élèves se positionnent en fonction de leur spécialité. Pour les matières générales, on les regroupe tous : français, histoire-géo, l'anglais, les maths. On travaille collectivement. On essaie d'adapter nos séances en fonction de cette hétérogénéité. Quand il s'agit des cours professionnels, les élèves rejoignent les plateaux techniques, ils intègrent les différentes classes classiques.

  • Échange avec un élève

    « Alors, on va faire un petit peu le point sur ton parcours, ton ressenti par rapport au microlycée. » « Moi, j'étais à Mayotte. J'ai vécu à Mayotte depuis tout petit. J'étais à l'école là-bas. Mais après tout ce qui se passe là-bas, les délinquants, tout ça, ma mère a préféré que je vienne à La Réunion pour venir continuer mes études. » « D'accord. » « Et lorsque je suis venu ici, je ne trouvais pas d'école, je cherchais partout et je suis allé au COI. » « CIO. Donc tu as connu le microlycée. » « Pour moi, dans une classe de microlycée, je trouve qu'on avance plus vu qu'on est moins. Et dans une classe normale, il y a un certain bavardage, tout ça. Et moi, je vois qu'ici, je m'améliore plus. »

  • Marcus Miravoutin

    Ça peut aller de 16 à 23 ans. Ça peut aller de l'élève qui est complètement démotivé, qui a quitté le système scolaire et qui est un petit peu comme ça en errance, pas trop de projets et qui revient, donc qu'on essaie de remotiver. Ou bien tout simplement des jeunes qui ont quitté le système pour des raisons familiales, des raisons personnelles, plus ou moins sérieuses, et qui... ces derniers prennent conscience de l'importance du diplôme, de l'importance de se construire un avenir, une vie, et qui viennent nous voir. Il y a des élèves qui reviennent avec un niveau très très faible, et d'autres qui sont un peu plus dégourdis, disposés pour les apprentissages. Donc on doit composer avec ce public-là, ce qui rend la tâche un peu plus difficile, mais c'est quand même un challenge pour nous de lisser tout ça, d'essayer de tirer le plus grand nombre vers le haut et les amener vers la réussite.

  • Échange en classe

    « C'est quelque chose de très fort qui va être mis en place, qu'on utilise encore aujourd'hui, qui nous aide beaucoup. » « La sécurité sociale. » « Voilà, la sécurité sociale va être instituée. Et ça sert à quoi la sécurité sociale ? »

  • Marcus Miravoutin

    Ce sont des élèves qui ont un parcours difficile et qui ont su développer des mécanismes de réactivité face à l'adversité, face à des difficultés. Et quand ils arrivent dans un tel dispositif, tous ces mécanismes-là sont activés. Et ils ont envie de se battre, ils ont envie de s'accrocher. Et comme cible, c'est le bac. Et à chaque fois, c'est un leitmotiv. Donc tout au long de l'année, tout au long de la progression, il y a toujours ce rappel. Dans quel objectif on travaille ? C'est vraiment décrocher ce sésame, parce qu'ils l'ont raté, ils ont raté le coche dans le dispositif classique. Leur montrer que tout est possible avec du travail, avec de la persévérance, cette envie d'avoir un projet, toujours un projet de vie. Ce qu'on leur apporte, c'est vraiment une attention personnalisée. Leur montrer que ce sont des personnes capables, qu'il faut absolument qu'elles reprennent confiance en elles, quels que soient leur trajectoire, leur vécu, rien n'est perdu. Donc au contraire, il y a de nouveaux challenges à relever et que nous, équipe du microlycée, on est là pour ça. Comme ces élèves sont plus mûrs, plus disposés, donc je privilégie une pédagogie axée sur l'autonomie. La pédagogie de la classe inversée fonctionne très bien avec eux. J'entame un thème en histoire, par exemple, dont je sais que les notions sont assez complexes. Je demande aux élèves de préparer. Je donne carrément pas mal de matières comme ça, brutes, que les élèves vont devoir trier, traiter, de telle sorte que quand ils reviennent en classe, dans le cadre d'une classe inversée, ils arrivent quand même avec des notions, des choses qu'ils ont déjà vues, et qu'ils sont prêts à investir en fait. Le lien que je peux avoir avec les lycéens du dispositif est complètement différent de celui que j'ai avec les élèves des classes classiques, puisque dans une classe de lycée pro classique, la mise en place du cours, c'est assez formel. Tandis qu'avec les lycéens en microlycée, c'est beaucoup plus convivial. On est beaucoup dans l'échange, on s'intéresse plus à leur vécu, à leur parcours. Et du coup, on développe énormément d'empathie. Pour moi, enseigner dans ce dispositif, c'est comme une respiration, comme un moment d'exercer pleinement mon métier d'enseignant. Puisque j'ai en face de moi des élèves qui ont les attentes, qui sont dans de bonnes dispositions d'apprentissage, et je n'ai pas de problème de discipline à régler. J'y vais avec grand plaisir, sachant que je vais enseigner, transmettre.

  • Extra classe

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    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire. Épisode 203.

  • Accueil au microlycée

    « Voilà, nous sommes devant la salle du microlycée, je vous invite à rentrer. »

  • Marcus Miravoutin

    Alors le microlycée se situe au lycée Patu-de-Rosemont de Saint-Benoît, à l'île de La Réunion. C'est un dispositif dont l'objectif, c'est de raccrocher des élèves qui sont sortis du système scolaire sans diplôme, sans le bac notamment. Donc notre but, nous, c'est de les remotiver, leur donner de l'envie, de l'espoir même, afin qu'ils puissent à nouveau reprendre confiance en eux. Le microlycée se décline en deux niveaux, une 1re bac pro et une terminale. Les élèves se positionnent en fonction de leur spécialité. Pour les matières générales, on les regroupe tous : français, histoire-géo, l'anglais, les maths. On travaille collectivement. On essaie d'adapter nos séances en fonction de cette hétérogénéité. Quand il s'agit des cours professionnels, les élèves rejoignent les plateaux techniques, ils intègrent les différentes classes classiques.

  • Échange avec un élève

    « Alors, on va faire un petit peu le point sur ton parcours, ton ressenti par rapport au microlycée. » « Moi, j'étais à Mayotte. J'ai vécu à Mayotte depuis tout petit. J'étais à l'école là-bas. Mais après tout ce qui se passe là-bas, les délinquants, tout ça, ma mère a préféré que je vienne à La Réunion pour venir continuer mes études. » « D'accord. » « Et lorsque je suis venu ici, je ne trouvais pas d'école, je cherchais partout et je suis allé au COI. » « CIO. Donc tu as connu le microlycée. » « Pour moi, dans une classe de microlycée, je trouve qu'on avance plus vu qu'on est moins. Et dans une classe normale, il y a un certain bavardage, tout ça. Et moi, je vois qu'ici, je m'améliore plus. »

  • Marcus Miravoutin

    Ça peut aller de 16 à 23 ans. Ça peut aller de l'élève qui est complètement démotivé, qui a quitté le système scolaire et qui est un petit peu comme ça en errance, pas trop de projets et qui revient, donc qu'on essaie de remotiver. Ou bien tout simplement des jeunes qui ont quitté le système pour des raisons familiales, des raisons personnelles, plus ou moins sérieuses, et qui... ces derniers prennent conscience de l'importance du diplôme, de l'importance de se construire un avenir, une vie, et qui viennent nous voir. Il y a des élèves qui reviennent avec un niveau très très faible, et d'autres qui sont un peu plus dégourdis, disposés pour les apprentissages. Donc on doit composer avec ce public-là, ce qui rend la tâche un peu plus difficile, mais c'est quand même un challenge pour nous de lisser tout ça, d'essayer de tirer le plus grand nombre vers le haut et les amener vers la réussite.

  • Échange en classe

    « C'est quelque chose de très fort qui va être mis en place, qu'on utilise encore aujourd'hui, qui nous aide beaucoup. » « La sécurité sociale. » « Voilà, la sécurité sociale va être instituée. Et ça sert à quoi la sécurité sociale ? »

  • Marcus Miravoutin

    Ce sont des élèves qui ont un parcours difficile et qui ont su développer des mécanismes de réactivité face à l'adversité, face à des difficultés. Et quand ils arrivent dans un tel dispositif, tous ces mécanismes-là sont activés. Et ils ont envie de se battre, ils ont envie de s'accrocher. Et comme cible, c'est le bac. Et à chaque fois, c'est un leitmotiv. Donc tout au long de l'année, tout au long de la progression, il y a toujours ce rappel. Dans quel objectif on travaille ? C'est vraiment décrocher ce sésame, parce qu'ils l'ont raté, ils ont raté le coche dans le dispositif classique. Leur montrer que tout est possible avec du travail, avec de la persévérance, cette envie d'avoir un projet, toujours un projet de vie. Ce qu'on leur apporte, c'est vraiment une attention personnalisée. Leur montrer que ce sont des personnes capables, qu'il faut absolument qu'elles reprennent confiance en elles, quels que soient leur trajectoire, leur vécu, rien n'est perdu. Donc au contraire, il y a de nouveaux challenges à relever et que nous, équipe du microlycée, on est là pour ça. Comme ces élèves sont plus mûrs, plus disposés, donc je privilégie une pédagogie axée sur l'autonomie. La pédagogie de la classe inversée fonctionne très bien avec eux. J'entame un thème en histoire, par exemple, dont je sais que les notions sont assez complexes. Je demande aux élèves de préparer. Je donne carrément pas mal de matières comme ça, brutes, que les élèves vont devoir trier, traiter, de telle sorte que quand ils reviennent en classe, dans le cadre d'une classe inversée, ils arrivent quand même avec des notions, des choses qu'ils ont déjà vues, et qu'ils sont prêts à investir en fait. Le lien que je peux avoir avec les lycéens du dispositif est complètement différent de celui que j'ai avec les élèves des classes classiques, puisque dans une classe de lycée pro classique, la mise en place du cours, c'est assez formel. Tandis qu'avec les lycéens en microlycée, c'est beaucoup plus convivial. On est beaucoup dans l'échange, on s'intéresse plus à leur vécu, à leur parcours. Et du coup, on développe énormément d'empathie. Pour moi, enseigner dans ce dispositif, c'est comme une respiration, comme un moment d'exercer pleinement mon métier d'enseignant. Puisque j'ai en face de moi des élèves qui ont les attentes, qui sont dans de bonnes dispositions d'apprentissage, et je n'ai pas de problème de discipline à régler. J'y vais avec grand plaisir, sachant que je vais enseigner, transmettre.

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    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire. Épisode 203.

  • Accueil au microlycée

    « Voilà, nous sommes devant la salle du microlycée, je vous invite à rentrer. »

  • Marcus Miravoutin

    Alors le microlycée se situe au lycée Patu-de-Rosemont de Saint-Benoît, à l'île de La Réunion. C'est un dispositif dont l'objectif, c'est de raccrocher des élèves qui sont sortis du système scolaire sans diplôme, sans le bac notamment. Donc notre but, nous, c'est de les remotiver, leur donner de l'envie, de l'espoir même, afin qu'ils puissent à nouveau reprendre confiance en eux. Le microlycée se décline en deux niveaux, une 1re bac pro et une terminale. Les élèves se positionnent en fonction de leur spécialité. Pour les matières générales, on les regroupe tous : français, histoire-géo, l'anglais, les maths. On travaille collectivement. On essaie d'adapter nos séances en fonction de cette hétérogénéité. Quand il s'agit des cours professionnels, les élèves rejoignent les plateaux techniques, ils intègrent les différentes classes classiques.

  • Échange avec un élève

    « Alors, on va faire un petit peu le point sur ton parcours, ton ressenti par rapport au microlycée. » « Moi, j'étais à Mayotte. J'ai vécu à Mayotte depuis tout petit. J'étais à l'école là-bas. Mais après tout ce qui se passe là-bas, les délinquants, tout ça, ma mère a préféré que je vienne à La Réunion pour venir continuer mes études. » « D'accord. » « Et lorsque je suis venu ici, je ne trouvais pas d'école, je cherchais partout et je suis allé au COI. » « CIO. Donc tu as connu le microlycée. » « Pour moi, dans une classe de microlycée, je trouve qu'on avance plus vu qu'on est moins. Et dans une classe normale, il y a un certain bavardage, tout ça. Et moi, je vois qu'ici, je m'améliore plus. »

  • Marcus Miravoutin

    Ça peut aller de 16 à 23 ans. Ça peut aller de l'élève qui est complètement démotivé, qui a quitté le système scolaire et qui est un petit peu comme ça en errance, pas trop de projets et qui revient, donc qu'on essaie de remotiver. Ou bien tout simplement des jeunes qui ont quitté le système pour des raisons familiales, des raisons personnelles, plus ou moins sérieuses, et qui... ces derniers prennent conscience de l'importance du diplôme, de l'importance de se construire un avenir, une vie, et qui viennent nous voir. Il y a des élèves qui reviennent avec un niveau très très faible, et d'autres qui sont un peu plus dégourdis, disposés pour les apprentissages. Donc on doit composer avec ce public-là, ce qui rend la tâche un peu plus difficile, mais c'est quand même un challenge pour nous de lisser tout ça, d'essayer de tirer le plus grand nombre vers le haut et les amener vers la réussite.

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    « C'est quelque chose de très fort qui va être mis en place, qu'on utilise encore aujourd'hui, qui nous aide beaucoup. » « La sécurité sociale. » « Voilà, la sécurité sociale va être instituée. Et ça sert à quoi la sécurité sociale ? »

  • Marcus Miravoutin

    Ce sont des élèves qui ont un parcours difficile et qui ont su développer des mécanismes de réactivité face à l'adversité, face à des difficultés. Et quand ils arrivent dans un tel dispositif, tous ces mécanismes-là sont activés. Et ils ont envie de se battre, ils ont envie de s'accrocher. Et comme cible, c'est le bac. Et à chaque fois, c'est un leitmotiv. Donc tout au long de l'année, tout au long de la progression, il y a toujours ce rappel. Dans quel objectif on travaille ? C'est vraiment décrocher ce sésame, parce qu'ils l'ont raté, ils ont raté le coche dans le dispositif classique. Leur montrer que tout est possible avec du travail, avec de la persévérance, cette envie d'avoir un projet, toujours un projet de vie. Ce qu'on leur apporte, c'est vraiment une attention personnalisée. Leur montrer que ce sont des personnes capables, qu'il faut absolument qu'elles reprennent confiance en elles, quels que soient leur trajectoire, leur vécu, rien n'est perdu. Donc au contraire, il y a de nouveaux challenges à relever et que nous, équipe du microlycée, on est là pour ça. Comme ces élèves sont plus mûrs, plus disposés, donc je privilégie une pédagogie axée sur l'autonomie. La pédagogie de la classe inversée fonctionne très bien avec eux. J'entame un thème en histoire, par exemple, dont je sais que les notions sont assez complexes. Je demande aux élèves de préparer. Je donne carrément pas mal de matières comme ça, brutes, que les élèves vont devoir trier, traiter, de telle sorte que quand ils reviennent en classe, dans le cadre d'une classe inversée, ils arrivent quand même avec des notions, des choses qu'ils ont déjà vues, et qu'ils sont prêts à investir en fait. Le lien que je peux avoir avec les lycéens du dispositif est complètement différent de celui que j'ai avec les élèves des classes classiques, puisque dans une classe de lycée pro classique, la mise en place du cours, c'est assez formel. Tandis qu'avec les lycéens en microlycée, c'est beaucoup plus convivial. On est beaucoup dans l'échange, on s'intéresse plus à leur vécu, à leur parcours. Et du coup, on développe énormément d'empathie. Pour moi, enseigner dans ce dispositif, c'est comme une respiration, comme un moment d'exercer pleinement mon métier d'enseignant. Puisque j'ai en face de moi des élèves qui ont les attentes, qui sont dans de bonnes dispositions d'apprentissage, et je n'ai pas de problème de discipline à régler. J'y vais avec grand plaisir, sachant que je vais enseigner, transmettre.

  • Extra classe

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