Caroline GalloyEn début d'année, on essaye de voir l'AESH ou les AESH avec lesquelles on va travailler dans l'année. Souvent, on a déjà travaillé avec, parce qu'il n'y a pas beaucoup de turnover dans mon collège. Et on voit avec elles quel élève elles vont suivre, si elles le connaissent déjà, si nous on le connaît déjà. Et quelles sont les difficultés de l'élève et comment on devra travailler avec lui et avec elles. Qui fait quoi ? Pour rappel, c'est que tout ce qui est pédagogique, didactique, c'est le prof qui fait. La majorité des adaptations, c'est aussi le prof, puisque c'est lui qui sait quel est l'objectif du travail qu'il va donner aux élèves, l'objectif de sa séquence, de sa leçon. Et par conséquent, après avoir discuté avec l'AESH, avoir observé l'élève, savoir quelles sont ses difficultés, c'est dire ce qu'il attend du travail de l'AESH. C'est-à-dire, par exemple, « j'aimerais que tu lui lises le texte, mais après tu le laisses répondre tout seul ». Ou alors, un autre exemple, c'est « là, il va falloir l'aider à se concentrer, parce que dans tant de temps, il faut que l'activité soit terminée ». Moi, j'ai toujours eu de la chance d'avoir une grande salle de classe. Donc en général, les élèves, ils sont avec leurs copains. Et l'AESH, elle se met sur une table d'appoint à côté de l'élève ou sur la même table que l'élève. Quand je fais mes synthèses aussi, je demande aussi le regard de l'AESH pour voir si on a bien la même vision de l'élève sur l'année. Parce que - j'avais parlé d'un écueil -, en fait, c'est que souvent, on se repose beaucoup sur l'AESH. Et que quand l'élève travaille, on ne va pas le voir, parce qu'il y a quelqu'un qui l'accompagne. Donc faire attention à ce qu'elle ne fasse pas écran, c'est-à-dire qu'elle nous remplace complètement, ou parfois qu'elle aille un peu trop loin dans l'aide apportée à l'élève. Chez nous, les élèves sont habitués justement à la présence des AESH, et ils ont souvent tendance à leur demander à elles de l'aide, et puis aux profs. Ne pas oublier que c'est nous l'enseignant, et c'est nous qui lui transmettons en fait le savoir, les informations, les explications aussi. Le but de tout accompagnement est de faire en sorte que l'élève devienne de plus en plus autonome. Souvent, en plus, ils n'ont pas d'accompagnement au lycée. Quand on a des élèves avec des troubles TSA assez forts ou alors des élèves avec des troubles du comportement, dans notre système, c'est souvent la même AESH qui suit l'élève. Et parfois, c'est un peu compliqué, elles sont épuisées. Soit elles peuvent tourner pour soulager une AESH, donc elles changent d'élève sur un temps donné. Soit c'est moi qui prends un peu le relais et qui m'assoie avec l'élève et qui tente de le remettre au travail. N'ayez pas peur de la présence d'une autre personne dans votre salle de classe et dites-vous bien que ce sera la seule qui rira vos blagues, la seule qui les comprend. Moi, je n'aime plus être toute seule en classe. Quand il n'y a personne, pas d'AESH et tout ça, je n'aime pas du tout. Je me sens toute seule. Quand il y a des classes avec des élèves en difficulté, si elles sont sympas, elles ne se concentrent pas que sur leur élève. Quand il est en autonomie, elles vont en aider d'autres. C'est un travail d'équipe.