Fanny GrauerC'est un vrai challenge pour le prof parce qu'on a 30 élèves et on va avoir 30 élèves différents de par leur posture scolaire ou par leurs besoins éducatifs particuliers. L'enjeu derrière, c'est de réfléchir à comment on va gérer cette diversité, tout ça avec beaucoup d'enfants dans la classe. Et donc, j'ai réfléchi à des outils qu'on peut mettre en place pour essayer de répondre à ces besoins différents de chaque élève. Par exemple, je travaille beaucoup en groupe. Au lieu d'avoir 30 individus, déjà on va faire travailler les élèves ensemble, donc avec 7 ou 8 groupes, hétérogènes aléatoires. Les élèves se retrouvent toutes les deux semaines à côté de nouveaux élèves avec lesquels ils doivent travailler. Les bons élèves vont travailler avec les élèves un peu plus en difficulté, donc ça force cette mise au travail coopérative. Et on voit des choses très intéressantes de ce partage des compétences entre élèves. Ensuite, on peut mettre en place différentes modalités d'activité dans le cadre d'une coopération. Par exemple, la classe puzzle. L'idée, c'est qu'au départ, les élèves vont travailler chacun sur un document différent. On peut, nous, différencier derrière les supports, c'est-à-dire prévoir des documents qui ont un niveau différent. Chaque document apporte comme une pièce du puzzle. Et les copains dans mon groupe, ils ont besoin de ce que moi je vais leur apporter pour répondre à la question finale. Chaque élève a son rôle à jouer. Il y a un autre outil qui est hyper intéressant, je trouve, c'est le système de la boucle évaluative, qui permet aux élèves de recommencer, de refaire une évaluation qu'ils auraient ratée, ou sur une partie qu'ils auraient ratée. Donc déjà, ça déstresse : « OK, donc là, je suis évalué, mais je sais que je vais pouvoir recommencer si aujourd'hui ça ne va pas, si aujourd'hui je n'ai pas compris, pour plein de raisons différentes. » Et donc, quand on rend les évaluations aux élèves, on peut demander aux élèves qui ont été en réussite de travailler avec ceux qui ont moins bien réussi pour qu'ensuite ceux-ci puissent recommencer l'évaluation en ayant compris leurs erreurs. Les outils de différenciation pédagogique sont des outils aussi très intéressants pour répondre à la diversité de nos élèves. La différenciation, ce n'est pas l'individualisation. À 30 élèves, l'individualisation, c'est très compliqué, très chronophage, on est d'accord. Mais les outils de différenciation, comme par exemple le principe des leçons à manipuler, l'explicitation des compétences, en fait, tout ça, ce sont des outils de différenciation qui ne sont pas à vocation de concerner tel ou tel élève, mais qui sont vraiment à vocation d'aller toucher, à un moment donné, un élève, parce que ça répond à ce moment-là à son besoin. L'important, c'est que chaque élève soit en réussite, bien sûr. C'est un challenge qui est super intéressant. Cette diversité, au final, c'est une chance. Ça fait des belles classes. Et pour nous, par rapport à notre travail, c'est ce qu'il y a de plus riche. Parce que ça va nous challenger et ça va nous faire réfléchir à nos pratiques pédagogiques.