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Extra classe, accompagner les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques et leur formation

Tous en cuisine : des ateliers d'éducation à l'alimentation dans les écoles de Manosque - Les énergies scolaires #194

Tous en cuisine : des ateliers d'éducation à l'alimentation dans les écoles de Manosque - Les énergies scolaires #194

08min |15/04/2026
Play
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Description

Comment rendre concrète et utile une éducation à l’alimentation auprès des élèves de primaire ? Anouch Bélassian, professeure des écoles à Manosque, s’est rapprochée de l’association « L’école comestible » pour proposer des ateliers théoriques et pratiques dans lesquels elle apprend aux élèves à mieux se nourrir. Elle bénéficie dans cette mission du soutien de son inspection ainsi que de la municipalité, qui a créé une cuisine pédagogique partagée pour ce projet. Les élèves de la commune y découvrent et manipulent des fruits et légumes bruts, locaux et de saison qu’ils cuisinent, mais pas uniquement... Ils abordent aussi concrètement les mathématiques, les sciences et la géographie à travers la cuisine. En impliquant les parents bénévoles et en formant d'autres collègues, Anouch veut faire de l'école un levier essentiel pour la santé des enfants. Au-delà d’une préoccupation pour la santé des élèves, c’est aussi un apprentissage de la collaboration et un éveil des sens.

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Extra classe, le podcast produit par Réseau Canopé.
Épisode préparé et réalisé par : Antoine Decroix
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard et Magali Devance
Mixage : Simon Gattegno
Photographie : Julie Vandal
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2026


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Anouch Bélassian

    Bonjour, je suis Anouch Bélassian, professeure des écoles depuis une vingtaine d'années et spécialisée en nutrition et santé, ambassadrice de l'école comestible dans le 04.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire, épisode 194.

  • Anouch Bélassian

    J'ai toujours essayé de pratiquer un peu la cuisine avec les enfants. Je me rappelle, il y a une quinzaine d'années, dans une classe de CM1, on avait fait toute une séquence sur l'alimentation, puis la digestion, en étant très en lien avec les programmes. Et donc, les parents étaient venus. Et c'est vrai que c'est un des moments un peu phares de cette volonté ensuite qui a grandi de faire de l'éducation à l'alimentation une éducation, j'allais dire, aussi importante que les mathématiques et le français. Parce qu'au fil des années, j'ai vu aussi les enfants avoir une alimentation qui s'est dégradée. Quand ils sont revenus après cette période de confinement, ils sont arrivés avec, je pense, entre 3 et 5 kilos en plus. Et là, c'était un deuxième appel en se disant qu'il faut faire quelque chose. Comme quand on apprend des verbes du premier groupe et qu'on les voit pendant 3 à 6 ans, eh bien là, au niveau de l'alimentation, on comprenne qu'est-ce qu'il faut manger, pourquoi il faut le manger et comment on peut le manger.

  • Échange avec les élèves

    On va pouvoir toucher, on va pouvoir sentir, on va regarder, on va parfois écouter. Et tout ça, ça va aiguiser notre appétit.

  • Anouch Bélassian

    Je suis retournée sur les bancs universitaires de la Timone, où j'ai passé un DU [diplôme universitaire] en nutrition et santé. J'ai eu mon diplôme avec grand bonheur. C'était vraiment en appuyant sur le fait de montrer que l'école pouvait être un levier, justement pour que les enfants puissent consommer autrement. Et parallèlement à ça, j'ai découvert l'école comestible, qui est l'association maintenant pour laquelle je suis aussi référente ambassadrice. L'objectif de cette association, c'est de proposer des ateliers à la fois théoriques et pratiques, qui permettent d'aborder différentes thématiques, et qui permettent aux enfants de comprendre ce que c'est que de manger avec des produits bruts, de saison, en circuit court, locaux, de préférence bio. Et quelles sont les raisons pour lesquelles il faut privilégier cette alimentation-là - du fait maison - et non pas aller toujours vers de l'industrialisation. Et puis ensuite, j'ai eu vraiment le soutien de mon inspecteur qui est venu voir plusieurs ateliers et qui a trouvé que c'était une pédagogie très intéressante à mettre en place. J'ai monté un projet NEFLE qui m'a permis d'avoir un certain budget pour acheter du matériel. Et comme je commençais à faire des ateliers pour différentes classes, différentes écoles, le bouche-à-oreille fonctionne bien, la communication fonctionne bien, donc la municipalité a eu écho de ce projet et l'a intégré dans son PEDT [projet éducatif territorial]. Ce qui fait qu'il y a eu un soutien aussi financier pour pouvoir faire des interventions extérieures, parce que l'école comestible, ça permet aussi d'aller à la rencontre d'artisans, de producteurs. Et au fur et à mesure, ça a pris une certaine ampleur puisqu'il y a une cuisine qui a été mise en place. Et cette cuisine, maintenant, elle permet d'accueillir chaque semaine quatre classes pour pouvoir faire des ateliers. Et les enfants sont toujours à l'école, mais ils sont à l'école comestible. Alors, ils me disent souvent, quand ils ont bien compris ce que ça voulait dire, ils me disent souvent : « Mais alors ça veut dire que c'est une école qu'on peut manger. »

  • Échange avec les élèves

    N'hésitez pas à aller goûter les sauces des autres après. Hum, elle est trop bonne. C'est pas trop piquant ? Ah oui, j'ai senti un truc là ! Pour moi, c'est acide.

  • Anouch Bélassian

    On y trouve de la vaisselle, des placards, tout ce qui va nous permettre de faire de la bonne nourriture faite maison. Il y a des parents qui sont là pour participer aux ateliers, qui encadrent, qui aident, qui mettent aussi en sécurité les enfants. Il y a des échanges, de la coopération, de la collaboration, de la patience. Il y a de l'écoute. Et puis, il y a de la découpe. Il y a plein d'outils. Il y a plein de découvertes. Et surtout, ce qu'il y a le plus, c'est des légumes. Il y a plein de légumes. Voilà, des légumes racines, des légumes feuilles, des légumes fleurs. Et il y a beaucoup d'appétence et d'appétit.

  • Échange avec les élèves

    Est-ce qu'on va mettre du piquant ? Tu peux même incliner un peu le bol. Ouais, super.

  • Anouch Bélassian

    Pour la cagette de saison, en fonction des niveaux de classe, on va être sur quelque chose de très ludique avec des boîtes mystères. Alors que quand on est avec des plus grands, on va être plus sur de l'observation, du toucher. Même si à tous les niveaux, on fait appel au sens parce que c'est inhérent à la compréhension et à l'apprentissage. Et après, quand on a bien compris ce que c'était qu'un légume ou un goût ou une graine, effectivement, en fonction de la thématique abordée, on rentre en cuisine, on réalise une recette qui est en lien avec le thème qu'on aura abordé en amont, et après, on la déguste ensemble. On va pouvoir aborder la géographie en fonction d'une recette : quand on parle des pâtes, on parle de l'Italie. En mathématiques, c'est vrai qu'il y a énormément à voir aussi au niveau des pesées, de la mesure, de la masse. Les multiplications, on les utilise tout le temps parce que je m'amuse aussi avec eux, vu qu'ils ne savent pas que je suis enseignante, mais du coup, je connais bien les programmes, donc je m'amuse aussi avec eux par rapport à ça en leur disant : « Là, la recette, elle est pour quatre, nous, on est huit. Comment est-ce qu'il faut qu'on fasse ? » On parle beaucoup des fractions aussi, et je ne vous ai pas parlé des sciences. Donc on s'éloigne vraiment du simple fait de la cuisine, même si c'est une des priorités, mais ça va beaucoup plus loin que ça. Moi, c'est un parti pris vraiment de demander à ce que les parents qui ont envie puissent participer en tant que bénévoles. Parce qu'en fait, on a nos élèves, on les a six heures par jour, et l'école, on la veut normalement ouverte et c'est une très belle façon de pouvoir ouvrir l'école aux parents. Et c'est un vrai bonheur. Très sincèrement, c'est un vrai bonheur parce que pour les enseignants aussi, les enseignants qui accompagnent leur classe, c'est un vrai moment fort de rencontrer les parents.

  • Échange avec les élèves

    J'ai expliqué à vos parents tout à l'heure que pour le sucré, il faut en mettre au maximum la moitié d'une petite cuillère à café. Pas plus. La moitié d'une petite cuillère à café. Et sinon, vous pouvez rajouter un peu de piquant. Alors la moutarde, elle ne se veut pas piquante, mais bon, quand même. Et vous avez une sorte de tabasco. Ça, c'est fort !

  • Anouch Bélassian

    J'ai été ravie de pouvoir commencer cette année la formation d'enseignants. Et j'ai mené ces deux journées de formation en me disant, voilà, lorsque ces enseignants vont repartir, il faut qu'ils puissent proposer à leurs élèves des choses simples, comme la présentation d'un légume de façon ritualisée, comme on ferait une addition posée de façon ritualisée jusqu'à ce que ce soit acquis. Pareil, on prend un légume de telle saison, on l'étudie pendant une semaine, on le dessine, on le touche, on le sent, on fait un copie-dessine par rapport à ce légume-là et à la fin, on le découpe, on le goûte cru, on le goûte cuit.

  • Échange avec les élèves

    Lucas, il vient de nous parler de la... ? Betterave ! La betterave. Celle-là, c'est une betterave un peu particulière. Vous êtes prêts ? Elle est trop belle ! Alors là, en plus, elle a une forme qui fait un cœur quand même. Vous avez vu ? C'est trop beau. Elle vous donne envie d'être mangée ou pas celle-là ? Oui. Ben voilà. Donc tout à l'heure, vous pourrez la découvrir au niveau gustatif.

  • Anouch Bélassian

    Quand les enseignants viennent me dire « j'ai plein d'idées, j'ai envie de me lancer, tu nous as motivés », et ça, c'est formidable, qu'ils repartent en me disant « aujourd'hui, c'était mercredi, normalement, on ne travaille pas, mais j'étais trop contente de pouvoir venir me former » [rires]. Et puis qu'ils repartent en ayant le sourire.

  • Extra classe

    Cet épisode vous a plu ? Rejoignez-nous sur le groupe Facebook « Extra classe - Podcast et enseignement » pour continuer à en parler. À bientôt sur Extra classe. Extra classe, le podcast par Réseau Canopé. Une production 2026. Extra classe.

Description

Comment rendre concrète et utile une éducation à l’alimentation auprès des élèves de primaire ? Anouch Bélassian, professeure des écoles à Manosque, s’est rapprochée de l’association « L’école comestible » pour proposer des ateliers théoriques et pratiques dans lesquels elle apprend aux élèves à mieux se nourrir. Elle bénéficie dans cette mission du soutien de son inspection ainsi que de la municipalité, qui a créé une cuisine pédagogique partagée pour ce projet. Les élèves de la commune y découvrent et manipulent des fruits et légumes bruts, locaux et de saison qu’ils cuisinent, mais pas uniquement... Ils abordent aussi concrètement les mathématiques, les sciences et la géographie à travers la cuisine. En impliquant les parents bénévoles et en formant d'autres collègues, Anouch veut faire de l'école un levier essentiel pour la santé des enfants. Au-delà d’une préoccupation pour la santé des élèves, c’est aussi un apprentissage de la collaboration et un éveil des sens.

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Épisode préparé et réalisé par : Antoine Decroix
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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  • Anouch Bélassian

    Bonjour, je suis Anouch Bélassian, professeure des écoles depuis une vingtaine d'années et spécialisée en nutrition et santé, ambassadrice de l'école comestible dans le 04.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire, épisode 194.

  • Anouch Bélassian

    J'ai toujours essayé de pratiquer un peu la cuisine avec les enfants. Je me rappelle, il y a une quinzaine d'années, dans une classe de CM1, on avait fait toute une séquence sur l'alimentation, puis la digestion, en étant très en lien avec les programmes. Et donc, les parents étaient venus. Et c'est vrai que c'est un des moments un peu phares de cette volonté ensuite qui a grandi de faire de l'éducation à l'alimentation une éducation, j'allais dire, aussi importante que les mathématiques et le français. Parce qu'au fil des années, j'ai vu aussi les enfants avoir une alimentation qui s'est dégradée. Quand ils sont revenus après cette période de confinement, ils sont arrivés avec, je pense, entre 3 et 5 kilos en plus. Et là, c'était un deuxième appel en se disant qu'il faut faire quelque chose. Comme quand on apprend des verbes du premier groupe et qu'on les voit pendant 3 à 6 ans, eh bien là, au niveau de l'alimentation, on comprenne qu'est-ce qu'il faut manger, pourquoi il faut le manger et comment on peut le manger.

  • Échange avec les élèves

    On va pouvoir toucher, on va pouvoir sentir, on va regarder, on va parfois écouter. Et tout ça, ça va aiguiser notre appétit.

  • Anouch Bélassian

    Je suis retournée sur les bancs universitaires de la Timone, où j'ai passé un DU [diplôme universitaire] en nutrition et santé. J'ai eu mon diplôme avec grand bonheur. C'était vraiment en appuyant sur le fait de montrer que l'école pouvait être un levier, justement pour que les enfants puissent consommer autrement. Et parallèlement à ça, j'ai découvert l'école comestible, qui est l'association maintenant pour laquelle je suis aussi référente ambassadrice. L'objectif de cette association, c'est de proposer des ateliers à la fois théoriques et pratiques, qui permettent d'aborder différentes thématiques, et qui permettent aux enfants de comprendre ce que c'est que de manger avec des produits bruts, de saison, en circuit court, locaux, de préférence bio. Et quelles sont les raisons pour lesquelles il faut privilégier cette alimentation-là - du fait maison - et non pas aller toujours vers de l'industrialisation. Et puis ensuite, j'ai eu vraiment le soutien de mon inspecteur qui est venu voir plusieurs ateliers et qui a trouvé que c'était une pédagogie très intéressante à mettre en place. J'ai monté un projet NEFLE qui m'a permis d'avoir un certain budget pour acheter du matériel. Et comme je commençais à faire des ateliers pour différentes classes, différentes écoles, le bouche-à-oreille fonctionne bien, la communication fonctionne bien, donc la municipalité a eu écho de ce projet et l'a intégré dans son PEDT [projet éducatif territorial]. Ce qui fait qu'il y a eu un soutien aussi financier pour pouvoir faire des interventions extérieures, parce que l'école comestible, ça permet aussi d'aller à la rencontre d'artisans, de producteurs. Et au fur et à mesure, ça a pris une certaine ampleur puisqu'il y a une cuisine qui a été mise en place. Et cette cuisine, maintenant, elle permet d'accueillir chaque semaine quatre classes pour pouvoir faire des ateliers. Et les enfants sont toujours à l'école, mais ils sont à l'école comestible. Alors, ils me disent souvent, quand ils ont bien compris ce que ça voulait dire, ils me disent souvent : « Mais alors ça veut dire que c'est une école qu'on peut manger. »

  • Échange avec les élèves

    N'hésitez pas à aller goûter les sauces des autres après. Hum, elle est trop bonne. C'est pas trop piquant ? Ah oui, j'ai senti un truc là ! Pour moi, c'est acide.

  • Anouch Bélassian

    On y trouve de la vaisselle, des placards, tout ce qui va nous permettre de faire de la bonne nourriture faite maison. Il y a des parents qui sont là pour participer aux ateliers, qui encadrent, qui aident, qui mettent aussi en sécurité les enfants. Il y a des échanges, de la coopération, de la collaboration, de la patience. Il y a de l'écoute. Et puis, il y a de la découpe. Il y a plein d'outils. Il y a plein de découvertes. Et surtout, ce qu'il y a le plus, c'est des légumes. Il y a plein de légumes. Voilà, des légumes racines, des légumes feuilles, des légumes fleurs. Et il y a beaucoup d'appétence et d'appétit.

  • Échange avec les élèves

    Est-ce qu'on va mettre du piquant ? Tu peux même incliner un peu le bol. Ouais, super.

  • Anouch Bélassian

    Pour la cagette de saison, en fonction des niveaux de classe, on va être sur quelque chose de très ludique avec des boîtes mystères. Alors que quand on est avec des plus grands, on va être plus sur de l'observation, du toucher. Même si à tous les niveaux, on fait appel au sens parce que c'est inhérent à la compréhension et à l'apprentissage. Et après, quand on a bien compris ce que c'était qu'un légume ou un goût ou une graine, effectivement, en fonction de la thématique abordée, on rentre en cuisine, on réalise une recette qui est en lien avec le thème qu'on aura abordé en amont, et après, on la déguste ensemble. On va pouvoir aborder la géographie en fonction d'une recette : quand on parle des pâtes, on parle de l'Italie. En mathématiques, c'est vrai qu'il y a énormément à voir aussi au niveau des pesées, de la mesure, de la masse. Les multiplications, on les utilise tout le temps parce que je m'amuse aussi avec eux, vu qu'ils ne savent pas que je suis enseignante, mais du coup, je connais bien les programmes, donc je m'amuse aussi avec eux par rapport à ça en leur disant : « Là, la recette, elle est pour quatre, nous, on est huit. Comment est-ce qu'il faut qu'on fasse ? » On parle beaucoup des fractions aussi, et je ne vous ai pas parlé des sciences. Donc on s'éloigne vraiment du simple fait de la cuisine, même si c'est une des priorités, mais ça va beaucoup plus loin que ça. Moi, c'est un parti pris vraiment de demander à ce que les parents qui ont envie puissent participer en tant que bénévoles. Parce qu'en fait, on a nos élèves, on les a six heures par jour, et l'école, on la veut normalement ouverte et c'est une très belle façon de pouvoir ouvrir l'école aux parents. Et c'est un vrai bonheur. Très sincèrement, c'est un vrai bonheur parce que pour les enseignants aussi, les enseignants qui accompagnent leur classe, c'est un vrai moment fort de rencontrer les parents.

  • Échange avec les élèves

    J'ai expliqué à vos parents tout à l'heure que pour le sucré, il faut en mettre au maximum la moitié d'une petite cuillère à café. Pas plus. La moitié d'une petite cuillère à café. Et sinon, vous pouvez rajouter un peu de piquant. Alors la moutarde, elle ne se veut pas piquante, mais bon, quand même. Et vous avez une sorte de tabasco. Ça, c'est fort !

  • Anouch Bélassian

    J'ai été ravie de pouvoir commencer cette année la formation d'enseignants. Et j'ai mené ces deux journées de formation en me disant, voilà, lorsque ces enseignants vont repartir, il faut qu'ils puissent proposer à leurs élèves des choses simples, comme la présentation d'un légume de façon ritualisée, comme on ferait une addition posée de façon ritualisée jusqu'à ce que ce soit acquis. Pareil, on prend un légume de telle saison, on l'étudie pendant une semaine, on le dessine, on le touche, on le sent, on fait un copie-dessine par rapport à ce légume-là et à la fin, on le découpe, on le goûte cru, on le goûte cuit.

  • Échange avec les élèves

    Lucas, il vient de nous parler de la... ? Betterave ! La betterave. Celle-là, c'est une betterave un peu particulière. Vous êtes prêts ? Elle est trop belle ! Alors là, en plus, elle a une forme qui fait un cœur quand même. Vous avez vu ? C'est trop beau. Elle vous donne envie d'être mangée ou pas celle-là ? Oui. Ben voilà. Donc tout à l'heure, vous pourrez la découvrir au niveau gustatif.

  • Anouch Bélassian

    Quand les enseignants viennent me dire « j'ai plein d'idées, j'ai envie de me lancer, tu nous as motivés », et ça, c'est formidable, qu'ils repartent en me disant « aujourd'hui, c'était mercredi, normalement, on ne travaille pas, mais j'étais trop contente de pouvoir venir me former » [rires]. Et puis qu'ils repartent en ayant le sourire.

  • Extra classe

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    Bonjour, je suis Anouch Bélassian, professeure des écoles depuis une vingtaine d'années et spécialisée en nutrition et santé, ambassadrice de l'école comestible dans le 04.

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    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire, épisode 194.

  • Anouch Bélassian

    J'ai toujours essayé de pratiquer un peu la cuisine avec les enfants. Je me rappelle, il y a une quinzaine d'années, dans une classe de CM1, on avait fait toute une séquence sur l'alimentation, puis la digestion, en étant très en lien avec les programmes. Et donc, les parents étaient venus. Et c'est vrai que c'est un des moments un peu phares de cette volonté ensuite qui a grandi de faire de l'éducation à l'alimentation une éducation, j'allais dire, aussi importante que les mathématiques et le français. Parce qu'au fil des années, j'ai vu aussi les enfants avoir une alimentation qui s'est dégradée. Quand ils sont revenus après cette période de confinement, ils sont arrivés avec, je pense, entre 3 et 5 kilos en plus. Et là, c'était un deuxième appel en se disant qu'il faut faire quelque chose. Comme quand on apprend des verbes du premier groupe et qu'on les voit pendant 3 à 6 ans, eh bien là, au niveau de l'alimentation, on comprenne qu'est-ce qu'il faut manger, pourquoi il faut le manger et comment on peut le manger.

  • Échange avec les élèves

    On va pouvoir toucher, on va pouvoir sentir, on va regarder, on va parfois écouter. Et tout ça, ça va aiguiser notre appétit.

  • Anouch Bélassian

    Je suis retournée sur les bancs universitaires de la Timone, où j'ai passé un DU [diplôme universitaire] en nutrition et santé. J'ai eu mon diplôme avec grand bonheur. C'était vraiment en appuyant sur le fait de montrer que l'école pouvait être un levier, justement pour que les enfants puissent consommer autrement. Et parallèlement à ça, j'ai découvert l'école comestible, qui est l'association maintenant pour laquelle je suis aussi référente ambassadrice. L'objectif de cette association, c'est de proposer des ateliers à la fois théoriques et pratiques, qui permettent d'aborder différentes thématiques, et qui permettent aux enfants de comprendre ce que c'est que de manger avec des produits bruts, de saison, en circuit court, locaux, de préférence bio. Et quelles sont les raisons pour lesquelles il faut privilégier cette alimentation-là - du fait maison - et non pas aller toujours vers de l'industrialisation. Et puis ensuite, j'ai eu vraiment le soutien de mon inspecteur qui est venu voir plusieurs ateliers et qui a trouvé que c'était une pédagogie très intéressante à mettre en place. J'ai monté un projet NEFLE qui m'a permis d'avoir un certain budget pour acheter du matériel. Et comme je commençais à faire des ateliers pour différentes classes, différentes écoles, le bouche-à-oreille fonctionne bien, la communication fonctionne bien, donc la municipalité a eu écho de ce projet et l'a intégré dans son PEDT [projet éducatif territorial]. Ce qui fait qu'il y a eu un soutien aussi financier pour pouvoir faire des interventions extérieures, parce que l'école comestible, ça permet aussi d'aller à la rencontre d'artisans, de producteurs. Et au fur et à mesure, ça a pris une certaine ampleur puisqu'il y a une cuisine qui a été mise en place. Et cette cuisine, maintenant, elle permet d'accueillir chaque semaine quatre classes pour pouvoir faire des ateliers. Et les enfants sont toujours à l'école, mais ils sont à l'école comestible. Alors, ils me disent souvent, quand ils ont bien compris ce que ça voulait dire, ils me disent souvent : « Mais alors ça veut dire que c'est une école qu'on peut manger. »

  • Échange avec les élèves

    N'hésitez pas à aller goûter les sauces des autres après. Hum, elle est trop bonne. C'est pas trop piquant ? Ah oui, j'ai senti un truc là ! Pour moi, c'est acide.

  • Anouch Bélassian

    On y trouve de la vaisselle, des placards, tout ce qui va nous permettre de faire de la bonne nourriture faite maison. Il y a des parents qui sont là pour participer aux ateliers, qui encadrent, qui aident, qui mettent aussi en sécurité les enfants. Il y a des échanges, de la coopération, de la collaboration, de la patience. Il y a de l'écoute. Et puis, il y a de la découpe. Il y a plein d'outils. Il y a plein de découvertes. Et surtout, ce qu'il y a le plus, c'est des légumes. Il y a plein de légumes. Voilà, des légumes racines, des légumes feuilles, des légumes fleurs. Et il y a beaucoup d'appétence et d'appétit.

  • Échange avec les élèves

    Est-ce qu'on va mettre du piquant ? Tu peux même incliner un peu le bol. Ouais, super.

  • Anouch Bélassian

    Pour la cagette de saison, en fonction des niveaux de classe, on va être sur quelque chose de très ludique avec des boîtes mystères. Alors que quand on est avec des plus grands, on va être plus sur de l'observation, du toucher. Même si à tous les niveaux, on fait appel au sens parce que c'est inhérent à la compréhension et à l'apprentissage. Et après, quand on a bien compris ce que c'était qu'un légume ou un goût ou une graine, effectivement, en fonction de la thématique abordée, on rentre en cuisine, on réalise une recette qui est en lien avec le thème qu'on aura abordé en amont, et après, on la déguste ensemble. On va pouvoir aborder la géographie en fonction d'une recette : quand on parle des pâtes, on parle de l'Italie. En mathématiques, c'est vrai qu'il y a énormément à voir aussi au niveau des pesées, de la mesure, de la masse. Les multiplications, on les utilise tout le temps parce que je m'amuse aussi avec eux, vu qu'ils ne savent pas que je suis enseignante, mais du coup, je connais bien les programmes, donc je m'amuse aussi avec eux par rapport à ça en leur disant : « Là, la recette, elle est pour quatre, nous, on est huit. Comment est-ce qu'il faut qu'on fasse ? » On parle beaucoup des fractions aussi, et je ne vous ai pas parlé des sciences. Donc on s'éloigne vraiment du simple fait de la cuisine, même si c'est une des priorités, mais ça va beaucoup plus loin que ça. Moi, c'est un parti pris vraiment de demander à ce que les parents qui ont envie puissent participer en tant que bénévoles. Parce qu'en fait, on a nos élèves, on les a six heures par jour, et l'école, on la veut normalement ouverte et c'est une très belle façon de pouvoir ouvrir l'école aux parents. Et c'est un vrai bonheur. Très sincèrement, c'est un vrai bonheur parce que pour les enseignants aussi, les enseignants qui accompagnent leur classe, c'est un vrai moment fort de rencontrer les parents.

  • Échange avec les élèves

    J'ai expliqué à vos parents tout à l'heure que pour le sucré, il faut en mettre au maximum la moitié d'une petite cuillère à café. Pas plus. La moitié d'une petite cuillère à café. Et sinon, vous pouvez rajouter un peu de piquant. Alors la moutarde, elle ne se veut pas piquante, mais bon, quand même. Et vous avez une sorte de tabasco. Ça, c'est fort !

  • Anouch Bélassian

    J'ai été ravie de pouvoir commencer cette année la formation d'enseignants. Et j'ai mené ces deux journées de formation en me disant, voilà, lorsque ces enseignants vont repartir, il faut qu'ils puissent proposer à leurs élèves des choses simples, comme la présentation d'un légume de façon ritualisée, comme on ferait une addition posée de façon ritualisée jusqu'à ce que ce soit acquis. Pareil, on prend un légume de telle saison, on l'étudie pendant une semaine, on le dessine, on le touche, on le sent, on fait un copie-dessine par rapport à ce légume-là et à la fin, on le découpe, on le goûte cru, on le goûte cuit.

  • Échange avec les élèves

    Lucas, il vient de nous parler de la... ? Betterave ! La betterave. Celle-là, c'est une betterave un peu particulière. Vous êtes prêts ? Elle est trop belle ! Alors là, en plus, elle a une forme qui fait un cœur quand même. Vous avez vu ? C'est trop beau. Elle vous donne envie d'être mangée ou pas celle-là ? Oui. Ben voilà. Donc tout à l'heure, vous pourrez la découvrir au niveau gustatif.

  • Anouch Bélassian

    Quand les enseignants viennent me dire « j'ai plein d'idées, j'ai envie de me lancer, tu nous as motivés », et ça, c'est formidable, qu'ils repartent en me disant « aujourd'hui, c'était mercredi, normalement, on ne travaille pas, mais j'étais trop contente de pouvoir venir me former » [rires]. Et puis qu'ils repartent en ayant le sourire.

  • Extra classe

    Cet épisode vous a plu ? Rejoignez-nous sur le groupe Facebook « Extra classe - Podcast et enseignement » pour continuer à en parler. À bientôt sur Extra classe. Extra classe, le podcast par Réseau Canopé. Une production 2026. Extra classe.

Description

Comment rendre concrète et utile une éducation à l’alimentation auprès des élèves de primaire ? Anouch Bélassian, professeure des écoles à Manosque, s’est rapprochée de l’association « L’école comestible » pour proposer des ateliers théoriques et pratiques dans lesquels elle apprend aux élèves à mieux se nourrir. Elle bénéficie dans cette mission du soutien de son inspection ainsi que de la municipalité, qui a créé une cuisine pédagogique partagée pour ce projet. Les élèves de la commune y découvrent et manipulent des fruits et légumes bruts, locaux et de saison qu’ils cuisinent, mais pas uniquement... Ils abordent aussi concrètement les mathématiques, les sciences et la géographie à travers la cuisine. En impliquant les parents bénévoles et en formant d'autres collègues, Anouch veut faire de l'école un levier essentiel pour la santé des enfants. Au-delà d’une préoccupation pour la santé des élèves, c’est aussi un apprentissage de la collaboration et un éveil des sens.

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Extra classe, le podcast produit par Réseau Canopé.
Épisode préparé et réalisé par : Antoine Decroix
Directeur de publication : Samuel Vitel
Coordination et production : Hélène Audard et Magali Devance
Mixage : Simon Gattegno
Photographie : Julie Vandal
Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr
© Réseau Canopé, 2026


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Anouch Bélassian

    Bonjour, je suis Anouch Bélassian, professeure des écoles depuis une vingtaine d'années et spécialisée en nutrition et santé, ambassadrice de l'école comestible dans le 04.

  • Extra classe

    L'école, on en parle beaucoup, mais est-ce qu'on l'écoute vraiment ? Les énergies scolaires, l'émission d'Extra classe qui vous inspire, épisode 194.

  • Anouch Bélassian

    J'ai toujours essayé de pratiquer un peu la cuisine avec les enfants. Je me rappelle, il y a une quinzaine d'années, dans une classe de CM1, on avait fait toute une séquence sur l'alimentation, puis la digestion, en étant très en lien avec les programmes. Et donc, les parents étaient venus. Et c'est vrai que c'est un des moments un peu phares de cette volonté ensuite qui a grandi de faire de l'éducation à l'alimentation une éducation, j'allais dire, aussi importante que les mathématiques et le français. Parce qu'au fil des années, j'ai vu aussi les enfants avoir une alimentation qui s'est dégradée. Quand ils sont revenus après cette période de confinement, ils sont arrivés avec, je pense, entre 3 et 5 kilos en plus. Et là, c'était un deuxième appel en se disant qu'il faut faire quelque chose. Comme quand on apprend des verbes du premier groupe et qu'on les voit pendant 3 à 6 ans, eh bien là, au niveau de l'alimentation, on comprenne qu'est-ce qu'il faut manger, pourquoi il faut le manger et comment on peut le manger.

  • Échange avec les élèves

    On va pouvoir toucher, on va pouvoir sentir, on va regarder, on va parfois écouter. Et tout ça, ça va aiguiser notre appétit.

  • Anouch Bélassian

    Je suis retournée sur les bancs universitaires de la Timone, où j'ai passé un DU [diplôme universitaire] en nutrition et santé. J'ai eu mon diplôme avec grand bonheur. C'était vraiment en appuyant sur le fait de montrer que l'école pouvait être un levier, justement pour que les enfants puissent consommer autrement. Et parallèlement à ça, j'ai découvert l'école comestible, qui est l'association maintenant pour laquelle je suis aussi référente ambassadrice. L'objectif de cette association, c'est de proposer des ateliers à la fois théoriques et pratiques, qui permettent d'aborder différentes thématiques, et qui permettent aux enfants de comprendre ce que c'est que de manger avec des produits bruts, de saison, en circuit court, locaux, de préférence bio. Et quelles sont les raisons pour lesquelles il faut privilégier cette alimentation-là - du fait maison - et non pas aller toujours vers de l'industrialisation. Et puis ensuite, j'ai eu vraiment le soutien de mon inspecteur qui est venu voir plusieurs ateliers et qui a trouvé que c'était une pédagogie très intéressante à mettre en place. J'ai monté un projet NEFLE qui m'a permis d'avoir un certain budget pour acheter du matériel. Et comme je commençais à faire des ateliers pour différentes classes, différentes écoles, le bouche-à-oreille fonctionne bien, la communication fonctionne bien, donc la municipalité a eu écho de ce projet et l'a intégré dans son PEDT [projet éducatif territorial]. Ce qui fait qu'il y a eu un soutien aussi financier pour pouvoir faire des interventions extérieures, parce que l'école comestible, ça permet aussi d'aller à la rencontre d'artisans, de producteurs. Et au fur et à mesure, ça a pris une certaine ampleur puisqu'il y a une cuisine qui a été mise en place. Et cette cuisine, maintenant, elle permet d'accueillir chaque semaine quatre classes pour pouvoir faire des ateliers. Et les enfants sont toujours à l'école, mais ils sont à l'école comestible. Alors, ils me disent souvent, quand ils ont bien compris ce que ça voulait dire, ils me disent souvent : « Mais alors ça veut dire que c'est une école qu'on peut manger. »

  • Échange avec les élèves

    N'hésitez pas à aller goûter les sauces des autres après. Hum, elle est trop bonne. C'est pas trop piquant ? Ah oui, j'ai senti un truc là ! Pour moi, c'est acide.

  • Anouch Bélassian

    On y trouve de la vaisselle, des placards, tout ce qui va nous permettre de faire de la bonne nourriture faite maison. Il y a des parents qui sont là pour participer aux ateliers, qui encadrent, qui aident, qui mettent aussi en sécurité les enfants. Il y a des échanges, de la coopération, de la collaboration, de la patience. Il y a de l'écoute. Et puis, il y a de la découpe. Il y a plein d'outils. Il y a plein de découvertes. Et surtout, ce qu'il y a le plus, c'est des légumes. Il y a plein de légumes. Voilà, des légumes racines, des légumes feuilles, des légumes fleurs. Et il y a beaucoup d'appétence et d'appétit.

  • Échange avec les élèves

    Est-ce qu'on va mettre du piquant ? Tu peux même incliner un peu le bol. Ouais, super.

  • Anouch Bélassian

    Pour la cagette de saison, en fonction des niveaux de classe, on va être sur quelque chose de très ludique avec des boîtes mystères. Alors que quand on est avec des plus grands, on va être plus sur de l'observation, du toucher. Même si à tous les niveaux, on fait appel au sens parce que c'est inhérent à la compréhension et à l'apprentissage. Et après, quand on a bien compris ce que c'était qu'un légume ou un goût ou une graine, effectivement, en fonction de la thématique abordée, on rentre en cuisine, on réalise une recette qui est en lien avec le thème qu'on aura abordé en amont, et après, on la déguste ensemble. On va pouvoir aborder la géographie en fonction d'une recette : quand on parle des pâtes, on parle de l'Italie. En mathématiques, c'est vrai qu'il y a énormément à voir aussi au niveau des pesées, de la mesure, de la masse. Les multiplications, on les utilise tout le temps parce que je m'amuse aussi avec eux, vu qu'ils ne savent pas que je suis enseignante, mais du coup, je connais bien les programmes, donc je m'amuse aussi avec eux par rapport à ça en leur disant : « Là, la recette, elle est pour quatre, nous, on est huit. Comment est-ce qu'il faut qu'on fasse ? » On parle beaucoup des fractions aussi, et je ne vous ai pas parlé des sciences. Donc on s'éloigne vraiment du simple fait de la cuisine, même si c'est une des priorités, mais ça va beaucoup plus loin que ça. Moi, c'est un parti pris vraiment de demander à ce que les parents qui ont envie puissent participer en tant que bénévoles. Parce qu'en fait, on a nos élèves, on les a six heures par jour, et l'école, on la veut normalement ouverte et c'est une très belle façon de pouvoir ouvrir l'école aux parents. Et c'est un vrai bonheur. Très sincèrement, c'est un vrai bonheur parce que pour les enseignants aussi, les enseignants qui accompagnent leur classe, c'est un vrai moment fort de rencontrer les parents.

  • Échange avec les élèves

    J'ai expliqué à vos parents tout à l'heure que pour le sucré, il faut en mettre au maximum la moitié d'une petite cuillère à café. Pas plus. La moitié d'une petite cuillère à café. Et sinon, vous pouvez rajouter un peu de piquant. Alors la moutarde, elle ne se veut pas piquante, mais bon, quand même. Et vous avez une sorte de tabasco. Ça, c'est fort !

  • Anouch Bélassian

    J'ai été ravie de pouvoir commencer cette année la formation d'enseignants. Et j'ai mené ces deux journées de formation en me disant, voilà, lorsque ces enseignants vont repartir, il faut qu'ils puissent proposer à leurs élèves des choses simples, comme la présentation d'un légume de façon ritualisée, comme on ferait une addition posée de façon ritualisée jusqu'à ce que ce soit acquis. Pareil, on prend un légume de telle saison, on l'étudie pendant une semaine, on le dessine, on le touche, on le sent, on fait un copie-dessine par rapport à ce légume-là et à la fin, on le découpe, on le goûte cru, on le goûte cuit.

  • Échange avec les élèves

    Lucas, il vient de nous parler de la... ? Betterave ! La betterave. Celle-là, c'est une betterave un peu particulière. Vous êtes prêts ? Elle est trop belle ! Alors là, en plus, elle a une forme qui fait un cœur quand même. Vous avez vu ? C'est trop beau. Elle vous donne envie d'être mangée ou pas celle-là ? Oui. Ben voilà. Donc tout à l'heure, vous pourrez la découvrir au niveau gustatif.

  • Anouch Bélassian

    Quand les enseignants viennent me dire « j'ai plein d'idées, j'ai envie de me lancer, tu nous as motivés », et ça, c'est formidable, qu'ils repartent en me disant « aujourd'hui, c'était mercredi, normalement, on ne travaille pas, mais j'étais trop contente de pouvoir venir me former » [rires]. Et puis qu'ils repartent en ayant le sourire.

  • Extra classe

    Cet épisode vous a plu ? Rejoignez-nous sur le groupe Facebook « Extra classe - Podcast et enseignement » pour continuer à en parler. À bientôt sur Extra classe. Extra classe, le podcast par Réseau Canopé. Une production 2026. Extra classe.

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