Sophie GuichardPour faire un remplacement de courte durée, déjà, il faut se porter volontaire. Et une fois qu'on fait partie de la banque de données, la secrétaire du proviseur dans notre établissement nous contacte. Donc, on va pouvoir remplacer des collègues qui sont de toutes les matières et elle donnera priorité à l'équipe pédagogique. Et puis ensuite, si personne ne s'est porté volontaire, du coup, dans l'ordre de priorité, on sera choisi pour faire cette heure de remplacement. Personnellement, moi, j'y trouve un intérêt déjà financier. Et puis, elle me permet, lorsque j'ai des trous - ça m'arrive d'avoir trois heures -, de pouvoir boucher, d'en faire une ou deux et de pouvoir m'alléger sur ma journée. L'idée, c'est de proposer une séance avec un vrai intérêt pédagogique parce que je ne suis pas là pour être une nounou. Je ne suis pas là non plus pour permettre aux élèves de regarder un film et je n'ai aucune envie que les élèves ne fassent rien. Si la personne que je remplace est prof de maths, je peux faire une séance de mathématiques à sa demande. Et dans ces cas-là, je vais lui demander les supports pour pouvoir préparer ma séance sans m'épuiser dans les préparatifs. Et si la personne que je remplace n'est pas prof de maths, je vais pouvoir faire une séance comme j'en ai envie. Et donc, je fais le choix aujourd'hui de faire une séance qui est plus à la carte et au service des élèves avec trois propositions. Le premier axe, ça va être de permettre aux élèves de faire ce qu'ils ont envie, réviser un DS, travailler. Ensuite, je me mets à leur service. C'est-à-dire que je peux prendre un groupe pour pouvoir faire des maths, et puis la troisième proposition, ça va être de faire du jeu. Donc l'intérêt du jeu, ça ne va pas être en mode dilettante, ce sont des vrais jeux sur lesquels je réfléchis avec un intérêt pédagogique. Et par exemple, j'explique concrètement aussi aux élèves, puisqu'au début ils peuvent être un peu déroutés, lorsque je ne les connais pas, de « pourquoi vous êtes ici ? » Donc je leur explique que je suis prof de maths, et donc j'apporte des jeux à intérêt pédagogique, par exemple le jeu de cartes pour pouvoir faire des probabilités, parce que de moins en moins d'élèves jouent. Du coup, ça permet de se familiariser avec les cartes. Et puis aussi, on a un souci avec le téléphone, la lecture de survol qui fait qu'on n'est plus attentif aux détails. Et d'apporter, par exemple, le jeu du double, qui va faire travailler la discrimination visuelle, trouver deux symboles identiques, un grand, un petit, ça va permettre d'affiner le regard. Et par exemple, en maths, de trouver, bien voir un exposant, un indice, un fois deux, et d'affiner tous ces petits détails sur lesquels aujourd'hui, ils passent beaucoup à côté. Quand je leur fais la proposition d'avoir une séance à la carte, en général, ils se détendent. Et quand ils entendent qu'ils ne sont pas obligés de travailler, c'est vrai qu'il y a quelque chose qui s'allume. Et en général, à la fin de la séance, ce que je trouve chouette, c'est que les élèves sont réveillés. Sur des séances à 8 h, des fois, ça peut être un peu compliqué pour eux. Ils sont contents et ce que moi, je peux percevoir, c'est qu'il y a du lien qui s'est tissé entre eux. Et je trouve que c'est un chouette moment pour ça aussi. Et ce que je peux observer, c'est que dans les choix par rapport aux axes proposés, en général, à peu près 5 % des élèves décident de travailler sur un autre cours. Environ 15 % des élèves décident et me demandent de faire des maths. Et le reste joue.