Julien RichardLes trois objets qu'on retrouve le plus souvent et qu'on doit commander : manuel, fichier ou guide qui n'a pas de fichiers. Le manuel a des gros avantages parce qu'il est stable, il ne change pas trop dans la forme, il est très pratique pour faire le lien avec les familles et c'est hyper rassurant pour les élèves de savoir que quand ils tournent la page, ça aura à peu près la même tête dans la page qui suit. Le fichier, on retrouve à peu près la même chose sauf qu'on peut écrire dessus. L'avantage, c'est qu'on peut en faire plus souvent et on rentre très vite dans la tâche sans être perdu, comme avec un manuel. Le guide enseignant, quant à lui, il a le gros avantage de permettre des séquences un peu plus longues ou variées avec plus de séances. Et donc, il est plus proche de ce qu'on va chercher quand on s'intéresse à la didactique, c'est-à-dire la construction des savoirs. Dans la vie de tous les jours, faire un choix de manuel ou de fichier, ce n'est pas toujours possible à cause de contraintes, de budget ou autre. Mais imaginons qu'on arrive à avoir la possibilité de choisir le manuel plus un fichier, peut-être pas du même domaine. L'idéal pour moi, c'est d'avoir un point de vue d'abord global, puis de faire des allers-retours entre une sorte de zoom et de dézoom. Donc on va aller regarder, en zoomant, si c'est bien accessible, si ce n'est pas surchargé, si ça n'implique pas de surcharge cognitive. On va regarder aussi les auteurs et les autrices. Et puis on va essayer de se demander si c'est utilisable tel quel en classe, ce que j'y gagne, ce que j'y perds. Ça dépend vraiment de ce qu'on veut en faire, nos objectifs et parfois juste du domaine qui nous intéresse. Quand je suis encore sur la phase de « je feuillette », je vais aller chercher la notion que je maîtrise bien, et je vais essayer de regarder si c'est bien cohérent sur la double page. Est-ce que l'objectif est énoncé ? Est-ce que je retrouve des tâches qui répondent à cet objectif notionnel-là ? Et une fois que j'ai regardé cette cohérence locale, je vais aller regarder sur le global. Est-ce que la progression, programmation est cohérente ? Typiquement, il y a eu quelques années, où voir les fractions arriver trop tard dans la programmation, pour des CM1-CM2, ce n'était pas un bon signe. Je vais regarder si du côté de la programmation, on retrouve quelque chose de spiralaire. Ou si des notions ne reviennent pas du tout dans l'année, et si pour ça, les auteur·rice·s compensent avec des prolongements dans l'année ou d'autres choses qu'on pourrait utiliser. Ça veut dire qu'il va falloir que j'aménage un peu l'outil. Si j'ai la possibilité de travailler avec des collègues, et qu'il y a par exemple un travail en cycle, si le manuel m'intéresse, je vais proposer aux collègues d'en discuter ensemble. Donc on essaie - en diagonale, parce qu'on est toujours un peu pris par le temps -, de regarder si les exercices sont OK, si c'est plutôt clair. Et si ça marche, on peut aussi se dire qu'on va tester l'an prochain ou tester une année. Et puis si ça ne marche pas, ce n'est pas très très grave, parce que de toute façon, nous on l'aura aménagé. Quoi qu'il arrive, un manuel, un fichier ou un guide, ça bouge dans les mains d'un enseignant, ce n'est pas fait pour rester figé. S'il y avait trois points à retenir, c'est l'accessibilité, la cohérence pédagogique et la cohérence didactique. Et avec ça, on est paré.