Les Énergies scolaires : des sportifs de haut niveau dans mon lycée

Extra classe

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Les Énergies scolaires : des sportifs de haut niveau dans mon lycée

Charles Barbet est enseignant d’histoire-géographie au lycée Mounier de Châtenay-Malabry qui accueille des élèves ayant une pratique sportive de haut niveau. Il nous fait partager son expérience et nous décrit, à travers sa discipline, comment il les aide à construire au mieux leur parcours d’excellence sportive (PES). Ces élèves au profil si particulier sont-ils tellement différents des autres élèves ? Les résultats scolaires suivent-ils les performances sportives ? Est-il plus facile de motiver des sportifs à l’apprentissage des savoirs ? Quand l’enseignement devient un sport d'équipe...

La transcription de cet épisode est disponible après les crédits.

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Extra classe, des podcasts produits par Réseau Canopé.

Émission préparée par : Pierre Danckers et Floriane Le Maître

Réalisée par : Floriane Le Maître

Directrice de publication : Marie-Caroline Missir

Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance

Mixage : Simon Gattegno

Secrétariat de rédaction : Nathalie Bidart

Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr

© Réseau Canopé, 2021

Transcription :

Alors, je m’appelle Charles Barbet, je suis professeur d’histoire-géographie et d’éducation morale et civique au lycée Mounier, à Châtenay-Malabry. 

Au lycée Mounier, nous accueillons environ une centaine d’élèves qui sont des sportifs. Tous n’ont pas le label « sportif de haut niveau », mais on va dire qu’ils ont tous une pratique intensive du sport en maintenant un parcours scolaire qui est normal. Les élèves ont une vingtaine d’heures de pratique sportive chaque semaine, plus les heures de lycée qui sont d’une trentaine d’heures à peu près, donc, il faut pouvoir faire rentrer tout ça dans une semaine. Il s’est trouvé qu’au départ, c’était un peu le hasard, j’ai été affecté au lycée Mounier où j’ai découvert justement les sportifs de haut niveau. Ce n’était pas forcément un choix au départ et ça m’a énormément plus, en fait, de rencontrer ces élèves, de voir des parcours différents, qui venaient de partout en France et qui m’ont incité à une pratique pédagogique différente de ce que j’avais pu connaître auparavant.

Il est nécessaire effectivement d’adapter sa pédagogie à ces élèves-là puisqu’ils sont très absents à cause des compétitions. Cette année, en plus, il y a aussi beaucoup d’absences à cause du Covid. Comme ils sont internes, ils vivent ensemble, donc il y a eu des mini-clusters qui se sont créés, logiquement. Il est indispensable de garder un contact vraiment rapproché avec ces élèves via les outils qui sont mis à notre disposition. Donc, on a l’ENT, bien sûr, qui est la plateforme du lycée, et je dirais que pendant le confinement, on a vu que ça fonctionnait extrêmement bien avec les élèves sportifs parce qu’ils sont habitués à travailler par eux-mêmes, à rattraper les devoirs et donc, en gros, on va dire qu’ils sont habitués à gérer eux-mêmes. Et finalement, nous, en gros, l’idée, c’est qu’on soit très, très proche d’eux, très en contact, et qu’on puisse prendre des heures éventuellement supplémentaires, des heures de tutorat aussi pour certains des élèves, qu’ils soient bons ou moins bons, pour bien réussir.

Alors c’est vrai que dans ma pratique pédagogique en histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques et éducation morale et civique maintenant, je reprends souvent le sport avec les élèves sportifs de haut niveau particulièrement, parce que je sais que ça les intéresse. Je peux vous donner un exemple précis : quand j’engage en première la spécialité géopolitique, je prends l’exemple des Jeux olympiques, que nous pouvons travailler au niveau à la fois histoire, bien sûr, au niveau de la géographie, au niveau des sciences politiques mais aussi au niveau de la géopolitique. Et c’est vrai que je pense que, tout de suite, ça crée un lien avec les élèves qui peuvent aussi avoir des références que je n’ai pas, éventuellement. Et puis on peut mettre en perspective. C’est vrai que certains de leurs entraîneurs, certains de leurs référents sont d’anciens champions olympiques ou en tout cas sont allés aux Jeux olympiques de Sydney, Atlanta, etc. Et donc, il y a des liens qui se créent, il y a une connexion qui peut se créer au niveau du cours. Après, certains sportifs de haut niveau font aussi partie de l’histoire. Par exemple, on étudie pas mal Alan Turing, qui est un champion de course, c’est vrai que tout de suite, ça parle davantage aux élèves. Il faut aussi capter leur attention de cette manière-là aussi.

Effectivement, les élèves nous donnent une forte satisfaction à plusieurs niveaux. Ça peut être au niveau sportif. Mine de rien, ce sont des élèves qui rentrent en cours sans nous dire que la veille, ils ont reçu une médaille d’or aux Jeux olympiques de la jeunesse. On cherche à comprendre un peu comment ça fonctionne pour eux. Et puis, on va dire aussi que ce sont des élèves qui ont besoin du contact avec les professeurs, puisqu’ils sont assez éloignés de leurs parents généralement, et donc ils ont besoin encore plus de nous, ce qui fait qu’il y a des contraintes mais il y a aussi de bonnes satisfactions.

Depuis l’année dernière, nous avons décidé de former des classes uniquement de sportifs de haut niveau, ce qui n’était pas le cas auparavant. Avec la réforme du lycée et donc la réforme du bac, on a pu mettre ça en place puisqu’on a pu garder un groupe classe uniquement lié aux sportifs de haut niveau, mais dans les spécialités, ils se retrouvent avec différents élèves. On avait très peur de ce manque de mixité parce que pour les élèves, c’est aussi important de ne pas se retrouver uniquement entre sportifs de haut niveau et donc d’être au contact des autres élèves et de réussir justement à avoir une vie sociale en même temps. Donc ça, c’était une des premières contraintes et finalement, on a réussi à la résoudre. On sent que ça fonctionne bien après une année, en tout cas dans cette manière-là.

En termes d’anecdotes, j’ai eu la chance d’avoir d’excellents élèves sportifs de haut niveau. Chaque année, on a des élèves qui ont un niveau scolaire qui est très au-delà de la moyenne et qui, en plus, ont des résultats sportifs très bons. Notamment un de mes élèves, pongiste, que j’ai préparé au concours général en histoire, qui, en plus de ses 50 heures de cours, plus d’entraînements, et bien a rédigé presque 300 pages sur le programme d’histoire. Ce qui fait que oui, il y a quand même une proximité entre ces sportifs et le milieu scolaire. Et donc, je pense clairement que les deux fonctionnent puisqu’on a cet esprit sportif, à la fois la compétition, mais aussi la rigueur, le mental qu’ont les élèves et qui permettent la réussite scolaire. À l’instant même, je viens de recevoir les résultats du baccalauréat de certains de mes élèves et donc je vois que j’ai trois élèves qui ont réussi avec la mention « très bien », dont deux avec les félicitations du jury. Ce qui prouve bien, encore une fois, qu’on a une classe vraiment qui est sportive, mais également qui a un niveau excellent.

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Charles Barbet est enseignant d’histoire-géographie au lycée Mounier de Châtenay-Malabry qui accueille des élèves ayant une pratique sportive de haut niveau. Il nous fait partager son expérience et nous décrit, à travers sa discipline, comment il les aide à construire au mieux leur parcours d’excellence sportive (PES). Ces élèves au profil si particulier sont-ils tellement différents des autres élèves ? Les résultats scolaires suivent-ils les performances sportives ? Est-il plus facile de motiver des sportifs à l’apprentissage des savoirs ? Quand l’enseignement devient un sport d'équipe...

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Alors, je m’appelle Charles Barbet, je suis professeur d’histoire-géographie et d’éducation morale et civique au lycée Mounier, à Châtenay-Malabry. 

Au lycée Mounier, nous accueillons environ une centaine d’élèves qui sont des sportifs. Tous n’ont pas le label « sportif de haut niveau », mais on va dire qu’ils ont tous une pratique intensive du sport en maintenant un parcours scolaire qui est normal. Les élèves ont une vingtaine d’heures de pratique sportive chaque semaine, plus les heures de lycée qui sont d’une trentaine d’heures à peu près, donc, il faut pouvoir faire rentrer tout ça dans une semaine. Il s’est trouvé qu’au départ, c’était un peu le hasard, j’ai été affecté au lycée Mounier où j’ai découvert justement les sportifs de haut niveau. Ce n’était pas forcément un choix au départ et ça m’a énormément plus, en fait, de rencontrer ces élèves, de voir des parcours différents, qui venaient de partout en France et qui m’ont incité à une pratique pédagogique différente de ce que j’avais pu connaître auparavant.

Il est nécessaire effectivement d’adapter sa pédagogie à ces élèves-là puisqu’ils sont très absents à cause des compétitions. Cette année, en plus, il y a aussi beaucoup d’absences à cause du Covid. Comme ils sont internes, ils vivent ensemble, donc il y a eu des mini-clusters qui se sont créés, logiquement. Il est indispensable de garder un contact vraiment rapproché avec ces élèves via les outils qui sont mis à notre disposition. Donc, on a l’ENT, bien sûr, qui est la plateforme du lycée, et je dirais que pendant le confinement, on a vu que ça fonctionnait extrêmement bien avec les élèves sportifs parce qu’ils sont habitués à travailler par eux-mêmes, à rattraper les devoirs et donc, en gros, on va dire qu’ils sont habitués à gérer eux-mêmes. Et finalement, nous, en gros, l’idée, c’est qu’on soit très, très proche d’eux, très en contact, et qu’on puisse prendre des heures éventuellement supplémentaires, des heures de tutorat aussi pour certains des élèves, qu’ils soient bons ou moins bons, pour bien réussir.

Alors c’est vrai que dans ma pratique pédagogique en histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques et éducation morale et civique maintenant, je reprends souvent le sport avec les élèves sportifs de haut niveau particulièrement, parce que je sais que ça les intéresse. Je peux vous donner un exemple précis : quand j’engage en première la spécialité géopolitique, je prends l’exemple des Jeux olympiques, que nous pouvons travailler au niveau à la fois histoire, bien sûr, au niveau de la géographie, au niveau des sciences politiques mais aussi au niveau de la géopolitique. Et c’est vrai que je pense que, tout de suite, ça crée un lien avec les élèves qui peuvent aussi avoir des références que je n’ai pas, éventuellement. Et puis on peut mettre en perspective. C’est vrai que certains de leurs entraîneurs, certains de leurs référents sont d’anciens champions olympiques ou en tout cas sont allés aux Jeux olympiques de Sydney, Atlanta, etc. Et donc, il y a des liens qui se créent, il y a une connexion qui peut se créer au niveau du cours. Après, certains sportifs de haut niveau font aussi partie de l’histoire. Par exemple, on étudie pas mal Alan Turing, qui est un champion de course, c’est vrai que tout de suite, ça parle davantage aux élèves. Il faut aussi capter leur attention de cette manière-là aussi.

Effectivement, les élèves nous donnent une forte satisfaction à plusieurs niveaux. Ça peut être au niveau sportif. Mine de rien, ce sont des élèves qui rentrent en cours sans nous dire que la veille, ils ont reçu une médaille d’or aux Jeux olympiques de la jeunesse. On cherche à comprendre un peu comment ça fonctionne pour eux. Et puis, on va dire aussi que ce sont des élèves qui ont besoin du contact avec les professeurs, puisqu’ils sont assez éloignés de leurs parents généralement, et donc ils ont besoin encore plus de nous, ce qui fait qu’il y a des contraintes mais il y a aussi de bonnes satisfactions.

Depuis l’année dernière, nous avons décidé de former des classes uniquement de sportifs de haut niveau, ce qui n’était pas le cas auparavant. Avec la réforme du lycée et donc la réforme du bac, on a pu mettre ça en place puisqu’on a pu garder un groupe classe uniquement lié aux sportifs de haut niveau, mais dans les spécialités, ils se retrouvent avec différents élèves. On avait très peur de ce manque de mixité parce que pour les élèves, c’est aussi important de ne pas se retrouver uniquement entre sportifs de haut niveau et donc d’être au contact des autres élèves et de réussir justement à avoir une vie sociale en même temps. Donc ça, c’était une des premières contraintes et finalement, on a réussi à la résoudre. On sent que ça fonctionne bien après une année, en tout cas dans cette manière-là.

En termes d’anecdotes, j’ai eu la chance d’avoir d’excellents élèves sportifs de haut niveau. Chaque année, on a des élèves qui ont un niveau scolaire qui est très au-delà de la moyenne et qui, en plus, ont des résultats sportifs très bons. Notamment un de mes élèves, pongiste, que j’ai préparé au concours général en histoire, qui, en plus de ses 50 heures de cours, plus d’entraînements, et bien a rédigé presque 300 pages sur le programme d’histoire. Ce qui fait que oui, il y a quand même une proximité entre ces sportifs et le milieu scolaire. Et donc, je pense clairement que les deux fonctionnent puisqu’on a cet esprit sportif, à la fois la compétition, mais aussi la rigueur, le mental qu’ont les élèves et qui permettent la réussite scolaire. À l’instant même, je viens de recevoir les résultats du baccalauréat de certains de mes élèves et donc je vois que j’ai trois élèves qui ont réussi avec la mention « très bien », dont deux avec les félicitations du jury. Ce qui prouve bien, encore une fois, qu’on a une classe vraiment qui est sportive, mais également qui a un niveau excellent.

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