Les Énergies scolaires : le bilinguisme précoce, l’exemple du breton

Extra classe

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Les Énergies scolaires : le bilinguisme précoce, l’exemple du breton

Fañch Rebours exerce depuis 19 ans en maternelle et en cycle 2 bilingues français-breton, et il connait bien les avantages du bilinguisme précoce chez les élèves en termes linguistiques, culturels et cognitifs. Sans omettre les difficultés d’enseigner une langue régionale, il souligne l’importance du plaisir d’apprendre et donne des clefs utiles aux futurs enseignants qui souhaitent se lancer dans cet enseignement, comme la nécessité de faire preuve de créativité pour susciter l'intérêt. Si l’enseignement d’une langue régionale permet de créer un lien fort avec un territoire et sa culture, il doit également s’envisager comme une opportunité d'ouverture sur le monde.

La transcription de cet épisode est disponible après les crédits.

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Émission préparée et réalisée par : Sandie Brujean

Directrice de publication : Marie-Caroline Missir

Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance

Mixage : Laurent Gaillard

Secrétariat de rédaction : Nathalie Bidart

Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr

© Réseau Canopé, 2021

Transcription :

« Demat deoc’h, Fañch Rebours on-me. » Je m’appelle Fañch Rebours.

« Ha skolaer on ‘bar skol divyezhek, ‘bar skol publik divyezhek. » Je suis enseignant en classe bilingue de l’Éducation nationale, en classe bilingue français-breton.

J’ai commencé par enseigner en langue française. Mes grands-parents maternels parlaient le breton. C’était vraiment leur langue de communication quand ils n’étaient que tous les deux, mais ils ne l’ont pas transmise à ma mère, qui n’a donc pas pu me transmettre la langue à moi non plus. J’ai donc vécu dans cet univers un peu bilingue sans l’être vraiment. C’est-à-dire que la langue bretonne était utilisée par nos grands-parents, chez nous, plutôt pour se parler, pour qu’on ne les comprenne pas en fait. Il y a eu ce mystère chez nous, enfants… « Qu’est-ce que c’est que cette langue qu’on cause pour ne pas qu’on rentre en communication, de cette manière-là ? » J’ai donc gardé cette curiosité. Quand j’ai démarré ma carrière, j’ai d’abord été enseignant monolingue pendant cinq ans. C’est la rencontre avec un conseiller pédagogique de langue bretonne qui m’a convaincu que, étant enseignant et étant bretonnant, il était temps que j’aille un peu plus loin dans la langue bretonne en l’utilisant au quotidien. Et puis, la meilleure manière de l’utiliser au quotidien, pour moi, c’était de l’enseigner.

Alors la situation de la langue bretonne aujourd’hui n’est pas une bonne situation. On a eu un sondage qui dit qu’on s’approche relativement, maintenant, de la barre des 200 000 locuteurs. Quand on fait en plus une moyenne, on se rend compte que la moyenne d’âge est largement supérieure à 70 ans. Ce qui fait que l’avenir de la langue bretonne est en grand danger. D’ailleurs, l’Unesco aujourd’hui – qui a un classement des langues minoritaires et minorisées en Europe et dans le monde –, classe la langue bretonne en sérieux danger de disparition. Tous les cinq ans, le contrat « Plan État-Région » donne un volet important à l’enseignement de la langue bretonne. Les projets aujourd’hui seraient d’arriver à 20 000 enfants apprenants de la langue bretonne à l’horizon 2025. Maintenant, on devrait y arriver. Aujourd’hui dans les classes bilingues de l’Éducation nationale, on a 45 ans de recul. Ces années de recul font qu’on se rend compte des avantages du bilinguisme précoce, à condition que ce bilinguisme précoce soit enseigné de manière la plus immersive possible, et aussi la plus précoce possible. Donc, peut-être que l’un des grands avantages du bilinguisme précoce, c’est ça, c’est l’accès au plurilinguisme. Il y a d’autres avantages qui ont été prouvés par des études parce que les neuropsychologues, les psycholinguistes, aujourd’hui, travaillent beaucoup sur cette chose un peu moderne dans l’Éducation nationale, finalement. Les langues régionales sont peut-être, dans « l’imaginaire populaire » on va dire, perçues comme une sorte d’enfermement sur un territoire, ou de recul pourquoi pas, de retrait ou de passéisme. Or, il se trouve qu’aujourd’hui, le bilinguisme précoce, dans la manière dont il est enseigné dans l’Éducation nationale, ne concerne pas la langue anglaise puisque ce n’est pour l’instant pas dans les textes – mais il concerne essentiellement les langues minoritaires. Et donc, on se retrouve dans une situation où cette idée – peut-être cette fausse idée – du passéisme est ce qu’il y a de plus moderne actuellement dans l’Éducation nationale, c’est-à-dire l’enseignement bilingue précoce.

On a ensuite les avantages très intéressants sur la maniabilité générale du cerveau de l’enfant. C’est-à-dire que quand on maîtrise deux langues, on maîtrise aussi deux langages. Le cerveau de l’enfant, jusqu’à 7-8 ans, est une véritable éponge et donc, il acquiert en termes de phonologie, de syntaxe, ce qu’on veut lui faire acquérir. D’autant que c’est acquis de manière immersive et de manière ludique. Le but du jeu à l’école maternelle, et puis même encore en début de cycle 2, en élémentaire, c’est de jouer, de prendre du plaisir. Et en prenant du plaisir, on développe cette capacité langagière qui, ensuite, va se transférer dans différents domaines. Alors les psycholinguistes, aujourd’hui, quand ils ont étudié les aires du cerveau, ils se sont rendu compte que le cerveau d’un enfant bilingue et le cerveau d’un enfant monolingue n’étaient pas les mêmes. Ce sont des IRM qui nous permettent de voir qu’il y a une aire intermédiaire entre les deux aires du cerveau dédiées au langage, chez les enfants bilingues – à condition que ce se soit fait très, très tôt : l’aire de Wernicke, qui est l’aire de l’acquisition du vocabulaire, et puis l’aire de Broca, qui est l’aire de la syntaxe et de la phonologie. Entre ces deux aires-là, on a une aire supplémentaire chez l’enfant bilingue, une sorte d’intersection entre les deux. À 2 ans, à 3 ans, on n’analyse pas, on n’est pas dans l’expertise en tout cas, on est dans la maîtrise. Quand on sait qu’une chaise se dit « une chaise » et « ur gador », on a accès à un monde différent de ceux qui ont un cerveau monolingue.

Alors sur le plan culturel, évidemment… Enseigner en classe bilingue de l’Éducation nationale la langue du territoire dans lequel on habite, c’est à la fois pour l’enseignant et pour les enfants, pour les grands-parents, pour les parents d’élèves… Il y a d’abord une grande dimension affective. C’est cette dimension affective qui permet d’ailleurs à l’enfant d’entrer dans ces apprentissages bilingues avec le plus de plaisir possible. La langue bretonne, c’est la langue d’un territoire, c’est donc la langue d’une culture, c’est la langue d’un autre regard sur le monde. Enseigner en langue bretonne, c’est donner envie à l’enfant d’être aussi dans la culture bretonne, c’est-à-dire chanter, danser en langue bretonne.

[Comptine en breton] « Unan, daou, unan daou tri Al logodenn ‘barzh an ti. Pevar, pemp, pevar pemp c’hwec’h Ar c’hazh o vont war he lec’h. Seizh, eizh, seizh eizh nav Diwall mat eus an taol PAV ! »

Une petite comptine en langue bretonne, une histoire de chat et de souris qui sait compter, mais qui va se faire attraper ! « Ur rimodell en brezhoneg ».

La langue bretonne a pour intérêt principal d’être originaire d’une branche des langues celtiques qui apporte, en plus de la langue française, une phonologie et une syntaxe qui ne sont pas du tout les mêmes. On a des sons en langue bretonne qui n’existent pas en langue française. Et on a enfin la chance, quand on enseigne une langue régionale en langue 2 à l’école, sur le principe de l’immersion, d’avoir des locuteurs natifs tout près. C’est-à-dire qu’on peut rencontrer des anciens, aller les voir, les faire venir en classe nous parler de leur potager, de leur cheval…

Ce que je dirais à un enseignant, un jeune enseignant qui veut démarrer en langue bretonne aujourd’hui dans l’Éducation nationale, ce serait d’essayer de travailler le plus possible à l’immersion, en école maternelle en tout cas, d’essayer de donner aux enfants le plus de plaisir possible à la pratiquer, en travaillant au maximum à l’oral : par des sketchs, par des chansons, par de la production orale venant de l’enfant aussi. Il aura du travail, mais ce métier est passionnant. Parce qu’on a aussi en face de nous des publics qui nous rendent ce plaisir que l’on a, à enseigner. Les élèves nous le rendent, eux aussi ; ils nous le rendent sur l’instant, en classe. J’avais cette anecdote que j’aime bien donner, de petits enfants, souvent à 2-3 ans qui, les premiers jours d’école, rentrent chez eux le soir et disent à leurs parents : « Oh là, là, c’était bien. Le maître a encore parlé rigolo. » Mais si l’enfant rentre et qu’il a envie d’y retourner parce que c’est rigolo, on a fait un premier pas en avant déjà, en maternelle, pour que cet enfant ait envie du breton dans sa scolarité, et plus tard, dans la société, qu’il ait envie de continuer et d’assurer, à son tour, la transmission.

« Trugarez deoc’h, kenavo, ken ar wech all ! »

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Fañch Rebours exerce depuis 19 ans en maternelle et en cycle 2 bilingues français-breton, et il connait bien les avantages du bilinguisme précoce chez les élèves en termes linguistiques, culturels et cognitifs. Sans omettre les difficultés d’enseigner une langue régionale, il souligne l’importance du plaisir d’apprendre et donne des clefs utiles aux futurs enseignants qui souhaitent se lancer dans cet enseignement, comme la nécessité de faire preuve de créativité pour susciter l'intérêt. Si l’enseignement d’une langue régionale permet de créer un lien fort avec un territoire et sa culture, il doit également s’envisager comme une opportunité d'ouverture sur le monde.

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« Demat deoc’h, Fañch Rebours on-me. » Je m’appelle Fañch Rebours.

« Ha skolaer on ‘bar skol divyezhek, ‘bar skol publik divyezhek. » Je suis enseignant en classe bilingue de l’Éducation nationale, en classe bilingue français-breton.

J’ai commencé par enseigner en langue française. Mes grands-parents maternels parlaient le breton. C’était vraiment leur langue de communication quand ils n’étaient que tous les deux, mais ils ne l’ont pas transmise à ma mère, qui n’a donc pas pu me transmettre la langue à moi non plus. J’ai donc vécu dans cet univers un peu bilingue sans l’être vraiment. C’est-à-dire que la langue bretonne était utilisée par nos grands-parents, chez nous, plutôt pour se parler, pour qu’on ne les comprenne pas en fait. Il y a eu ce mystère chez nous, enfants… « Qu’est-ce que c’est que cette langue qu’on cause pour ne pas qu’on rentre en communication, de cette manière-là ? » J’ai donc gardé cette curiosité. Quand j’ai démarré ma carrière, j’ai d’abord été enseignant monolingue pendant cinq ans. C’est la rencontre avec un conseiller pédagogique de langue bretonne qui m’a convaincu que, étant enseignant et étant bretonnant, il était temps que j’aille un peu plus loin dans la langue bretonne en l’utilisant au quotidien. Et puis, la meilleure manière de l’utiliser au quotidien, pour moi, c’était de l’enseigner.

Alors la situation de la langue bretonne aujourd’hui n’est pas une bonne situation. On a eu un sondage qui dit qu’on s’approche relativement, maintenant, de la barre des 200 000 locuteurs. Quand on fait en plus une moyenne, on se rend compte que la moyenne d’âge est largement supérieure à 70 ans. Ce qui fait que l’avenir de la langue bretonne est en grand danger. D’ailleurs, l’Unesco aujourd’hui – qui a un classement des langues minoritaires et minorisées en Europe et dans le monde –, classe la langue bretonne en sérieux danger de disparition. Tous les cinq ans, le contrat « Plan État-Région » donne un volet important à l’enseignement de la langue bretonne. Les projets aujourd’hui seraient d’arriver à 20 000 enfants apprenants de la langue bretonne à l’horizon 2025. Maintenant, on devrait y arriver. Aujourd’hui dans les classes bilingues de l’Éducation nationale, on a 45 ans de recul. Ces années de recul font qu’on se rend compte des avantages du bilinguisme précoce, à condition que ce bilinguisme précoce soit enseigné de manière la plus immersive possible, et aussi la plus précoce possible. Donc, peut-être que l’un des grands avantages du bilinguisme précoce, c’est ça, c’est l’accès au plurilinguisme. Il y a d’autres avantages qui ont été prouvés par des études parce que les neuropsychologues, les psycholinguistes, aujourd’hui, travaillent beaucoup sur cette chose un peu moderne dans l’Éducation nationale, finalement. Les langues régionales sont peut-être, dans « l’imaginaire populaire » on va dire, perçues comme une sorte d’enfermement sur un territoire, ou de recul pourquoi pas, de retrait ou de passéisme. Or, il se trouve qu’aujourd’hui, le bilinguisme précoce, dans la manière dont il est enseigné dans l’Éducation nationale, ne concerne pas la langue anglaise puisque ce n’est pour l’instant pas dans les textes – mais il concerne essentiellement les langues minoritaires. Et donc, on se retrouve dans une situation où cette idée – peut-être cette fausse idée – du passéisme est ce qu’il y a de plus moderne actuellement dans l’Éducation nationale, c’est-à-dire l’enseignement bilingue précoce.

On a ensuite les avantages très intéressants sur la maniabilité générale du cerveau de l’enfant. C’est-à-dire que quand on maîtrise deux langues, on maîtrise aussi deux langages. Le cerveau de l’enfant, jusqu’à 7-8 ans, est une véritable éponge et donc, il acquiert en termes de phonologie, de syntaxe, ce qu’on veut lui faire acquérir. D’autant que c’est acquis de manière immersive et de manière ludique. Le but du jeu à l’école maternelle, et puis même encore en début de cycle 2, en élémentaire, c’est de jouer, de prendre du plaisir. Et en prenant du plaisir, on développe cette capacité langagière qui, ensuite, va se transférer dans différents domaines. Alors les psycholinguistes, aujourd’hui, quand ils ont étudié les aires du cerveau, ils se sont rendu compte que le cerveau d’un enfant bilingue et le cerveau d’un enfant monolingue n’étaient pas les mêmes. Ce sont des IRM qui nous permettent de voir qu’il y a une aire intermédiaire entre les deux aires du cerveau dédiées au langage, chez les enfants bilingues – à condition que ce se soit fait très, très tôt : l’aire de Wernicke, qui est l’aire de l’acquisition du vocabulaire, et puis l’aire de Broca, qui est l’aire de la syntaxe et de la phonologie. Entre ces deux aires-là, on a une aire supplémentaire chez l’enfant bilingue, une sorte d’intersection entre les deux. À 2 ans, à 3 ans, on n’analyse pas, on n’est pas dans l’expertise en tout cas, on est dans la maîtrise. Quand on sait qu’une chaise se dit « une chaise » et « ur gador », on a accès à un monde différent de ceux qui ont un cerveau monolingue.

Alors sur le plan culturel, évidemment… Enseigner en classe bilingue de l’Éducation nationale la langue du territoire dans lequel on habite, c’est à la fois pour l’enseignant et pour les enfants, pour les grands-parents, pour les parents d’élèves… Il y a d’abord une grande dimension affective. C’est cette dimension affective qui permet d’ailleurs à l’enfant d’entrer dans ces apprentissages bilingues avec le plus de plaisir possible. La langue bretonne, c’est la langue d’un territoire, c’est donc la langue d’une culture, c’est la langue d’un autre regard sur le monde. Enseigner en langue bretonne, c’est donner envie à l’enfant d’être aussi dans la culture bretonne, c’est-à-dire chanter, danser en langue bretonne.

[Comptine en breton] « Unan, daou, unan daou tri Al logodenn ‘barzh an ti. Pevar, pemp, pevar pemp c’hwec’h Ar c’hazh o vont war he lec’h. Seizh, eizh, seizh eizh nav Diwall mat eus an taol PAV ! »

Une petite comptine en langue bretonne, une histoire de chat et de souris qui sait compter, mais qui va se faire attraper ! « Ur rimodell en brezhoneg ».

La langue bretonne a pour intérêt principal d’être originaire d’une branche des langues celtiques qui apporte, en plus de la langue française, une phonologie et une syntaxe qui ne sont pas du tout les mêmes. On a des sons en langue bretonne qui n’existent pas en langue française. Et on a enfin la chance, quand on enseigne une langue régionale en langue 2 à l’école, sur le principe de l’immersion, d’avoir des locuteurs natifs tout près. C’est-à-dire qu’on peut rencontrer des anciens, aller les voir, les faire venir en classe nous parler de leur potager, de leur cheval…

Ce que je dirais à un enseignant, un jeune enseignant qui veut démarrer en langue bretonne aujourd’hui dans l’Éducation nationale, ce serait d’essayer de travailler le plus possible à l’immersion, en école maternelle en tout cas, d’essayer de donner aux enfants le plus de plaisir possible à la pratiquer, en travaillant au maximum à l’oral : par des sketchs, par des chansons, par de la production orale venant de l’enfant aussi. Il aura du travail, mais ce métier est passionnant. Parce qu’on a aussi en face de nous des publics qui nous rendent ce plaisir que l’on a, à enseigner. Les élèves nous le rendent, eux aussi ; ils nous le rendent sur l’instant, en classe. J’avais cette anecdote que j’aime bien donner, de petits enfants, souvent à 2-3 ans qui, les premiers jours d’école, rentrent chez eux le soir et disent à leurs parents : « Oh là, là, c’était bien. Le maître a encore parlé rigolo. » Mais si l’enfant rentre et qu’il a envie d’y retourner parce que c’est rigolo, on a fait un premier pas en avant déjà, en maternelle, pour que cet enfant ait envie du breton dans sa scolarité, et plus tard, dans la société, qu’il ait envie de continuer et d’assurer, à son tour, la transmission.

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