Les Énergies scolaires : se former avec les Rendez-vous de l'histoire

Extra classe

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Les Énergies scolaires : se former avec les Rendez-vous de l'histoire

Dans cet épisode spécial, nous allons nous pencher sur la formation continue à travers les témoignages successifs de deux enseignants d’histoire-géographie adeptes du parcours pédagogique des Rendez-vous de l’histoire de Blois. Partant du constat que l’enseignement de l’histoire nécessite des mises à jour régulières et une solide assise scientifique, Olivier Bougot et Hervé Debacker évoquent leur démarche personnelle. Une exigence qui vaut également pour l’enseignement de l’histoire des arts ou de spécialité « histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques » (HGGSP) et, plus généralement, pour tous les sujets sensibles liés à l’ÉMI (Éducation aux médias et à l’information), aux valeurs de la République, à la laïcité et à la connaissance de l’histoire des religions.

La transcription de cet épisode est disponible après les crédits. 

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Émission préparée par : Luc Taramini et François Augier

Réalisée par : Luc Taramini

Directrice de publication : Marie-Caroline Missir

Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance

Mixage : Laurent Gaillard

Secrétaire de rédaction : Aurélien Brault

Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr

© Réseau Canopé, 2021

Transcription :

HERVÉ DEBACKER : Je suis Hervé Debacker, professeur d’histoire-géographie, d’EMC [Enseignement moral et civique] et d’histoire des arts au lycée de Pithiviers (Loiret) depuis 2004. Blois permet, sur des questions qui ne sont pas nouvelles mais sur lesquelles on a besoin de se mettre à jour parce qu’on a besoin de renouveler le cours, d’avoir de nouvelles approches. Cela permet de se remettre à la page sur des questions qu’on enseigne depuis des années. L’un des derniers cours où ça a été le plus net pour moi, ça a été l’enseignement de la guerre d’Algérie que je fais maintenant depuis des années. Je sentais le besoin de trouver autre chose, d’avoir une nouvelle approche. Je suis allé dans un atelier avec une présentation par un universitaire et la transposition pédagogique par des collègues qui étaient en lycée à Nîmes, et qui ont fait une proposition en partant d’une problématique comparatiste dans le cadre de l’histoire coloniale permettant de traiter autrement l’enseignement de la guerre d’Algérie.

Ces interventions permettent vraiment de solidifier tout un ensemble de connaissances. Par rapport aux élèves, déjà, on a une légitimité qui est celle de notre savoir. Ce qui n’empêche pas qu’on peut leur dire, sur certaines questions, qu’on ne peut pas tout savoir. On leur dit : « Je ne sais pas. On peut revenir dessus la fois prochaine, j’aurai fait mes recherches dessus. » Cela aide quand même sur beaucoup de chapitres d’avoir cette connaissance à partir de laquelle on va faire notre sélection pour répondre aux attendus des programmes et aux attendus institutionnels parce que, nécessairement, il arrivera un moment ou un autre dans le cours, où des élèves auront une question. Des questions qui ne seront pas forcément centrées sur ce qu’on a enseigné « purement » mais qui seront un point de détail, etc. Qu’on puisse avoir des connaissances dessus et y répondre assez vite renforcent notre légitimité auprès des élèves, c’est certain. Les Rendez-vous de l’histoire, c’est vraiment un instrument qui est pratique et qui permet aussi de repasser dans la « peau » d’étudiant, de se remettre en question. Cela fait du bien de le faire parce que ça permet aussi de continuer à avancer dans le métier qui nous amène toujours à de nouvelles choses, de nouvelles compétences, de nouvelles connaissances. Derrière ça, c’est vrai que ça permet, sur tous ces chapitres, d’être encore plus convaincu de ce qu’on fait donc d’être plus convaincant.

Je trouve mon compte dans l’histoire des arts à Blois puisque les présentations par des universitaires et des collègues sont d’abord en partie basées sur des œuvres d’art et on découvre toujours une nouvelle œuvre d’art ou une nouvelle façon de la travailler. Il y a encore quelques années, j’avais fait travailler des élèves sur une séquence du Soldat Ryan (la scène du débarquement). En retravaillant cela avec des collègues à Blois, j’ai utilisé aussi les séquences d’ouverture et de clôture du film qui se passent dans le cimetière puisque ça permettait de travailler sur l’image des États-Unis dans les années 90. On voit comment travailler les documents autrement. Je ne prétends pas avoir un savoir encyclopédique et cela permet de découvrir de nouvelles œuvres d’art. À partir du moment où on prend note du titre, de l’auteur, etc., et comment cela a été utilisé, on tire sur un fil et on se dit « Ah oui, tiens, on peut l’utiliser pour ça, mais ça aussi. » Puis on a directement des ateliers qui sont centrés sur, par exemple, l’analyse de séquences vidéo, de films, etc., avec des problématiques, sur quelle image par exemple. Toutes ces questions autour de l’analyse d’images, on s’en sert en histoire et en histoire des arts.

OLIVIER BOUGOT : Bonjour, je suis Olivier Bougot, enseignant au lycée Jean-de-Beauce à Chartres (Eure-et-Loir) et j'enseigne dans les classes de lycée général. Je fréquente les Rendez-vous de l'histoire depuis les origines parce que j'ai toujours trouvé qu’ils offraient une possibilité de formation très importante à la fois en termes pédagogiques et de contenus scientifiques. Pour les jeunes enseignants, aujourd’hui, je pense qu'il est nécessaire de se former et les Rendez-vous de l'histoire offrent une importante opportunité pour cela. La formation, c'est vraiment essentiel pour enseigner la justesse des éléments et avoir des véritables sources scientifiques en prise avec l'actualité de la Recherche.

On n'enseigne plus des questions qui semblent être pourtant des classiques, la Shoah ou la colonisation, comme on les enseignait il y a encore 10 ans. Les approches ont complètement changé et nous permettent, par exemple, pour la colonisation, de penser par le bas et non plus par le haut et de voir justement une approche où les gens ne sont peut-être pas aussi soumis que ce qu'on pensait. Ça permet aussi de changer le regard de nos élèves qui sont souvent ancrés dans des schémas. Je pense qu'il est nécessaire de bien choisir les conférences, de les adapter, de les utiliser en fonction aussi des besoins. Il est inutile d'aller faire des conférences dont on ne se ressert pas immédiatement en cours. On va les oublier. Par contre, on a besoin d’étayer nos cours, nos approches et l'offre de Blois est véritablement suffisamment riche pour y répondre.

À l'heure actuelle, les élèves ont une forte tendance à s'informer par des réseaux sociaux et donc avoir une information tronquée, non vérifiable ou de source inconnue. Nous sommes parfois nous-mêmes remis en cause. Il importe donc que le savoir scientifique soit extrêmement étayé. L'histoire est une science humaine mais une science. Il nous faut donc des sources, des bases. Je prenais l'exemple récemment sur les images en Islam. Pour ma part, c'est un cours sur lequel j'ai énormément travaillé en lisant des ouvrages scientifiques, historiques, très importants pour être capable de citer des sourates, des éléments très récents ou d'utiliser des historiens comme Jean-Pierre Filiu ou Henry Laurens qui sont présents régulièrement aussi aux Rendez-vous de l'histoire.

La spécialité qui a été ouverte récemment, dans la réforme du bac, concerne quatre disciplines de sciences humaines : l'histoire, la géographie, la science politique et la géopolitique. Quatre disciplines, et un niveau de formation pour les cours qui est nécessairement assez élevé puisque les cours sont très conceptuels et transversaux au niveau d'une chronologie et des approches. Pour ce faire, il m'est nécessaire d'avoir un énorme bagage scientifique espacé par des travaux universitaires très pointus pour pouvoir cerner certaines questions qui sont même parfois politiquement difficiles. Nous avons, par exemple, en première, à enseigner l’État et les religions. Un sujet qui, aujourd'hui, comme vous le savez, peut être très sensible et nécessite d'avoir un bagage très important.

Nous avons eu des mises au point très intéressantes qui nous permettent de comprendre, par exemple, la place de l'image en Islam ou dans les religions qui sont moins iconographiques. C’est donc quelque chose qui nous permet une approche scientifique. Je peux aussi mentionner la présence d’Hubert Védrine très régulièrement aux Rendez-vous de l'histoire. Pour ma part, comme pour Pascal Boniface, l'approche géopolitique est un plus très important et constitue une mise à jour puisque, je terminerai là-dessus, la géopolitique nécessite une mise à jour constante pour son actualité.

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Dans cet épisode spécial, nous allons nous pencher sur la formation continue à travers les témoignages successifs de deux enseignants d’histoire-géographie adeptes du parcours pédagogique des Rendez-vous de l’histoire de Blois. Partant du constat que l’enseignement de l’histoire nécessite des mises à jour régulières et une solide assise scientifique, Olivier Bougot et Hervé Debacker évoquent leur démarche personnelle. Une exigence qui vaut également pour l’enseignement de l’histoire des arts ou de spécialité « histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques » (HGGSP) et, plus généralement, pour tous les sujets sensibles liés à l’ÉMI (Éducation aux médias et à l’information), aux valeurs de la République, à la laïcité et à la connaissance de l’histoire des religions.

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Secrétaire de rédaction : Aurélien Brault

Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr

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Transcription :

HERVÉ DEBACKER : Je suis Hervé Debacker, professeur d’histoire-géographie, d’EMC [Enseignement moral et civique] et d’histoire des arts au lycée de Pithiviers (Loiret) depuis 2004. Blois permet, sur des questions qui ne sont pas nouvelles mais sur lesquelles on a besoin de se mettre à jour parce qu’on a besoin de renouveler le cours, d’avoir de nouvelles approches. Cela permet de se remettre à la page sur des questions qu’on enseigne depuis des années. L’un des derniers cours où ça a été le plus net pour moi, ça a été l’enseignement de la guerre d’Algérie que je fais maintenant depuis des années. Je sentais le besoin de trouver autre chose, d’avoir une nouvelle approche. Je suis allé dans un atelier avec une présentation par un universitaire et la transposition pédagogique par des collègues qui étaient en lycée à Nîmes, et qui ont fait une proposition en partant d’une problématique comparatiste dans le cadre de l’histoire coloniale permettant de traiter autrement l’enseignement de la guerre d’Algérie.

Ces interventions permettent vraiment de solidifier tout un ensemble de connaissances. Par rapport aux élèves, déjà, on a une légitimité qui est celle de notre savoir. Ce qui n’empêche pas qu’on peut leur dire, sur certaines questions, qu’on ne peut pas tout savoir. On leur dit : « Je ne sais pas. On peut revenir dessus la fois prochaine, j’aurai fait mes recherches dessus. » Cela aide quand même sur beaucoup de chapitres d’avoir cette connaissance à partir de laquelle on va faire notre sélection pour répondre aux attendus des programmes et aux attendus institutionnels parce que, nécessairement, il arrivera un moment ou un autre dans le cours, où des élèves auront une question. Des questions qui ne seront pas forcément centrées sur ce qu’on a enseigné « purement » mais qui seront un point de détail, etc. Qu’on puisse avoir des connaissances dessus et y répondre assez vite renforcent notre légitimité auprès des élèves, c’est certain. Les Rendez-vous de l’histoire, c’est vraiment un instrument qui est pratique et qui permet aussi de repasser dans la « peau » d’étudiant, de se remettre en question. Cela fait du bien de le faire parce que ça permet aussi de continuer à avancer dans le métier qui nous amène toujours à de nouvelles choses, de nouvelles compétences, de nouvelles connaissances. Derrière ça, c’est vrai que ça permet, sur tous ces chapitres, d’être encore plus convaincu de ce qu’on fait donc d’être plus convaincant.

Je trouve mon compte dans l’histoire des arts à Blois puisque les présentations par des universitaires et des collègues sont d’abord en partie basées sur des œuvres d’art et on découvre toujours une nouvelle œuvre d’art ou une nouvelle façon de la travailler. Il y a encore quelques années, j’avais fait travailler des élèves sur une séquence du Soldat Ryan (la scène du débarquement). En retravaillant cela avec des collègues à Blois, j’ai utilisé aussi les séquences d’ouverture et de clôture du film qui se passent dans le cimetière puisque ça permettait de travailler sur l’image des États-Unis dans les années 90. On voit comment travailler les documents autrement. Je ne prétends pas avoir un savoir encyclopédique et cela permet de découvrir de nouvelles œuvres d’art. À partir du moment où on prend note du titre, de l’auteur, etc., et comment cela a été utilisé, on tire sur un fil et on se dit « Ah oui, tiens, on peut l’utiliser pour ça, mais ça aussi. » Puis on a directement des ateliers qui sont centrés sur, par exemple, l’analyse de séquences vidéo, de films, etc., avec des problématiques, sur quelle image par exemple. Toutes ces questions autour de l’analyse d’images, on s’en sert en histoire et en histoire des arts.

OLIVIER BOUGOT : Bonjour, je suis Olivier Bougot, enseignant au lycée Jean-de-Beauce à Chartres (Eure-et-Loir) et j'enseigne dans les classes de lycée général. Je fréquente les Rendez-vous de l'histoire depuis les origines parce que j'ai toujours trouvé qu’ils offraient une possibilité de formation très importante à la fois en termes pédagogiques et de contenus scientifiques. Pour les jeunes enseignants, aujourd’hui, je pense qu'il est nécessaire de se former et les Rendez-vous de l'histoire offrent une importante opportunité pour cela. La formation, c'est vraiment essentiel pour enseigner la justesse des éléments et avoir des véritables sources scientifiques en prise avec l'actualité de la Recherche.

On n'enseigne plus des questions qui semblent être pourtant des classiques, la Shoah ou la colonisation, comme on les enseignait il y a encore 10 ans. Les approches ont complètement changé et nous permettent, par exemple, pour la colonisation, de penser par le bas et non plus par le haut et de voir justement une approche où les gens ne sont peut-être pas aussi soumis que ce qu'on pensait. Ça permet aussi de changer le regard de nos élèves qui sont souvent ancrés dans des schémas. Je pense qu'il est nécessaire de bien choisir les conférences, de les adapter, de les utiliser en fonction aussi des besoins. Il est inutile d'aller faire des conférences dont on ne se ressert pas immédiatement en cours. On va les oublier. Par contre, on a besoin d’étayer nos cours, nos approches et l'offre de Blois est véritablement suffisamment riche pour y répondre.

À l'heure actuelle, les élèves ont une forte tendance à s'informer par des réseaux sociaux et donc avoir une information tronquée, non vérifiable ou de source inconnue. Nous sommes parfois nous-mêmes remis en cause. Il importe donc que le savoir scientifique soit extrêmement étayé. L'histoire est une science humaine mais une science. Il nous faut donc des sources, des bases. Je prenais l'exemple récemment sur les images en Islam. Pour ma part, c'est un cours sur lequel j'ai énormément travaillé en lisant des ouvrages scientifiques, historiques, très importants pour être capable de citer des sourates, des éléments très récents ou d'utiliser des historiens comme Jean-Pierre Filiu ou Henry Laurens qui sont présents régulièrement aussi aux Rendez-vous de l'histoire.

La spécialité qui a été ouverte récemment, dans la réforme du bac, concerne quatre disciplines de sciences humaines : l'histoire, la géographie, la science politique et la géopolitique. Quatre disciplines, et un niveau de formation pour les cours qui est nécessairement assez élevé puisque les cours sont très conceptuels et transversaux au niveau d'une chronologie et des approches. Pour ce faire, il m'est nécessaire d'avoir un énorme bagage scientifique espacé par des travaux universitaires très pointus pour pouvoir cerner certaines questions qui sont même parfois politiquement difficiles. Nous avons, par exemple, en première, à enseigner l’État et les religions. Un sujet qui, aujourd'hui, comme vous le savez, peut être très sensible et nécessite d'avoir un bagage très important.

Nous avons eu des mises au point très intéressantes qui nous permettent de comprendre, par exemple, la place de l'image en Islam ou dans les religions qui sont moins iconographiques. C’est donc quelque chose qui nous permet une approche scientifique. Je peux aussi mentionner la présence d’Hubert Védrine très régulièrement aux Rendez-vous de l'histoire. Pour ma part, comme pour Pascal Boniface, l'approche géopolitique est un plus très important et constitue une mise à jour puisque, je terminerai là-dessus, la géopolitique nécessite une mise à jour constante pour son actualité.

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