Les Énergies scolaires : coéducation, un bien commun

Extra classe

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Les Énergies scolaires : coéducation, un bien commun

La coéducation considère que la famille fait partie du dispositif pédagogique et accompagne la démarche de l’enseignant. Comme tout choix pédagogique, celui-ci s'inscrit dans une éthique professionnelle et vient compléter les moyens à disposition pour la réussite des élèves. Qu'est-ce que « coéduquer » et comment fait-on ? Julien Scalabrini, professeur des écoles et formateur, réfléchit depuis longtemps à ces questions qui sont encore plus vives dans le contexte sanitaire actuel. Dans cet épisode, il nous livre les clés d'une pratique qu'il ne cesse d'ajuster et qui se base avant tout sur l'instauration d'un climat de confiance avec les familles où l'attention portée à la parole des parents et des élèves est primordiale.

  • Fiche de référence La coéducation avec les familles, site Climat Scolaire du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports/DGESCO et de Réseau Canopé 

La transcription de cet épisode est disponible après les crédits. 

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Émission préparée par : Silvère Chéret

Réalisée par : Silvère Chéret

Directrice de publication : Marie-Caroline Missir 

Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance 

Mixage : Laurent Gaillard

Secrétaire de rédaction : Aurélien Brault

Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr 

© Réseau Canopé, 2021

Transcription :

Je suis Julien Scalabrini, j'ai intégré l'Éducation nationale il y a 14 ans. Je suis directeur d'une école qui a la particularité d'accueillir un dispositif UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants).

Coéduquer, c'est, en tout premier lieu pour moi, créer une relation de confiance, de qualité entre la famille et l'école. C'est vraiment mettre l'accent sur le rôle de chacun. Il y a vraiment des éléments de l'école et de la famille qui, à chaque fois, peuvent être complémentaires. Ce que je vois, c'est que, quand la relation de confiance est vraiment établie, qu’il y a cette coéducation, c'est vraiment un bénéfice pour les élèves. On le ressent dans la conduite de la classe au quotidien. À l'inverse, malheureusement, quand ce n'est pas le cas, on le voit aussi, on le ressent, c'est plus difficile pour l'élève d'être dans une vraie situation d'apprentissage, d'être bien. On peut avoir certains enfants qui sont dans un conflit de loyauté vis-à-vis de leur famille, parce qu'on sent justement qu’il n’y a pas cette coéducation, qu'il y a une défiance vis-à-vis de l'un et de l'autre. Une des choses également qui me semble essentielle est de ne pas être dans le jugement des familles mais bien être dans l'écoute de ce qu'ils font et là où ils en sont. Ce qui est vraiment important aussi à dire, c'est que ça doit être également réciproque du côté des familles, une écoute de ce que dit l'école et de ne pas être dans le jugement de ce que proposent les enseignants. C'est vraiment une écoute mutuelle.

Il y a un exemple pour moi qui est assez parlant, c'est la question des devoirs. Il y a parfois un grand malentendu sur cette question, entre ce qui est attendu par l'école et ce qui est perçu par la famille. On s'aperçoit en échangeant que les représentations mutuelles des parents et des enseignants sont parfois faussées. C'est vraiment l'occasion, si on veut être dans une coéducation, de rediscuter des attentes de chacun. Quand on échange avec les familles, on se rend compte que, pour certaines, le simple fait d'avoir relu la leçon, c'est déjà avoir fait les devoirs. Alors que l'enseignant a d'autres attentes. À partir du moment où on échange un petit peu sur ces attentes, on aide les élèves à apprendre et il n’y a plus de malentendus (ils sont en tout cas très largement diminués).

Pour cette question de la coéducation, j'ai toujours senti au sein de ma propre famille, par l'intermédiaire de mes parents qui avaient envie de faire au mieux pour que je me développe, intellectuellement parlant, que je sois bien à l'école, qu'il y avait vraiment une relation de confiance envers les enseignants. Ils étaient vraiment à l'écoute de ce qu'on pouvait leur dire et c'est vraiment quand je suis devenu moi-même enseignant que je me suis dit que ça allait être inné, que ça allait fonctionner de la même façon que lorsque j'étais enfant et élève. C'est là où je me suis aperçu que ce n’était pas le cas. J'ai eu deux années où j'ai été remplaçant et, en naviguant un petit peu dans les écoles, je m’apercevais qu'il y avait souvent des tensions entre des familles et l’école. Des tensions qui se cristallisent un petit peu pour des choses ou des non-dits, des choses sur lesquelles on n’est pas sur la même longueur d'onde, sur lesquelles on ne se comprend pas.

J'ai eu un remplacement long durant ma deuxième année. J'ai décidé d'organiser des rendez-vous en janvier puis en juin avec les familles pour échanger tout simplement avec elles sur le suivi, sur l'acquisition de leurs enfants. Au départ, c'était des rendez-vous qui duraient une vingtaine de minutes. Je sentais une attente vis-à-vis des familles. C'était un peu nouveau pour eux, ils n’avaient pas forcément l'habitude qu'on leur propose des rendez-vous de façon institutionnelle. J'ai eu des retours positifs. Dans tous les cas, je sentais qu'il y avait une confiance qui était instaurée entre nous.

Progressivement, j'ai voulu améliorer mon dispositif par rapport à deux points. Le premier, c'était la présence de l'élève. C'est de lui dont on parle, il faut pouvoir lui laisser la parole, l'entendre. Je m'étais aussi aperçu que, parfois, les élèves rapportent des choses à la maison, de ce qu'ils en ont compris. Donc il y a aussi de l'interprétation. Les familles accueillent les paroles de leurs enfants et, là encore, il peut y avoir un malentendu. Lors de ces rendez-vous, si l'enfant n'est pas là, on peut voir des tensions apparaître ou l'enseignant peut se sentir un petit peu mis à mal ou se sentir l'obligation de se justifier. Alors que si l'élève est là, justement, on peut vraiment parler à trois (parents, enseignant et élève). Progressivement, je me suis dit qu'il serait intéressant, et ça a été le plus gros travail que j'ai dû conduire, de travailler sur un contrat pour la période suivante. C’est-à-dire que je rencontrais les élèves en janvier et je me disais : « Comment pourrait-on associer réellement les familles à ce travail-là, qu'on travaille vraiment de concert ? » À l’issue de ce rendez-vous avec la famille et moi-même, on se fixait un ou deux objectifs grand maximum que les élèves auraient à atteindre pour le mois de juin. Ça pouvait être des choses très transversales, plutôt notionnelles. Sur ce contrat, on établissait les deux objectifs et on le signait, tous les trois (parents, enfant, enseignant). On refaisait un bilan au mois de juin et, tout au long de la période, on rappelait cet objectif à l'élève. Le plus difficile était finalement de choisir le bon objectif. Ça m’arrivait de dire : « Non, ça va être trop compliqué là, il faut quelque chose que tu sois capable de réaliser vraiment dans le temps imparti. » Ça a été l'occasion aussi de valoriser les actions des parents à chaque fois en faveur du suivi et de la scolarité de leurs enfants.

Je me suis employé, petit à petit, à laisser la parole à l'élève en premier lieu, puis à la famille lors des rendez-vous. Je me rendais compte que, au départ, je ne le faisais pas systématiquement. Quand j'ai démarré ce genre de rendez-vous, j'avais tendance à prendre la parole, à dire les choses. Mais quand on inverse un petit peu le procédé, les parents et l’élève sont les premières fois assez surpris, et plutôt en bien parce qu’on leur laisse un espace de discussion, d'échange. Et j'enchaînais vraiment après avoir écouté tout ça. Ça me permettait aussi de recueillir leur avis, de voir si on était d'accord par rapport à ce que j'avais ciblé. J'enchaînais tout de suite en démarrant par les points d'appui, les adaptations mises en place s’il y en avait et puis surtout leurs effets de façon très factuelle.

Il y a un point que j'aimerais souligner, qui me semble important et que j'ai pu constater, ce sont les élèves sans difficultés d'apprentissage, qu'on oublie parfois un petit peu. Quand on parle de toute cette coéducation, on est souvent sur les élèves qui ont des difficultés et, pour ces élèves-là [sans difficultés d’apprentissage], je me suis aperçu que les parents venaient vraiment au rendez-vous avec l'enfant et qu'il y avait aussi un lien. Il y avait un plaisir de mettre en avant les réussites. C'était vraiment très agréable pour eux. Ça renforçait cette confiance, l'envie pour les enfants de se dépasser encore plus parce qu'ils étaient aussi valorisés lors de l'échange. Je me suis aperçu que ça avait vraiment un effet très positif aussi pour ces enfants-là.

Coéduquer, si je devais résumer, je pense que c'est considérer les autres comme des partenaires. On est d'accord sur une chose, c'est obligé qu'on soit d'accord : « Vous voulez la réussite de votre enfant ? Je veux la réussite de mes élèves. » On est au moins d'accord sur une chose, c'est indiscutable.

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La coéducation considère que la famille fait partie du dispositif pédagogique et accompagne la démarche de l’enseignant. Comme tout choix pédagogique, celui-ci s'inscrit dans une éthique professionnelle et vient compléter les moyens à disposition pour la réussite des élèves. Qu'est-ce que « coéduquer » et comment fait-on ? Julien Scalabrini, professeur des écoles et formateur, réfléchit depuis longtemps à ces questions qui sont encore plus vives dans le contexte sanitaire actuel. Dans cet épisode, il nous livre les clés d'une pratique qu'il ne cesse d'ajuster et qui se base avant tout sur l'instauration d'un climat de confiance avec les familles où l'attention portée à la parole des parents et des élèves est primordiale.

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Je suis Julien Scalabrini, j'ai intégré l'Éducation nationale il y a 14 ans. Je suis directeur d'une école qui a la particularité d'accueillir un dispositif UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants).

Coéduquer, c'est, en tout premier lieu pour moi, créer une relation de confiance, de qualité entre la famille et l'école. C'est vraiment mettre l'accent sur le rôle de chacun. Il y a vraiment des éléments de l'école et de la famille qui, à chaque fois, peuvent être complémentaires. Ce que je vois, c'est que, quand la relation de confiance est vraiment établie, qu’il y a cette coéducation, c'est vraiment un bénéfice pour les élèves. On le ressent dans la conduite de la classe au quotidien. À l'inverse, malheureusement, quand ce n'est pas le cas, on le voit aussi, on le ressent, c'est plus difficile pour l'élève d'être dans une vraie situation d'apprentissage, d'être bien. On peut avoir certains enfants qui sont dans un conflit de loyauté vis-à-vis de leur famille, parce qu'on sent justement qu’il n’y a pas cette coéducation, qu'il y a une défiance vis-à-vis de l'un et de l'autre. Une des choses également qui me semble essentielle est de ne pas être dans le jugement des familles mais bien être dans l'écoute de ce qu'ils font et là où ils en sont. Ce qui est vraiment important aussi à dire, c'est que ça doit être également réciproque du côté des familles, une écoute de ce que dit l'école et de ne pas être dans le jugement de ce que proposent les enseignants. C'est vraiment une écoute mutuelle.

Il y a un exemple pour moi qui est assez parlant, c'est la question des devoirs. Il y a parfois un grand malentendu sur cette question, entre ce qui est attendu par l'école et ce qui est perçu par la famille. On s'aperçoit en échangeant que les représentations mutuelles des parents et des enseignants sont parfois faussées. C'est vraiment l'occasion, si on veut être dans une coéducation, de rediscuter des attentes de chacun. Quand on échange avec les familles, on se rend compte que, pour certaines, le simple fait d'avoir relu la leçon, c'est déjà avoir fait les devoirs. Alors que l'enseignant a d'autres attentes. À partir du moment où on échange un petit peu sur ces attentes, on aide les élèves à apprendre et il n’y a plus de malentendus (ils sont en tout cas très largement diminués).

Pour cette question de la coéducation, j'ai toujours senti au sein de ma propre famille, par l'intermédiaire de mes parents qui avaient envie de faire au mieux pour que je me développe, intellectuellement parlant, que je sois bien à l'école, qu'il y avait vraiment une relation de confiance envers les enseignants. Ils étaient vraiment à l'écoute de ce qu'on pouvait leur dire et c'est vraiment quand je suis devenu moi-même enseignant que je me suis dit que ça allait être inné, que ça allait fonctionner de la même façon que lorsque j'étais enfant et élève. C'est là où je me suis aperçu que ce n’était pas le cas. J'ai eu deux années où j'ai été remplaçant et, en naviguant un petit peu dans les écoles, je m’apercevais qu'il y avait souvent des tensions entre des familles et l’école. Des tensions qui se cristallisent un petit peu pour des choses ou des non-dits, des choses sur lesquelles on n’est pas sur la même longueur d'onde, sur lesquelles on ne se comprend pas.

J'ai eu un remplacement long durant ma deuxième année. J'ai décidé d'organiser des rendez-vous en janvier puis en juin avec les familles pour échanger tout simplement avec elles sur le suivi, sur l'acquisition de leurs enfants. Au départ, c'était des rendez-vous qui duraient une vingtaine de minutes. Je sentais une attente vis-à-vis des familles. C'était un peu nouveau pour eux, ils n’avaient pas forcément l'habitude qu'on leur propose des rendez-vous de façon institutionnelle. J'ai eu des retours positifs. Dans tous les cas, je sentais qu'il y avait une confiance qui était instaurée entre nous.

Progressivement, j'ai voulu améliorer mon dispositif par rapport à deux points. Le premier, c'était la présence de l'élève. C'est de lui dont on parle, il faut pouvoir lui laisser la parole, l'entendre. Je m'étais aussi aperçu que, parfois, les élèves rapportent des choses à la maison, de ce qu'ils en ont compris. Donc il y a aussi de l'interprétation. Les familles accueillent les paroles de leurs enfants et, là encore, il peut y avoir un malentendu. Lors de ces rendez-vous, si l'enfant n'est pas là, on peut voir des tensions apparaître ou l'enseignant peut se sentir un petit peu mis à mal ou se sentir l'obligation de se justifier. Alors que si l'élève est là, justement, on peut vraiment parler à trois (parents, enseignant et élève). Progressivement, je me suis dit qu'il serait intéressant, et ça a été le plus gros travail que j'ai dû conduire, de travailler sur un contrat pour la période suivante. C’est-à-dire que je rencontrais les élèves en janvier et je me disais : « Comment pourrait-on associer réellement les familles à ce travail-là, qu'on travaille vraiment de concert ? » À l’issue de ce rendez-vous avec la famille et moi-même, on se fixait un ou deux objectifs grand maximum que les élèves auraient à atteindre pour le mois de juin. Ça pouvait être des choses très transversales, plutôt notionnelles. Sur ce contrat, on établissait les deux objectifs et on le signait, tous les trois (parents, enfant, enseignant). On refaisait un bilan au mois de juin et, tout au long de la période, on rappelait cet objectif à l'élève. Le plus difficile était finalement de choisir le bon objectif. Ça m’arrivait de dire : « Non, ça va être trop compliqué là, il faut quelque chose que tu sois capable de réaliser vraiment dans le temps imparti. » Ça a été l'occasion aussi de valoriser les actions des parents à chaque fois en faveur du suivi et de la scolarité de leurs enfants.

Je me suis employé, petit à petit, à laisser la parole à l'élève en premier lieu, puis à la famille lors des rendez-vous. Je me rendais compte que, au départ, je ne le faisais pas systématiquement. Quand j'ai démarré ce genre de rendez-vous, j'avais tendance à prendre la parole, à dire les choses. Mais quand on inverse un petit peu le procédé, les parents et l’élève sont les premières fois assez surpris, et plutôt en bien parce qu’on leur laisse un espace de discussion, d'échange. Et j'enchaînais vraiment après avoir écouté tout ça. Ça me permettait aussi de recueillir leur avis, de voir si on était d'accord par rapport à ce que j'avais ciblé. J'enchaînais tout de suite en démarrant par les points d'appui, les adaptations mises en place s’il y en avait et puis surtout leurs effets de façon très factuelle.

Il y a un point que j'aimerais souligner, qui me semble important et que j'ai pu constater, ce sont les élèves sans difficultés d'apprentissage, qu'on oublie parfois un petit peu. Quand on parle de toute cette coéducation, on est souvent sur les élèves qui ont des difficultés et, pour ces élèves-là [sans difficultés d’apprentissage], je me suis aperçu que les parents venaient vraiment au rendez-vous avec l'enfant et qu'il y avait aussi un lien. Il y avait un plaisir de mettre en avant les réussites. C'était vraiment très agréable pour eux. Ça renforçait cette confiance, l'envie pour les enfants de se dépasser encore plus parce qu'ils étaient aussi valorisés lors de l'échange. Je me suis aperçu que ça avait vraiment un effet très positif aussi pour ces enfants-là.

Coéduquer, si je devais résumer, je pense que c'est considérer les autres comme des partenaires. On est d'accord sur une chose, c'est obligé qu'on soit d'accord : « Vous voulez la réussite de votre enfant ? Je veux la réussite de mes élèves. » On est au moins d'accord sur une chose, c'est indiscutable.

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