Les Énergies scolaires : des pépins et des pépites

Extra classe

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Les Énergies scolaires : des pépins et des pépites

Découvrez le portrait sincère et authentique de Christelle Ringeval, conseillère principale d’éducation et sophrologue, dont la carrière a été bousculée par la découverte d’une maladie grave. C’est sur ce chemin semé d’embûches qu'elle rencontre la sophrologie, une discipline qui l’aide au quotidien dans son combat personnel et qu’elle dispense lors d’ateliers au collège Henri Wallon à Méricourt pour aider les élèves et ses collègues à atteindre un meilleur bien-être quotidien. Une rencontre lumineuse... 

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Extra classe, des podcasts produits par Réseau Canopé. 

Émission préparée par : Aurélie Dulin 

Réalisée par : Aurélie Dulin 

Directrice de publication : Marie-Caroline Missir 

Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance 

Mixage : Simon Gattegno 

Secrétariat de rédaction : Valérie Sourdieux 

Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr 

© Réseau Canopé, 2021 

Transcription : 

Je travaille dans l'Éducation nationale depuis vingt-deux ans, maintenant. Conseillère principale d'éducation, c'était une vocation. 

J'ai très vite eu envie de mettre en place des innovations dans les établissements dans lesquels j'ai travaillé. Alors, je me suis d'abord intéressée à la médiation par les pairs, la justice restaurative, puisque pour moi, être conseiller principal d'éducation ce n'est pas uniquement être le surgé [surveillant général], on va dire. 

Ma carrière n'a pas été toute rose. J'ai vécu des événements assez traumatiques, ce qui m'a fait évoluer dans mon parcours. Dans mon parcours professionnel et également dans mon parcours de vie, parce que ce qui se passe au travail a des répercussions dans notre vie personnelle et inversement. 

En 2008, lorsque je travaillais en lycée, j'ai vécu un événement traumatique dans l'exercice de mes fonctions de conseillère principale d'éducation. J'ai été agressée physiquement par le frère aîné d'un de mes élèves. Je devais lui annoncer que son frère était exclu en mesure conservatoire, en attendant une exclusion, un conseil de discipline, et le frère aîné a très mal pris la chose et m'a étranglée dans le bureau. 

L'année suivante, à nouveau, un événement traumatique. J'ai perdu une de mes élèves qui s'est fait assassiner par son petit copain. Ça a ravivé le traumatisme de l'année précédente. 

En 2010, j'ai commencé à avoir des signes de grande fatigue physique et mentale. Alors, on a fait des examens pour savoir ce qui se passait. Et par diagnostic éliminatoire, on a découvert finalement que j'étais atteinte de fibromyalgie. 

J'étais devenue une femme de 30 ans, à l'époque, dans le corps d'une femme de 80 ans. 

J'ai été en arrêt pendant un an. Je me suis posé des questions sur le métier que j’exerçais. Est-ce que j'allais être, à nouveau, en capacité de le faire ? Je suis allée rencontrer différentes personnes au sein du rectorat pour penser à une reconversion professionnelle. Mais, à chaque fois, je me disais : « Non, ça ne me correspond pas, c'est pas ça. » J’ai essayé de trouver d'autres choses qui pouvaient essayer de m'aider, en complément du traitement médical que je prenais. Donc, je me suis tournée vers des méthodes alternatives. Ça faisait un petit moment que ça me trottait dans la tête de faire du yoga. Donc, je suis allée à cette journée de yoga où j'ai découvert Gislaine. Gislaine était également sophrologue caycédienne. Dans la fibromyalgie, étant donné que je suis toujours tendue physiquement, c'était vraiment, enfin pour moi, une révélation cette technique. 

Je me suis inscrite à l'école de sophrologie caycédienne, en plus de mon mi-temps thérapeutique. Ça fait deux ans que je suis sophrologue, et j'ai commencé à transmettre cette belle méthode autour de moi, auprès d'élèves, dans le cadre d’ateliers de sophrologie. 

J'ai eu la chance d'avoir une cheffe d'établissement qui me fasse confiance et qui a bien voulu me donner l'autorisation de mettre en place ces ateliers au sein de l'établissement. C'est vraiment une démarche aussi d’améliorer le climat scolaire. Et améliorer le climat scolaire, ce n'est pas uniquement en direction des jeunes, mais également en direction des adultes qui travaillent. Ils ont besoin de se sentir bien, d'avoir une qualité de vie, au sein du travail, sereine, pour pouvoir dispenser leurs cours et pouvoir faire leur travail au quotidien auprès des jeunes. 

En tant qu'adultes, nous travaillons nos compétences, nous les développons, nous les renforçons. Nous pouvons très bien être, à un moment de notre vie, plus en mesure de solliciter une capacité. Comme moi, ça m'est arrivé lors des différents épisodes de difficultés que j'ai pu rencontrer dans le cadre de ma carrière. Je n’étais plus en mesure de gérer mes émotions, plus en mesure de me ressourcer. Maintenant, je suis à nouveau en mesure de le faire. 

Que ce soient les enseignants ou les élèves, toute personne qui travaille dans un établissement scolaire, on arrive avec nos bagages, nos petits soucis de l'extérieur, même parfois avec une certaine dose de stress qui est liée à l'école. Pour les jeunes, ce sont les évaluations, les devoirs, ça peut être plein de choses. Pour certains jeunes, être en contact avec d'autres jeunes, c'est compliqué. Pour les enseignants, c’est tenir le calendrier, les échéances, finir le programme. 

La sophrologie peut les amener à se sentir bien avec eux-mêmes, à être en phase avec ce qu'ils sont en tant qu'individus, dans le respect, bien sûr, des valeurs de l'école. Ça leur permet aussi d'être bien dans leur posture d'enseignant, face à leurs classes. Voilà ! Être bien ancré dans le sol, lorsqu'ils sont face à leurs classes. Être bien avec eux-mêmes, tout de suite, ça se ressent auprès des jeunes. C'est là que l'autorité passe. C'est une autorité bienveillante. 

Et à l’heure où on parle de l'école de la confiance, forcément, l'autorité bienveillante, ça en fait partie. 

Il y a l’effet miroir. Lorsqu'on a une personne qui est lumineuse, devant nous, qui renvoie tout ce bien-être, toute cette sérénité, on se sent tout de suite rassuré, beaucoup plus en confiance. Rien que là, on véhicule déjà quelque chose, on est déjà dans la démarche pédagogique. 

La sophrologie, c'est pour tout le monde, c'est apolitique, c'est laïque. On peut en faire de la petite enfance, même jusqu'aux seniors. 

J'ai eu des pépins dans ma vie professionnelle, dans mon métier, mais qu'est-ce que je récolte comme pépites depuis ! 

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Je travaille dans l'Éducation nationale depuis vingt-deux ans, maintenant. Conseillère principale d'éducation, c'était une vocation. 

J'ai très vite eu envie de mettre en place des innovations dans les établissements dans lesquels j'ai travaillé. Alors, je me suis d'abord intéressée à la médiation par les pairs, la justice restaurative, puisque pour moi, être conseiller principal d'éducation ce n'est pas uniquement être le surgé [surveillant général], on va dire. 

Ma carrière n'a pas été toute rose. J'ai vécu des événements assez traumatiques, ce qui m'a fait évoluer dans mon parcours. Dans mon parcours professionnel et également dans mon parcours de vie, parce que ce qui se passe au travail a des répercussions dans notre vie personnelle et inversement. 

En 2008, lorsque je travaillais en lycée, j'ai vécu un événement traumatique dans l'exercice de mes fonctions de conseillère principale d'éducation. J'ai été agressée physiquement par le frère aîné d'un de mes élèves. Je devais lui annoncer que son frère était exclu en mesure conservatoire, en attendant une exclusion, un conseil de discipline, et le frère aîné a très mal pris la chose et m'a étranglée dans le bureau. 

L'année suivante, à nouveau, un événement traumatique. J'ai perdu une de mes élèves qui s'est fait assassiner par son petit copain. Ça a ravivé le traumatisme de l'année précédente. 

En 2010, j'ai commencé à avoir des signes de grande fatigue physique et mentale. Alors, on a fait des examens pour savoir ce qui se passait. Et par diagnostic éliminatoire, on a découvert finalement que j'étais atteinte de fibromyalgie. 

J'étais devenue une femme de 30 ans, à l'époque, dans le corps d'une femme de 80 ans. 

J'ai été en arrêt pendant un an. Je me suis posé des questions sur le métier que j’exerçais. Est-ce que j'allais être, à nouveau, en capacité de le faire ? Je suis allée rencontrer différentes personnes au sein du rectorat pour penser à une reconversion professionnelle. Mais, à chaque fois, je me disais : « Non, ça ne me correspond pas, c'est pas ça. » J’ai essayé de trouver d'autres choses qui pouvaient essayer de m'aider, en complément du traitement médical que je prenais. Donc, je me suis tournée vers des méthodes alternatives. Ça faisait un petit moment que ça me trottait dans la tête de faire du yoga. Donc, je suis allée à cette journée de yoga où j'ai découvert Gislaine. Gislaine était également sophrologue caycédienne. Dans la fibromyalgie, étant donné que je suis toujours tendue physiquement, c'était vraiment, enfin pour moi, une révélation cette technique. 

Je me suis inscrite à l'école de sophrologie caycédienne, en plus de mon mi-temps thérapeutique. Ça fait deux ans que je suis sophrologue, et j'ai commencé à transmettre cette belle méthode autour de moi, auprès d'élèves, dans le cadre d’ateliers de sophrologie. 

J'ai eu la chance d'avoir une cheffe d'établissement qui me fasse confiance et qui a bien voulu me donner l'autorisation de mettre en place ces ateliers au sein de l'établissement. C'est vraiment une démarche aussi d’améliorer le climat scolaire. Et améliorer le climat scolaire, ce n'est pas uniquement en direction des jeunes, mais également en direction des adultes qui travaillent. Ils ont besoin de se sentir bien, d'avoir une qualité de vie, au sein du travail, sereine, pour pouvoir dispenser leurs cours et pouvoir faire leur travail au quotidien auprès des jeunes. 

En tant qu'adultes, nous travaillons nos compétences, nous les développons, nous les renforçons. Nous pouvons très bien être, à un moment de notre vie, plus en mesure de solliciter une capacité. Comme moi, ça m'est arrivé lors des différents épisodes de difficultés que j'ai pu rencontrer dans le cadre de ma carrière. Je n’étais plus en mesure de gérer mes émotions, plus en mesure de me ressourcer. Maintenant, je suis à nouveau en mesure de le faire. 

Que ce soient les enseignants ou les élèves, toute personne qui travaille dans un établissement scolaire, on arrive avec nos bagages, nos petits soucis de l'extérieur, même parfois avec une certaine dose de stress qui est liée à l'école. Pour les jeunes, ce sont les évaluations, les devoirs, ça peut être plein de choses. Pour certains jeunes, être en contact avec d'autres jeunes, c'est compliqué. Pour les enseignants, c’est tenir le calendrier, les échéances, finir le programme. 

La sophrologie peut les amener à se sentir bien avec eux-mêmes, à être en phase avec ce qu'ils sont en tant qu'individus, dans le respect, bien sûr, des valeurs de l'école. Ça leur permet aussi d'être bien dans leur posture d'enseignant, face à leurs classes. Voilà ! Être bien ancré dans le sol, lorsqu'ils sont face à leurs classes. Être bien avec eux-mêmes, tout de suite, ça se ressent auprès des jeunes. C'est là que l'autorité passe. C'est une autorité bienveillante. 

Et à l’heure où on parle de l'école de la confiance, forcément, l'autorité bienveillante, ça en fait partie. 

Il y a l’effet miroir. Lorsqu'on a une personne qui est lumineuse, devant nous, qui renvoie tout ce bien-être, toute cette sérénité, on se sent tout de suite rassuré, beaucoup plus en confiance. Rien que là, on véhicule déjà quelque chose, on est déjà dans la démarche pédagogique. 

La sophrologie, c'est pour tout le monde, c'est apolitique, c'est laïque. On peut en faire de la petite enfance, même jusqu'aux seniors. 

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