Retour en classe : Repenser l'espace scolaire avec Christophe Caron

Extra classe

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Retour en classe : Repenser l'espace scolaire avec Christophe Caron

Christophe Caron, responsable du dispositif Archiclasse, explique en quoi les précautions liées au protocole sanitaire, mais aussi la poursuite de l'enseignement à distance, vont impacter l'organisation de l'école et par conséquent l'approche pédagogique.

La transcription de cet épisode est disponible après les crédits.

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Extra classe, des podcasts produits par Réseau Canopé. 

Interview animée en juin 2020 par : Laëtitia Pourel

Directrice de publication : Marie-Caroline Missir 

Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance 

Mixage : Laurent Gaillard

Secrétariat de rédaction : Séverine Aubrée

Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr 

© Réseau Canopé, 2020

Transcription :

LAËTITIA POUREL | Le retour en classe après la pandémie de Covid-19 impose une adaptation de l'espace scolaire. Nouvelles procédures, mais aussi nouveaux aménagements accompagnent désormais les équipes éducatives et les élèves. En quoi l'expérience de la pandémie impacte-t-elle l'aménagement de la classe et plus largement de l'école ? Va-t-elle entraîner une évolution de l'approche pédagogique ? Nous sommes en ligne avec Christophe Caron qui est en charge du dispositif Archiclasse piloté par le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse. Il partage son expérience sur Extra Classe. Christophe Caron, bonjour.

CHRISTOPHE CARON | Bonjour.

LP | Pour commencer, pouvez-vous présenter en quelques mots à nos auditeurs ce qu'est Archiclasse ?

CC | Archiclasse est un dispositif de la direction du numérique pour l'éducation (DNE) qui vise à accompagner les acteurs de l'école, les enseignants, les élèves, les parents d'élèves et les collectivités territoriales dans leur projet d'architecture scolaire. L'objectif premier est de les faire travailler ensemble pour que le projet de la collectivité soit enrichi des pratiques pédagogiques des enseignants.

LP | Très bien. Alors en ce qui concerne la réouverture des écoles depuis quelques semaines, celle-ci a été rendue possible à condition de suivre des normes sanitaires strictes comme la distanciation sociale. Alors, sans entrer dans les détails de ces dispositions, pouvez-vous nous en expliquer les conséquences sur l'aménagement des classes et la gestion des élèves ?

CC | Le protocole sanitaire a imposé des règles strictes de distanciation physique. Notamment un mètre de distance entre les élèves, éviter au maximum les installations des tables en face-à-face, limiter les déplacements des élèves, observer une surface de 4 m2 pour les élèves. Cela a impacté directement les pédagogies dites actives qui fondent leur pratique sur une plus grande autonomie des élèves, des moments de mutualisation et d'échange entre les élèves et les enseignants et aussi une flexibilité des assises et des déplacements des élèves. Ensuite, la signalétique qui a été mise en place par les enseignants pour respecter justement le protocole sanitaire a divisé l'espace, a fermé certains accès, a guidé les déplacements des élèves et cela a été vécu par tous comme une contrainte multipliant les interdictions. De ce fait, ce qui a d'abord été vécu comme un choc a favorisé le retour à une organisation de classe assez classique de type autobus, avec une mise en œuvre pédagogique assez magistrale et c'était tout à fait normal vu le contexte. Maintenant, la réflexion sur un moyen terme doit porter sur les moyens de retrouver le sens du collectif et des temps d'échange et de mutualisation. La question que de nombreux enseignants peuvent se poser est comment transférer toutes les pédagogies, les pratiques pédagogiques qui ont à cœur le souci de l'autonomie de l'élève, dans des espaces contraints par des règles du protocole sanitaire ? Même s'il est allégé par la suite.

LP | Alors, justement, quelles évolutions prévoyez-vous dans le dispositif Archiclasse pour répondre aux besoins de la pré-rentrée et plus largement pour la rentrée de septembre 2020 ?

CC | Tout d'abord, nous réfléchissons à proposer aux enseignants des pistes d'aménagements, d'organisations de classe possibles pour répondre à cette problématique. Ensuite, une autre réflexion et d'adapter l'outil ArchiLab pour qu'il puisse être utile aux enseignants pour réfléchir à leur aménagement en tenant compte des règles de distanciation physique. ArchiLab, c'est un jeu de plateau qui permet de partir des pratiques pédagogiques des enseignants pour progressivement concevoir un espace répondant aux besoins des enseignants et des élèves. On travaille avec un designer, par exemple, pour associer l'outil ArchiLab à des personnages qui évoquent la distanciation physique. Une piste complémentaire est également l'utilisation de tous les espaces scolaires comme le gymnase, une salle polyvalente, les CDI, les salles annexes, des réfectoires, les halls d'entrée qui sont souvent très grands et peu utilisés. Ensuite faire école « hors les murs », est également une thématique qui nous intéresse. Enseigner dehors dont on sait déjà quels sont les bénéfices, notamment sur la gestion du stress. Enseigner dehors, c'est aussi occuper davantage d'espace et respecter plus facilement les règles de dispensation physique. Ça veut dire aussi mener une réflexion sur l'organisation des espaces extérieurs et pourquoi pas y intégrer un certain type de mobilier.

LP | Cela implique évidemment plus de flexibilité. Abordons pour terminer la question de la pédagogie : l'hybridation présentielle distancielle ajoutée aux mesures sanitaires sont autant de facteurs qui vont impacter l'enseignant dans son approche pédagogique. Vous avez peut-être déjà des remontées à ce sujet : comment à plus long terme, cette expérience peut-elle faire évoluer la manière d'enseigner et de repenser la classe ?

CC | On a vu comment l'outil numérique avait toute sa place dans ces dispositifs entre hybridation présentielle et distancielle. Il est vrai qu'avec un matériel adéquat et un réseau solide, l'enseignant peut mener un enseignement des apprentissages de qualité, riche d'interactions, alliant numérique et présence physique. La DNE a pour cela, proposé aux académies un ensemble de services numériques pour répondre aux besoins des enseignants du premier et du second degré. Six services sont à disposition des académies pour les déployer sur les besoins locaux. On peut citer un service de blog, pad collaboratif, de stockage de type cloud, le dépôt de vidéos, de vidéos conférence et de forum. Des services, même s'ils restent temporaires actuellement, sont en cours d'étude sur leur pérennisation. Nous sommes également préoccupés des conditions de travail des élèves et des enseignants à la maison. Il est vrai que tout élève n'a pas à sa disposition un espace d'apprentissage chez lui : il peut travailler parfois dans la cuisine, parfois dans le salon ou dans sa chambre. Nous avons réfléchi et réalisé une infographie avec un ergonome de l'éducation autour des bons gestes de travail à la maison et d'éviter justement les postures qui peuvent créer des traumatismes squeletto-musculaire. Enfin, nous avons débuté une réflexion sur l'organisation de la salle des professeurs pour considérer comment elle pourrait un jour évoluer et proposer un ensemble d'espaces différents pour travailler entre pairs ou disposer pourquoi pas d'un studio Media WebTV pour produire et partager des contenus numériques à destination des moments de travail à distance avec les élèves.

LP | Christophe Caron, je vous remercie d'avoir partagé votre expertise avec les auditeurs d'Extra Classe. Merci également à tous ceux qui nous écoutent.

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Christophe Caron, responsable du dispositif Archiclasse, explique en quoi les précautions liées au protocole sanitaire, mais aussi la poursuite de l'enseignement à distance, vont impacter l'organisation de l'école et par conséquent l'approche pédagogique.

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Transcription :

LAËTITIA POUREL | Le retour en classe après la pandémie de Covid-19 impose une adaptation de l'espace scolaire. Nouvelles procédures, mais aussi nouveaux aménagements accompagnent désormais les équipes éducatives et les élèves. En quoi l'expérience de la pandémie impacte-t-elle l'aménagement de la classe et plus largement de l'école ? Va-t-elle entraîner une évolution de l'approche pédagogique ? Nous sommes en ligne avec Christophe Caron qui est en charge du dispositif Archiclasse piloté par le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse. Il partage son expérience sur Extra Classe. Christophe Caron, bonjour.

CHRISTOPHE CARON | Bonjour.

LP | Pour commencer, pouvez-vous présenter en quelques mots à nos auditeurs ce qu'est Archiclasse ?

CC | Archiclasse est un dispositif de la direction du numérique pour l'éducation (DNE) qui vise à accompagner les acteurs de l'école, les enseignants, les élèves, les parents d'élèves et les collectivités territoriales dans leur projet d'architecture scolaire. L'objectif premier est de les faire travailler ensemble pour que le projet de la collectivité soit enrichi des pratiques pédagogiques des enseignants.

LP | Très bien. Alors en ce qui concerne la réouverture des écoles depuis quelques semaines, celle-ci a été rendue possible à condition de suivre des normes sanitaires strictes comme la distanciation sociale. Alors, sans entrer dans les détails de ces dispositions, pouvez-vous nous en expliquer les conséquences sur l'aménagement des classes et la gestion des élèves ?

CC | Le protocole sanitaire a imposé des règles strictes de distanciation physique. Notamment un mètre de distance entre les élèves, éviter au maximum les installations des tables en face-à-face, limiter les déplacements des élèves, observer une surface de 4 m2 pour les élèves. Cela a impacté directement les pédagogies dites actives qui fondent leur pratique sur une plus grande autonomie des élèves, des moments de mutualisation et d'échange entre les élèves et les enseignants et aussi une flexibilité des assises et des déplacements des élèves. Ensuite, la signalétique qui a été mise en place par les enseignants pour respecter justement le protocole sanitaire a divisé l'espace, a fermé certains accès, a guidé les déplacements des élèves et cela a été vécu par tous comme une contrainte multipliant les interdictions. De ce fait, ce qui a d'abord été vécu comme un choc a favorisé le retour à une organisation de classe assez classique de type autobus, avec une mise en œuvre pédagogique assez magistrale et c'était tout à fait normal vu le contexte. Maintenant, la réflexion sur un moyen terme doit porter sur les moyens de retrouver le sens du collectif et des temps d'échange et de mutualisation. La question que de nombreux enseignants peuvent se poser est comment transférer toutes les pédagogies, les pratiques pédagogiques qui ont à cœur le souci de l'autonomie de l'élève, dans des espaces contraints par des règles du protocole sanitaire ? Même s'il est allégé par la suite.

LP | Alors, justement, quelles évolutions prévoyez-vous dans le dispositif Archiclasse pour répondre aux besoins de la pré-rentrée et plus largement pour la rentrée de septembre 2020 ?

CC | Tout d'abord, nous réfléchissons à proposer aux enseignants des pistes d'aménagements, d'organisations de classe possibles pour répondre à cette problématique. Ensuite, une autre réflexion et d'adapter l'outil ArchiLab pour qu'il puisse être utile aux enseignants pour réfléchir à leur aménagement en tenant compte des règles de distanciation physique. ArchiLab, c'est un jeu de plateau qui permet de partir des pratiques pédagogiques des enseignants pour progressivement concevoir un espace répondant aux besoins des enseignants et des élèves. On travaille avec un designer, par exemple, pour associer l'outil ArchiLab à des personnages qui évoquent la distanciation physique. Une piste complémentaire est également l'utilisation de tous les espaces scolaires comme le gymnase, une salle polyvalente, les CDI, les salles annexes, des réfectoires, les halls d'entrée qui sont souvent très grands et peu utilisés. Ensuite faire école « hors les murs », est également une thématique qui nous intéresse. Enseigner dehors dont on sait déjà quels sont les bénéfices, notamment sur la gestion du stress. Enseigner dehors, c'est aussi occuper davantage d'espace et respecter plus facilement les règles de dispensation physique. Ça veut dire aussi mener une réflexion sur l'organisation des espaces extérieurs et pourquoi pas y intégrer un certain type de mobilier.

LP | Cela implique évidemment plus de flexibilité. Abordons pour terminer la question de la pédagogie : l'hybridation présentielle distancielle ajoutée aux mesures sanitaires sont autant de facteurs qui vont impacter l'enseignant dans son approche pédagogique. Vous avez peut-être déjà des remontées à ce sujet : comment à plus long terme, cette expérience peut-elle faire évoluer la manière d'enseigner et de repenser la classe ?

CC | On a vu comment l'outil numérique avait toute sa place dans ces dispositifs entre hybridation présentielle et distancielle. Il est vrai qu'avec un matériel adéquat et un réseau solide, l'enseignant peut mener un enseignement des apprentissages de qualité, riche d'interactions, alliant numérique et présence physique. La DNE a pour cela, proposé aux académies un ensemble de services numériques pour répondre aux besoins des enseignants du premier et du second degré. Six services sont à disposition des académies pour les déployer sur les besoins locaux. On peut citer un service de blog, pad collaboratif, de stockage de type cloud, le dépôt de vidéos, de vidéos conférence et de forum. Des services, même s'ils restent temporaires actuellement, sont en cours d'étude sur leur pérennisation. Nous sommes également préoccupés des conditions de travail des élèves et des enseignants à la maison. Il est vrai que tout élève n'a pas à sa disposition un espace d'apprentissage chez lui : il peut travailler parfois dans la cuisine, parfois dans le salon ou dans sa chambre. Nous avons réfléchi et réalisé une infographie avec un ergonome de l'éducation autour des bons gestes de travail à la maison et d'éviter justement les postures qui peuvent créer des traumatismes squeletto-musculaire. Enfin, nous avons débuté une réflexion sur l'organisation de la salle des professeurs pour considérer comment elle pourrait un jour évoluer et proposer un ensemble d'espaces différents pour travailler entre pairs ou disposer pourquoi pas d'un studio Media WebTV pour produire et partager des contenus numériques à destination des moments de travail à distance avec les élèves.

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