L'école à distance : Se concentrer et travailler son attention

Extra classe

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L'école à distance : Se concentrer et travailler son attention

Une parole d'expert avec Jean-Philippe Lachaux, directeur de recherche à l'Inserm, spécialiste de l'attention et auteur du MOOC « L'attention, ça s'apprend ! » Le confinement a propulsé les élèves dans un cadre de travail inhabituel, la maison, avec les parents en relais des professeurs. Dans cette situation exceptionnelle, comment parvenir à maintenir l'attention des élèves pour qu'ils continuent à apprendre ? Quels sont les conseils et astuces pour y parvenir ?

Pour aller plus loin : Le MOOC « L'attention, ça s'apprend ! »

La transcription de cet épisode est disponible après les crédits. 

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Extra classe, des podcasts produits par Réseau Canopé.

Interview animée en avril 2020 par : Claude Pereira Leconte

Directrice de publication : Marie-Caroline Missir

Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance

Mixage : Laurent Gaillard

Transcription : Valérie Sourdieux

Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr

© Réseau Canopé, 2020

Transcription :

CLAUDE PEREIRA LECONTE | Bonjour Jean-Philippe Lachaux, vous êtes auteur de nombreux ouvrages sur l'attention, mais aussi d'un MOOC intitulé « L'attention, ça s'apprend ! », en partenariat avec Réseau Canopé et réédité sur la plateforme fun MOOC pour soutenir les enseignants et les parents dans cette période de continuité pédagogique. Pouvez-vous expliquer à ceux qui nous écoutent ce qu’est l’attention et en quoi elle est importante dans les processus d'apprentissage ?

JEAN-PHILIPPE LACHAUX | L'attention est une fonction du cerveau qui a pour but principal de sélectionner à chaque instant les informations les plus importantes qu'il va falloir traiter en priorité, puisque le cerveau n'a pas la capacité de traiter toutes les informations qui arrivent. Plus largement, on étend la notion d'attention au-delà de la dimension purement sensorielle, à des contenus plus mentaux ou intellectuels comme des pensées, des émotions, etc., puisque l’on peut rediriger son attention vers ce type de phénomènes. On montre très bien, en neurosciences cognitives, qu’un cerveau qui est attentif va être plus efficace au niveau de la prise d'information d’une tâche, et plus efficace pour la mémorisation. La mémorisation et la compréhension vont être meilleures lorsqu'on est attentif. Cela veut dire que sans attention, quand on n'est pas du tout attentif, on ne comprend pas ce que dit la personne en face de nous et on ne retient pas ce que dit cette personne, donc il n’y a pas d'apprentissage possible.

CPL | Et en quoi savoir aider les élèves, les enfants, les jeunes à mobiliser leur attention en cette période d'école sans classe, est-ce important ?

JPL | En ce moment, c'est particulièrement important de parler de l'attention parce que les enfants se retrouvent à faire leur travail scolaire dans un cadre inhabituel qui est celui de la maison. En général, à l'école, il y a un cadre qui se prête au travail scolaire avec peu de distractions, à part les camarades. À la maison, c'est totalement différent puisque l'enfant a tout sous la main : ses jeux, ses magazines, ses frères et sœurs, etc. Donc l'attention doit être beaucoup plus cadrée. Et il y a un réel travail à mener à ce niveau-là, qui n’est pas forcément évident, et qui passe par la mise en place d'un certain nombre de cadres.

CPL | Quels conseils pratiques pouvez-vous donner aux enseignants pour faire travailler l’attention à leurs élèves à distance et accompagner les parents ?

JPL | Malheureusement pour les enseignants, ce n’est pas si facile puisqu'ils ne sont pas au contact des élèves. Donc finalement, ce sont plus les parents qui vont devoir « mettre la main à la pâte ». D'une certaine façon, les enfants ont de la chance en ce moment parce qu’ils ont – enfin, certains d'entre eux – un peu des coachs individuels à la maison. Il faut utiliser cette ressource-là quand cela est possible. Quand il en a la disponibilité, le parent peut s'asseoir à côté de l'enfant, regarder avec lui la consigne des exercices et l’aider à traduire chaque exercice en une suite de petites consignes relativement simples. Cela va aider à guider l'attention de l'enfant qui, au lieu de se perdre à travers les exercices, sans forcément savoir ce qui est important, va apprendre à focaliser son attention sur des points les uns après les autres. Ça, c’est important ! Cela permet un réel travail sur l'attention, mais plus au niveau des parents, ou des personnes qui sont à proximité des enfants.

CPL | Et au niveau de l'organisation de l'espace de travail, y-a-t-il aussi des conseils à donner ?

JPL | Oui, il y a évidemment des conseils à suivre, qui sont un peu des conseils de bon sens. Attention aux distractions évidentes : travailler en ayant la télé ou un jeu vidéo allumé à côté, ou travailler dans le bruit, ce n’est pas favorable. Donc quand c'est possible – là encore cela dépend vraiment de la disposition de l'environnement familial – il vaut mieux avoir environnement dédié au travail scolaire, où l’on est débarrassé des distractions faciles, et qui soit un petit peu toujours le même, pour ritualiser ce travail. L'autre chose, c'est d'avoir des créneaux temporels assez fixes – là encore quand c'est possible – si possible de courte durée, et centrés sur des tâches précises. Par exemple, dix minutes sur telle tâche, puis cinq minutes sur telle autre. Et plus l'intention sera claire, plus ce sera facile. On peut s'aider pour cela de tous les minuteurs qu'on peut trouver. Il ne s'agit pas de mettre la pression aux enfants, mais qu'ils aient une certaine conscience du temps qui passe. Parce que justement là encore, on peut aider l'enfant qui a parfois tendance à partir dans ses pensées, à partir en rêverie – et dans une salle de classe au milieu de 25 ou 30 élèves, ça ne se voit pas forcément – tandis qu’en présence d'un adulte qui est à côté de lui, il est possible de le ramener tout de suite, de lui faire tout de suite remarquer qu'il est parti, et d'éviter un petit peu ces « trous » ; car on tombe souvent dans des trous quand on est dans son travail, mais ils vont être moins fréquents quand on est dans un travail un petit peu minuté, et avec un adulte à côté. Évidemment, quand je dis cinq minutes, il ne s'agit pas de cinq minutes pour convertir sous forme de graphique l'énoncé d'un problème. Là, ça va être plus au grain d'un exercice. Si la feuille d'exercice donnée par l'enseignant par internet contient six ou sept exercices dont un problème par exemple, et bien effectivement on va essayer de se fixer peut-être une dizaine de minutes maximum pour la réalisation de ce problème-là. Et puis après, ce problème va être décomposé en petites étapes les unes après les autres, où l'attention est extrêmement bien fixée.

CPL | Vous parlez de tâches, est-ce que vous pouvez préciser aux personnes qui nous écoutent de quoi il s’agit, Jean-Philippe Lachaux ?

JPL | Oui, par tâche en fait, je veux parler de tâches simples. C’est-à-dire, il ne s’agit pas de faire « les maths ». Ça, c'est une tâche complexe, qui demande à être découpée en sous-tâches. Prenons un exemple : un petit problème de maths avec un énoncé. Une première petite tâche, qui va demander toute l'attention de l'enfant, va être de se représenter visuellement ce que décrit l’énoncé. Si l'énoncé parle de la distance à parcourir pour aller d'un point à un autre, ça peut être de représenter graphiquement cette distance-là, avec le premier point puis le deuxième point, pour que l'enfant voit bien que la distance qu'on demande de calculer, c'est celle qui sépare les deux points. On est vraiment dans un grain très fin. Ensuite, à partir de ça, il peut essayer d'identifier graphiquement quelle est l'information manquante. Et avancer comme ça par petites étapes. C'est là où la présence d'un adulte juste à côté peut être extrêmement efficace, parce qu’elle aide l'enfant à agir et à avancer par ces petites étapes, en étant très concentré sur un mini problème à la fois.

CPL | Vous nous dites qu'il faut mettre en place un contexte favorable pour que l’enfant soit concentré. Va-t-il falloir qu'il soit concentré toute la journée ?

JPL | Évidemment non. L'objectif n’est pas de transformer les enfants en petits robots ou de les obliger à être concentrés toute la journée. C'est totalement impossible et ce n’est pas forcément désirable. L'idée ici, c'est plutôt que le temps de travail, puisqu'il va être concentré, ne déborde pas sur toutes les activités de la journée. Il n’y a rien de pire qu'un enfant qui sait qu'il a du travail à faire, mais qui finalement y pense tout le temps sans vraiment le faire : cela contamine un petit peu tout, il joue mais avec mauvaise conscience... L'idée avec un travail bien concentré, c'est que ce travail soit focalisé dans le temps aussi, éventuellement le matin par exemple, quand l'enfant est bien frais, justement pour laisser beaucoup de temps au jeu et à des activités de détente. Là, il n'y a pas forcément besoin de concentration, même si parfois on peut avoir du plaisir à être concentré sur des activités faciles, comme simplement écouter de la musique.

CPL | Merci Jean-Philippe Lachaux pour ces conseils et à très bientôt.

JPL | Merci beaucoup.

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Une parole d'expert avec Jean-Philippe Lachaux, directeur de recherche à l'Inserm, spécialiste de l'attention et auteur du MOOC « L'attention, ça s'apprend ! » Le confinement a propulsé les élèves dans un cadre de travail inhabituel, la maison, avec les parents en relais des professeurs. Dans cette situation exceptionnelle, comment parvenir à maintenir l'attention des élèves pour qu'ils continuent à apprendre ? Quels sont les conseils et astuces pour y parvenir ?

Pour aller plus loin : Le MOOC « L'attention, ça s'apprend ! »

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Transcription : Valérie Sourdieux

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CLAUDE PEREIRA LECONTE | Bonjour Jean-Philippe Lachaux, vous êtes auteur de nombreux ouvrages sur l'attention, mais aussi d'un MOOC intitulé « L'attention, ça s'apprend ! », en partenariat avec Réseau Canopé et réédité sur la plateforme fun MOOC pour soutenir les enseignants et les parents dans cette période de continuité pédagogique. Pouvez-vous expliquer à ceux qui nous écoutent ce qu’est l’attention et en quoi elle est importante dans les processus d'apprentissage ?

JEAN-PHILIPPE LACHAUX | L'attention est une fonction du cerveau qui a pour but principal de sélectionner à chaque instant les informations les plus importantes qu'il va falloir traiter en priorité, puisque le cerveau n'a pas la capacité de traiter toutes les informations qui arrivent. Plus largement, on étend la notion d'attention au-delà de la dimension purement sensorielle, à des contenus plus mentaux ou intellectuels comme des pensées, des émotions, etc., puisque l’on peut rediriger son attention vers ce type de phénomènes. On montre très bien, en neurosciences cognitives, qu’un cerveau qui est attentif va être plus efficace au niveau de la prise d'information d’une tâche, et plus efficace pour la mémorisation. La mémorisation et la compréhension vont être meilleures lorsqu'on est attentif. Cela veut dire que sans attention, quand on n'est pas du tout attentif, on ne comprend pas ce que dit la personne en face de nous et on ne retient pas ce que dit cette personne, donc il n’y a pas d'apprentissage possible.

CPL | Et en quoi savoir aider les élèves, les enfants, les jeunes à mobiliser leur attention en cette période d'école sans classe, est-ce important ?

JPL | En ce moment, c'est particulièrement important de parler de l'attention parce que les enfants se retrouvent à faire leur travail scolaire dans un cadre inhabituel qui est celui de la maison. En général, à l'école, il y a un cadre qui se prête au travail scolaire avec peu de distractions, à part les camarades. À la maison, c'est totalement différent puisque l'enfant a tout sous la main : ses jeux, ses magazines, ses frères et sœurs, etc. Donc l'attention doit être beaucoup plus cadrée. Et il y a un réel travail à mener à ce niveau-là, qui n’est pas forcément évident, et qui passe par la mise en place d'un certain nombre de cadres.

CPL | Quels conseils pratiques pouvez-vous donner aux enseignants pour faire travailler l’attention à leurs élèves à distance et accompagner les parents ?

JPL | Malheureusement pour les enseignants, ce n’est pas si facile puisqu'ils ne sont pas au contact des élèves. Donc finalement, ce sont plus les parents qui vont devoir « mettre la main à la pâte ». D'une certaine façon, les enfants ont de la chance en ce moment parce qu’ils ont – enfin, certains d'entre eux – un peu des coachs individuels à la maison. Il faut utiliser cette ressource-là quand cela est possible. Quand il en a la disponibilité, le parent peut s'asseoir à côté de l'enfant, regarder avec lui la consigne des exercices et l’aider à traduire chaque exercice en une suite de petites consignes relativement simples. Cela va aider à guider l'attention de l'enfant qui, au lieu de se perdre à travers les exercices, sans forcément savoir ce qui est important, va apprendre à focaliser son attention sur des points les uns après les autres. Ça, c’est important ! Cela permet un réel travail sur l'attention, mais plus au niveau des parents, ou des personnes qui sont à proximité des enfants.

CPL | Et au niveau de l'organisation de l'espace de travail, y-a-t-il aussi des conseils à donner ?

JPL | Oui, il y a évidemment des conseils à suivre, qui sont un peu des conseils de bon sens. Attention aux distractions évidentes : travailler en ayant la télé ou un jeu vidéo allumé à côté, ou travailler dans le bruit, ce n’est pas favorable. Donc quand c'est possible – là encore cela dépend vraiment de la disposition de l'environnement familial – il vaut mieux avoir environnement dédié au travail scolaire, où l’on est débarrassé des distractions faciles, et qui soit un petit peu toujours le même, pour ritualiser ce travail. L'autre chose, c'est d'avoir des créneaux temporels assez fixes – là encore quand c'est possible – si possible de courte durée, et centrés sur des tâches précises. Par exemple, dix minutes sur telle tâche, puis cinq minutes sur telle autre. Et plus l'intention sera claire, plus ce sera facile. On peut s'aider pour cela de tous les minuteurs qu'on peut trouver. Il ne s'agit pas de mettre la pression aux enfants, mais qu'ils aient une certaine conscience du temps qui passe. Parce que justement là encore, on peut aider l'enfant qui a parfois tendance à partir dans ses pensées, à partir en rêverie – et dans une salle de classe au milieu de 25 ou 30 élèves, ça ne se voit pas forcément – tandis qu’en présence d'un adulte qui est à côté de lui, il est possible de le ramener tout de suite, de lui faire tout de suite remarquer qu'il est parti, et d'éviter un petit peu ces « trous » ; car on tombe souvent dans des trous quand on est dans son travail, mais ils vont être moins fréquents quand on est dans un travail un petit peu minuté, et avec un adulte à côté. Évidemment, quand je dis cinq minutes, il ne s'agit pas de cinq minutes pour convertir sous forme de graphique l'énoncé d'un problème. Là, ça va être plus au grain d'un exercice. Si la feuille d'exercice donnée par l'enseignant par internet contient six ou sept exercices dont un problème par exemple, et bien effectivement on va essayer de se fixer peut-être une dizaine de minutes maximum pour la réalisation de ce problème-là. Et puis après, ce problème va être décomposé en petites étapes les unes après les autres, où l'attention est extrêmement bien fixée.

CPL | Vous parlez de tâches, est-ce que vous pouvez préciser aux personnes qui nous écoutent de quoi il s’agit, Jean-Philippe Lachaux ?

JPL | Oui, par tâche en fait, je veux parler de tâches simples. C’est-à-dire, il ne s’agit pas de faire « les maths ». Ça, c'est une tâche complexe, qui demande à être découpée en sous-tâches. Prenons un exemple : un petit problème de maths avec un énoncé. Une première petite tâche, qui va demander toute l'attention de l'enfant, va être de se représenter visuellement ce que décrit l’énoncé. Si l'énoncé parle de la distance à parcourir pour aller d'un point à un autre, ça peut être de représenter graphiquement cette distance-là, avec le premier point puis le deuxième point, pour que l'enfant voit bien que la distance qu'on demande de calculer, c'est celle qui sépare les deux points. On est vraiment dans un grain très fin. Ensuite, à partir de ça, il peut essayer d'identifier graphiquement quelle est l'information manquante. Et avancer comme ça par petites étapes. C'est là où la présence d'un adulte juste à côté peut être extrêmement efficace, parce qu’elle aide l'enfant à agir et à avancer par ces petites étapes, en étant très concentré sur un mini problème à la fois.

CPL | Vous nous dites qu'il faut mettre en place un contexte favorable pour que l’enfant soit concentré. Va-t-il falloir qu'il soit concentré toute la journée ?

JPL | Évidemment non. L'objectif n’est pas de transformer les enfants en petits robots ou de les obliger à être concentrés toute la journée. C'est totalement impossible et ce n’est pas forcément désirable. L'idée ici, c'est plutôt que le temps de travail, puisqu'il va être concentré, ne déborde pas sur toutes les activités de la journée. Il n’y a rien de pire qu'un enfant qui sait qu'il a du travail à faire, mais qui finalement y pense tout le temps sans vraiment le faire : cela contamine un petit peu tout, il joue mais avec mauvaise conscience... L'idée avec un travail bien concentré, c'est que ce travail soit focalisé dans le temps aussi, éventuellement le matin par exemple, quand l'enfant est bien frais, justement pour laisser beaucoup de temps au jeu et à des activités de détente. Là, il n'y a pas forcément besoin de concentration, même si parfois on peut avoir du plaisir à être concentré sur des activités faciles, comme simplement écouter de la musique.

CPL | Merci Jean-Philippe Lachaux pour ces conseils et à très bientôt.

JPL | Merci beaucoup.

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